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RETRAITES : PREPARER LE 23 SEPTEMBRE !

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Plus des deux tiers des Français souhaitent que les syndicats continuent leur action contre la réforme des retraites proposée par le gouvernement, après la journée de mobilisation du 7 septembre, selon un sondage CSA publié mardi par l'Humanité.

Les débats à l'Assemblée nationale ont porté lundi soir, après la reprise de la séance à 21h30, sur le financement des retraites, avant que soit abordée, mardi probablement, la question de la pénibilité .

L'opposition PS a proclamé vouloir "démystifier les mensonges" de Nicolas Sarkozy, jeudi à l'Assemblée nationale, lors de l'examen de la réforme des retraites, face au ministre du Travail Eric Woerth, qui a répliqué en dépeçant le contre-projet socialiste.

La mobilisation contre la réforme des retraites ne faiblit pas face à la fermeté du gouvernement mais, derrière l'unité d'action, les syndicats, partagés sur la suite à donner au mouvement, hésitent à le radicaliser, selon des experts.

Les députés ont levé la séance à 01h00 jeudi matin à l'Assemblée après être entrés dans le vif des amendements de la réforme des retraites et à l'issue d'un nouveau débat sur la suppression du bouclier fiscal.

Plus d'un Français sur deux (55%) estiment que le gouvernement doit céder sur le report de l'âge légal de départ à la retraite, après la journée d'action syndicale de mardi, selon un sondage BVA diffusé jeudi pour Canal +.

Insatisfaits des concessions de Nicolas Sarkozy mercredi sur sa réforme des retraites, les syndicats ont appelé à une nouvelle "grande journée de grèves et de manifestations" le jeudi 23 septembre, forts des défilés massifs de mardi.

Retraites : les députés devaient finir l'examen du projet dans la nuit ou mercredi

AFP, Mise a jour : mardi 14 septembre 2010 21:19

Les députés devaient achever dans la nuit de mardi à mercredi ou à l'aube l'examen du projet sur les retraites qui doit être voté solennellement à 15H00, au moment même où les principaux dirigeants syndicaux ont appelé à une démonstration de force, face au Palais-Bourbon.

L'opposition de gauche a interpellé la présidence UMP de l'Assemblée pour lui demander comment elle "comptait organiser" les discussions, compte tenu du temps programmé, "pour préserver la dignité des débats".

Il restait encore mardi en début de soirée plusieurs heures de débats sur les 50 heures dévolues à la réforme des retraites et plusieurs dizaines d'amendements.

AFP/Archives L'Assemblée Nationale

Le groupe socialiste a fait savoir qu'à l'issue de l'examen des amendements, en sus du temps programmé, ses orateurs feraient des explications personnelles de vote, cinq minutes étant accordées à chacun.

Cela signifie que des dizaines de députés de gauche pourraient tour à tour prendre la parole en pleine nuit, pour faire durer la séance jusqu'à l'aube.

La question de la "pénibilité" a encore été au centre des discussions, mais le débat a vite tourné au dialogue de sourds autour de la question de la création d'un carnet de santé au travail pour les salariés exposés à un ou des risques professionnels.

Le rapporteur Denis Jacquat (UMP) et le ministre du Travail Eric Woerth ont fait valoir que l'instauration de ce carnet constituait "une véritable politique de prévention des risques professionnels".

"Chacun sait que des salariés exposés peuvent partir à la retraite en bonne santé et développer une maladie plus tard !", a protesté Christophe Sirugue (PS).

"Il faut que les personnes exposées à des risques professionnels puissent continuer à partir à 60 ans, voire plus tôt !", a aussi martelé Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste.

Pascal Terrasse (PS) a accusé le gouvernement d'avoir "une vision étroite de la pénibilité : celle du handicap".

Yves Cochet (Verts) a lui aussi reproché au gouvernement d'"individualiser les choses". "Vous allez instruire des dossiers au cas par cas, vous voyez une somme d'individus, pas la société !", a-t-il lancé.

Face au déluge des critiques de gauche, Eric Woerth a défendu le principe du carnet de santé : "Il faut bien que le médecin puisse vérifier l'état de santé" de ces travailleurs exposés à des facteurs de risque.

Mais il a aussi accusé la gauche de vouloir "recréer des régimes spéciaux".

"Vous êtes sur la défensive", a-t-il accusé. "Vous n'êtes jamais arrivés à construire un dispositif qui marche ! Nous, nous créons un droit social nouveau !", a-t-il dit, répétant à l'envi que cette notion de "pénibilité" dans le cadre des retraites, "cela n'existe dans aucun autre pays d'Europe".

Peu avant 19H30, les députés n'avaient pas encore entamé la partie du volet pénibilité consacrée aux conditions d'âge.

Dans sa version initiale, le gouvernement prévoyait de maintenir la retraite à 60 ans pour les salariés ayant un taux d'incapacité supérieur ou égal à 20%, lié à une usure professionnelle constatée.

Après les grèves de mardi dernier, il a décidé d'élargir le dispositif en abaissant le seuil de 20% à 10%, mais sous conditions.

Quelque 30.000 personnes seraient ainsi concernées soit, a fait remarquer Régis Juanico (PS), 5% des 700.000 personnes qui partent chaque année en retraite. "On est loin des 10 à 20% de salariés qui sont soumis à des facteurs de pénibilité", a-t-il noté, citant 3 millions de travailleurs de nuit et 1,7 million exposés à des produits nocifs.

Retraites : les deux tiers des Français pour la poursuite de la mobilisation

AFP, Mise a jour : mardi 14 septembre 2010 11:37

Plus des deux tiers des Français souhaitent que les syndicats continuent leur action contre la réforme des retraites proposée par le gouvernement, après la journée de mobilisation du 7 septembre, selon un sondage CSA publié mardi par l'Humanité.

AFP/Archives Manifestation le 23 mars 2010 à Toulouse

Quelque 68% des personnes interrogées souhaitent que "les syndicats appellent à poursuivre la mobilisation" contre le projet de loi prévoyant le recul de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans, tandis que 29% sont d'un avis contraire (trois pour cent ne se prononçant pas).

Selon de précédents sondages, la volonté de voir les syndicats donner une suite au mouvement était partagée par 61% des Français après la journée d'action du 29 janvier et par 63% après celle du 23 mars.

Le taux d'opinions favorables à la poursuite du mouvement grimpe à 86% chez les sympathisant de gauche et atteint 32% à droite, selon le sondage réalisé après la journée de grèves et manifestations du 7 septembre qui a réuni entre 1,12 et 2,7 millions de personnes dans les rues.

Les partisans d'une suite à la mobilisation sont particulièrement nombreux chez les jeunes (76% des 18-24 ans), ainsi que dans les catégories sociales modestes comme les ouvriers (73%) et les employés (80%).

[Sondage réalisé par téléphone les 8 et 9 septembre à domicile sur un échantillon national de 1.003 personnes âgées de plus de 18 ans selon la méthode des quotas]

Retraites : le débat se poursuit à l'Assemblée, sur la question du financement

AFP, Mise a jour : mardi 14 septembre 2010 00:05

Les débats à l'Assemblée nationale ont porté lundi soir, après la reprise de la séance à 21h30, sur le financement des retraites, avant que soit abordée, mardi probablement, la question de la pénibilité .

AFP/Archives L'Assemblée Nationale

L'opposition de gauche a fait valoir que de nouvelles sources de financement des retraites devaient être trouvées en mettant à contribution tous les revenus "et pas seulement les revenus du travail".

Le PS a ainsi présenté toute une série de propositions, comme un relèvement de la contribution patronale et de la contribution salariale sur les stock-options ou l'instauration d'une taxe additionnelle passant de 1,5% (aujourd'hui) à 2,25% à l'actuelle cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises

Soulignant qu'"à partir de 2012, de nouvelles ressources seront nécessaires" pour financer les retraites et qu'à cette date, "on peut espérer que la France sera sortie de la crise économique", Marisol Touraine, la principale oratrice du PS sur les retraites, a proposé une hausse des taux de cotisations patronales et salariales d'assurance vieillesse de 0,1 point chaque année entre 2012 et 2021. Cette majoration, a-t-elle ajouté, devrait permettre de mobiliser 12 milliards en 2025.

"En demandant un relèvement des cotisations sociales, votre projet est dangereux sur le plan de l'emploi comme sur celui du financement des retraites", a rétorqué Eric Woerth.

Le ministre du Travail a aussi indiqué qu'il "comprenait la logique" du PS, soulignant que celui-ci comptait ainsi "pouvoir se dispenser de mesures d'âge". "Ce n'est pas notre approche", a-t-il laconiquement ajouté, soulignant que les propositions du gouvernement apportaient "le financement nécessaire à l'horizon 2018".

Les députés signent la fin de la retraite à 60 ans

AFP, Mise a jour : samedi 11 septembre 2010 07:36

Les députés ont voté vendredi la fin de la retraite à 60 ans avec en toile de fond la promesse des socialistes d'abroger le passage aux 62 ans s'ils reviennent aux affaires, qualifiée d'"ambiguë" ou de "mensongère" par la droite.

AFP/Archives L'Assemblée Nationale

Après quatre jours de débat, dans un hémicycle assez clairsemé, les députés UMP et Nouveau Centre ont adopté l'article-phare du projet de loi qui prévoit le passage de l'âge légal à 62 ans à l'horizon 2018, en l'augmentant chaque année de quatre mois à partir de la génération 1951.

Cette réforme, dont Nicolas Sarkozy veut faire un marqueur de son quinquennat, revient sur la retraite à 60 ans, mesure entrée en vigueur en 1983 sous la présidence de François Mitterrand.

Toute la gauche s'oppose à ce report de l'âge légal, de même que les syndicats, qui ont appelé à une nouvelle mobilisation le 23 septembre. Dans la soirée, les députés ont également adopté le passage de 65 à 67 ans pour une retraite sans décote, mesure qui cristallise aussi la contestation.

Le président du Modem, François Bayrou, a demandé sa suppression, qualifiant cette dernière mesure de "profonde injustice" tandis que la député UMP Chantal Brunel a proposé mais en vain qu'elle ne s'applique pas aux femmes mères de deux enfants. Les villepinistes s'étaient aussi déclarés contre.

L'ex-ministre de la Parité, l'UMP Nicole Ameline, a elle suggéré sans plus de succès que Mme Brunel une "mesure temporaire spéciale" pour les femmes.

Après les déclarations télévisées de Ségolène Royal jeudi soir en faveur d'un retour aux 60 ans si le PS revient au pouvoir en 2012, le patron des députés UMP, Jean-François Copé, a lancé l'offensive dès vendredi matin en sommant les socialistes d'être "clairs" et "lisibles".

"Le faire, ça veut dire baisser le niveau de pension des Français. C'est inacceptable", a ajouté M. Copé, qualifiant les socialistes de "fuyants".

"Oui, nous assumons pleinement les engagements pris (jeudi) soir par Ségolène Royal sur le droit à partir à 60 ans et, en 2012, si nous sommes au pouvoir, nous le rétablirons", a répondu, Jean-Marc Ayrault, patron des députés PS.

Le ministre du Travail, Eric Woerth, est resté tout aussi sceptique vis-à-vis de la promesse socialiste. "Super-décote, super-injustice", a-t-il raillé. "L'âge légal à 60 ans, c'est le bouclier social des plus modestes", a rétorqué Marisol Touraine (PS).

Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, Georges Tron, a assuré à la mi-journée qu'avec la réforme, 170.000 personnes continueraient de partir en retraite à 60 ans sur 700.000 départs par an.

"Nous sommes dans le flou, dans l'ambiguïté, et parfois dans le mensonge", a lancé pour sa part le président de la commission des Affaires sociales, Pierre Méhaignerie (UMP).

Unie pour défendre le symbole de la retraite à 60 ans, l'opposition de gauche a toutefois montré des signes de division sur la question de l'allongement de la durée de cotisations, désormais soutenue par le PS, au grand dam du PCF et du Parti de gauche.

"Nous sommes en total désaccord avec la position du Parti socialiste", a déclaré le porte-parole des députés PCF et Parti de gauche, Roland Muzeau. "Il ne faut pas mentir aux Français : si on maintient la retraite à 60 ans, il faut arrêter l'allongement de la durée de cotisations".

Au terme d'un long débat de plus de six heures sur ce seul article, Martine Billard (Parti de gauche) a ponctué son propos de paroles d'une chanson d'Henri Salvador : "Les prisonniers du boulot ne font pas de vieux os". Avant de glisser, sourire aux lèvres, que M. Salvador était un partisan de l'UMP...

Le PS entend "démystifier les mensonges" de Sarkozy sur les retrautes, Woerth réplique

AFP, Mise a jour : jeudi 9 septembre 2010 19:41

L'opposition PS a proclamé vouloir "démystifier les mensonges" de Nicolas Sarkozy, jeudi à l'Assemblée nationale, lors de l'examen de la réforme des retraites, face au ministre du Travail Eric Woerth, qui a répliqué en dépeçant le contre-projet socialiste.

AFP Eric Woerth à l'assemblée nationale le 9 Septembre 2010

Les députés devaient voter dans la nuit le coeur de la réforme : le relèvement de l'âge légal de 60 à 62 ans à l'horizon 2018 (65 à 67 ans pour une retraite à taux plein même sans avoir toutes les annuités).

Entre-temps, le débat a rebondi sur les annonces, la veille, du chef de l'Etat, qui avait tenté de désamorcer la mobilisation avec des concessions sur la pénibilité, les polypensionnés et les carrières longues.

Pascal Terrasse (PS) a dit vouloir "démystifier les mensonges qui ont été annoncés par le président de la République".

L'élu de l'Ardèche a pris pour exemple un amendement gouvernemental prévoyant la remise au Parlement d'un rapport fin 2011 sur la situation des salariés ayant cotisé à plusieurs régimes de retraite (les polypensionnés).

"Vous êtes en train de nous raconter des balivernes, a dit M. Terrasse, sur les polypensionnés, nous avons tous les éléments".

Il a observé que les conclusions du rapport ne pourraient pas être appliquées avant 2013. "Vous êtes en train de nous amuser, d'amuser la représentation nationale et, pire, les Français. On ne vous croit plus", a insisté M. Terrasse.

"Quand on regarde vraiment les choses de près (...), on s'aperçoit que trois quarts des personnes polypensionnées ont intérêt à l'être dans les règles d'aujourd'hui. Si vous changez les règles, vous faites trois quarts à peu près de perdants, et notamment sur les petites retraites", a répondu le ministre du Travail.

De même, les députés PS ont tiré à boulets rouges sur l'annonce-phare du chef de l'Etat concernant la pénibilité.

Elle prévoit d'étendre le bénéfice du départ à 60 ans (et non 62 ans) "aux personnes justifiant d'un taux d'incapacité permanente compris entre 10 et 20%", et non plus seulement de 20% comme prévu.

"C'est une avancée historique qui permettra à 30.000 personnes de partir plus tôt, et notamment aux caissières victimes de troubles musculo-squelettiques", a salué Valérie Rosso-Debord (UMP).

Alain Vidalies (PS) a dénoncé "des textes écrits à la va-vite" et "une usine à gaz" : "le gouvernement invente un système où il faudra que le salarié aille devant une commission (...) J'ai presque envie de dire que cela me paraît relever davantage de l'amateurisme que de la réponse" au mouvement social.

Sur fond d'annonce de visite de policiers, la veille, au siège de l'UMP dans le cadre de l'affaire Bettencourt/Woerth, le ministre a attaqué de front le contre-projet du PS.

"Martine Aubry propose qu'on reste à 60 ans mais avec une décote. Cela veut dire une super baisse des pensions pour une super-injustice ? C'est cela votre proposition ?" a lancé M. Woerth à l'opposition.

"Vous avez un projet fiscal, qui n'est pas financé. Vous voulez augmenter l'IS (l'impôt sur les bénéfices des sociétés) des banques, c'est intéressant, mais il faudrait l'augmenter de 70%", a poursuivi l'ancien ministre du Budget, pour qui "les recettes dans le projet du PS sont des recettes fantaisistes".

"Je voudrais mettre à mal votre discours sur le matraquage fiscal", lui a répondu Marisol Touraine (PS) : "Vous avez déjà annoncé une hausse des prélèvements obligatoires de deux points".

"Je suis prêt à prendre le pari : il n'y aura pas d'équilibre en 2018. Cette réforme n'a pas les financements nécessaires", a pour sa part souligné François Bayrou (MoDem).

La mobilisation reste forte sur les retraites, mais le mouvement ne se radicalise pas encore

AFP, Mise a jour : jeudi 9 septembre 2010 16:56

La mobilisation contre la réforme des retraites ne faiblit pas face à la fermeté du gouvernement mais, derrière l'unité d'action, les syndicats, partagés sur la suite à donner au mouvement, hésitent à le radicaliser, selon des experts.

AFP Manifestation à Paris le 7 Septembre 2010

Après les manifestations qui ont rassemblé mardi entre 1,12 et 2,7 millions de personnes, la CGT et la CFDT ont appelé avec quatre autres confédérations (CFTC-CFE/CGC-FSU-Unsa) à descendre à nouveau dans la rue le 23.

Partisans d'un mouvement plus dur comme les grèves dans les transports de 1995 ou les manifestations de 2006 contre le CPE, FO et Sud, qui brandissent le spectre d'une grève générale, se joindront aux manifestations, mais n'ont pas signé cet appel.

"Il y a une vraie question de stratégie qui se pose : faut-il radicaliser le mouvement ? Les syndicats sont dans l'ambivalence car ils ne sont pas sûrs d'avoir les moyens de lancer une grève générale", affirme à l'AFP Jean-Marie Pernot, de l'Institut de recherches économiques et sociales (Ires).

"FO et Sud poussent car ils sont dans une logique de distinction par rapport aux principales confédérations. La CGT est entre deux eaux : d'un côté, elle pousse à une mobilisation d'ampleur, de l'autre, elle est sur la réserve, car elle n'est pas sûre d'être suivie", estime ce spécialiste des syndicats.

La CFDT, qui a perdu beaucoup d'adhérents pour avoir soutenu la précédente réforme des retraites en 2003, "cherche des issues négociées" et veut "maintenir le mouvement dans des limites gérables, évitant donc un embrasement", selon M. Pernot.

Face aux concessions jugées insuffisantes du gouvernement, les leaders syndicaux sont en tout cas unis sur un point, celui de maintenir la pression.

"La partie n'est pas perdue", a affirmé jeudi François Chérèque (CFDT), tandis que Bernard Thibault (CGT) n'exclut pas "une crise sociale d'ampleur". "On est rentré dans un bras de fer", a prévenu Jean-Claude Mailly (FO) qui veut inciter ses homologues à exiger comme lui le retrait pur et simple du texte.

"On pense qu'il y avait moyen de mettre la pression de manière extrêmement forte. Mais on n'est pas en situation de le faire tout seul", a estimé Annick Coupé, porte-parole de l'union syndicales Solidaires (notamment Sud).

Mais pourquoi ne pas lancer immédiatement une grève générale ? La question ne taraude pas que FO et Sud.

Certaines fédérations de la CGT ne cachent pas une certaine impatience, à l'image du chef des cheminots-CGT, Didier Le Reste, qui n'exclut pas une "grève reconductible".

"Il y a un gros débat en interne sur les limites de ces journées, les 24 heures à répétition, cela lasse les salariés", glisse Thierry Babec, délégué Unsa-RATP.

"Les confédérations syndicales sont aussi dans une posture. Elles font un baroud d'honneur car elles sont obligées de suivre leur base qui est très mécontente", analyse pour sa part le politologue Philippe Braud.

"Elles doivent donner des gages à leur base, mais en même temps, elles savent au fond que le gouvernement est décidé à faire passer la réforme et que le système actuel n'est plus possible", ajoute-t-il.

Ce dilemme se retrouve dans les enquêtes d'opinion : 70% des Français approuvent la mobilisation syndicale mais plus d'un sur deux jugent "acceptable" le recul de l'âge légal de départ de 60 à 62 ans, mesure phare de la réforme, selon un sondage de l'Ifop, publié début septembre.

Retraites : les députés dans le vif du sujet

AFP, Mise a jour : jeudi 9 septembre 2010 08:43

Les députés ont levé la séance à 01h00 jeudi matin à l'Assemblée après être entrés dans le vif des amendements de la réforme des retraites et à l'issue d'un nouveau débat sur la suppression du bouclier fiscal.

AFP Eric Woerth à l'assemblée nationale le 9 Septembre 2010

Les députés doivent reprendre leurs travaux jeudi à 09h30 pour aborder jeudi et vendredi les points essentiels du texte, à commencer par le relèvement de l'âge légal de départ en retraite de 60 à 62 ans.

"On ne peut pas commencer l'examen de ce projet de loi sans un geste, audacieux, courageux, honnête qui est de dire : on supprime le bouclier fiscal", a lancé le patron des députés PS Jean-Marc Ayrault, en défendant une demande de suppression du bouclier naturellement rejetée (158 voix contre, 92 pour).

M. Ayrault a rappelé au passage que le ministre du Travail Eric Woerth était "l'homme qui a signé le chèque pour remettre à Mme Bettencourt 30 millions d'euros". M. Ayrault faisait allusion aux sommes que le Trésor public a remboursées en 2008 à Liliane Bettencourt, quand Eric Woerth était ministre du Budget, au titre de l'application du bouclier fiscal, qui plafonne l'impôt à 50% des revenus.

M. Woerth s'est de nouveau opposé à la suppression du bouclier fiscal qu'il a instauré en 2007.

Le vice-président du groupe UMP Jean Leonetti a opposé "un projet socialiste fiscal" à un projet du gouvernement financé par "la solidarité entre les générations".

AFP, Mise a jour : jeudi 9 septembre 2010 07:34 Retraites : 55% des Français pensent que le gouvernement doit céder sur l'âge http://news.fr.msn.com/m6-actualite/france/article.aspx ?cp-documentid=154623407

Retraites : 55% des Français pensent que le gouvernement doit céder sur l'âge

AFP, Mise a jour : jeudi 9 septembre 2010 07:34

Plus d'un Français sur deux (55%) estiment que le gouvernement doit céder sur le report de l'âge légal de départ à la retraite, après la journée d'action syndicale de mardi, selon un sondage BVA diffusé jeudi pour Canal +.

AFP/Archives Manifestation le 23 mars 2010 à Toulouse

La journée de grèves et manifestations contre le projet de réforme des retraites, qui prévoit le recul de l'âge légal de 60 à 62 ans, a été "plutôt un succès" pour les syndicats et l'opposition selon 80% des sondés, tandis que 19% y voient "plutôt un échec" (1% ne se prononce pas).

Pour une majorité de Français (62%), "il faut qu'il y ait des suites" avec d'autres journées d'action. Quelque 37% jugent en revanche qu'"il faut s'arrêter là" (1% ne se prononce pas).

A la question de savoir si le gouvernement doit céder, après la journée de grèves de mardi, sur sa décision de repousser l'âge légal de départ, 55% des personnes interrogées répondent par l'affirmative, 43% étant d'un avis contraire (2% ne se prononcent pas).

Sondage réalisé du 7 septembre 20h00 au 8 septembre 17h00 auprès d'un échantillon de 1.012 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus.

Retraites : les syndicats appellent à une nouvelle journée d'action le 23 septembre

AFP, Mise a jour : jeudi 9 septembre 2010 13:54

Insatisfaits des concessions de Nicolas Sarkozy mercredi sur sa réforme des retraites, les syndicats ont appelé à une nouvelle "grande journée de grèves et de manifestations" le jeudi 23 septembre, forts des défilés massifs de mardi.

AFP Jean Grosset, Nadine Prigent et Marcel Guignard à Montreuil le 8 Septembre 2010

A l'issue de près de quatre heures de réunion, l'intersyndicale (CGT-CFDT-CFTC-CFE/CGC-FSU-Unsa), jugeant que les annonces du chef de l'Etat "ne modifient pas le caractère injuste et inacceptable de la réforme" des retraites proposée, a fixé ce rendez-vous au 23 septembre, pour peser sur le débat au Sénat à partir du 5 octobre.

En outre, les six organisations ont prévu une autre forme de mobilisation le mercredi 15 septembre, date prévue du vote du projet de loi à l'Assemblée, appelant à "une journée forte d'initiatives et d'interpellations des députés, des membres du gouvernement et du président de la République dans les départements et les circonscriptions". La CGT veut ainsi "ancrer et élargir la mobilisation", sans brûler les étapes d'ici l'adoption définitive du projet de loi, prévu d'ici la Toussaint. Sont absents de l'appel commun Solidaires et FO, qui a promis pour sa part qu'il serait "dans l'unité d'action".

Après les défilés mardi de 1,12 million (police) à plus de 2,7 millions de personnes (CGT) en France, un nouveau palier dans la contestation de la réforme, les syndicats sont en position de force et ont obtenu que Nicolas Sarkozy intervienne dès mercredi matin. Le président a assuré en Conseil des ministres qu'il était "attentif" aux "préoccupations" de la rue mais qu'il n'était "pas question" de revenir sur l'âge de départ en retraite à 62 ans, ni sur l'âge pour une pension sans décote à 67 ans.

Il a cependant annoncé plusieurs concessions, chiffrées à un milliard d'euros.

Concernant la prise en compte de la pénibilité, Nicolas Sarkozy propose d'abaisser de 20% à 10% le taux d'incapacité à partir duquel un salarié pourrait partir plus tôt, sous certaines conditions.

Il a aussi promis d'"améliorer le dispositif carrières longues" pour qu'un plus grand nombre de salariés ayant commencé à travailler très jeunes en bénéficient. Le président a en outre annoncé le maintien des règles de calcul actuelles pendant encore cinq ans du dispositif permettant aux parents fonctionnaires, ayant eu trois enfants et 15 ans de service, de faire valoir leurs droits à la retraite avant l'âge légal.

Au passage, M. Sarkozy a "félicité" pour "leur engagement" dans la réforme François Fillon et le ministre du Travail Eric Woerth, très affaibli par l'affaire Bettencourt.

Les modifications à la réforme proposées par l'exécutif ont été aussitôt décriées par les syndicats. Cela ressemble "à du bricolage" et "ne règle pas les problèmes de fond de la réforme", pour la CFDT. Ce sont "des mesurettes" pour FO et des "ajustements nettement insuffisants" pour l'Unsa.

Tous les syndicats réclament le maintien de l'âge légal à 60 ans et à 65 ans pour une pension sans décote.

Alors que la discussion générale sur les retraites, débutée mardi, a repris mercredi après-midi à l'Assemblée nationale dans un climat toujours tendu, l'opposition a aussi critiqué les annonces de l'Elysée, Martine Aubry (PS) stigmatisant "une fin de non-recevoir" aux Français "qui étaient dans la rue" et le PCF des mesures "totalement insuffisantes".

Deux organisations patronales ont aussi exprimé leurs réserves, la CGPME s'inquiétant des propositions sur la pénibilité et les carrières longues faisant peser un "risque non négligeable sur le bénéfice financier attendu de cette réforme", et l'UPA (artisanat) mettant en garde contre une "reconnaissance sans limite de la pénibilité", synonyme de hausses d'impôts pour les entreprises.

De son côté, le Medef a estimé que les propositions sur la pénibilité respectaient "l'équilibre général de la réforme".

LIENS UMP/GOUVERNEMENT

* Retraites : le retour à 60 ans est "un miroir aux alouettes" selon Eric Woerth

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* Retraites : Fillon juge les engagements des socialistes "démagogiques"

AFP, Mise a jour : samedi 11 septembre 2010 17:14

* Nouvelle allocation pour les seniors au chômage annoncée par Fillon

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* Retraites : Fillon fait de la pédagogie pour tenter de calmer la contestation

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* Le dispositif annoncé par Sarkozy coûtera environ un milliard d'euros, selon Tron

AFP, Mise a jour : mercredi 8 septembre 2010 14:30

LIENS OPPOSITION/SYNDICATS

* Retraites : "pas illusoire de viser la victoire", estime Bernard Thibault

AFP, Mise a jour : samedi 11 septembre 2010 21:15

* Martine Aubry : "Eric Woerth a un problème avec la vérité"

AFP, Mise a jour : samedi 11 septembre 2010 19:23

* Vote du recul de l'âge légal : "c'est pas terminé" selon Mailly

AFP, Mise a jour : samedi 11 septembre 2010 12:11

* Fête de L'Huma : le PS critiqué sur les retraites, Chassaigne candidat pour 2012

AFP, Mise a jour : vendredi 10 septembre 2010 19:25

* Six syndicats de la RATP appellent à la grève le 23 septembre

AFP, Mise a jour : vendredi 10 septembre 2010 12:13

* Royal affirme "solennellement" que le PS rétablira la retraite à 60 ans

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* SNCF : les syndicats appellent à la grève le 23 septembre

AFP, Mise a jour : jeudi 9 septembre 2010 16:18

* Chérèque (CFDT) : propositions insuffisantes mais "La partie n'est pas perdue"

AFP, Mise a jour : jeudi 9 septembre 2010 09:45

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