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RETRAITES : GREVE NATIONALE ET DEBUT DU DEBAT PARLEMENTAIRE

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La semaine s'annonce comme celle de tous les dangers pour Nicolas Sarkozy avec les manifestations et grèves annoncées mardi contre sa réforme des retraites, enjeu majeur, à ses yeux, de son quinquennat, qui sera défendue devant les députés par un Eric Woerth affaibli par l'affaire Bettencourt.

Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a appelé dimanche à une "mobilisation totale" des parlementaires et des militants UMP sur la réforme des retraites.

Une majorité de Français (70%) approuvent la journée de mobilisation syndicale organisée mardi contre le projet de loi sur les retraites, selon un sondage Institut français d'Opinion publique (Ifop) pour Dimanche Ouest-France.

Nicolas Sarkozy a renouvelé vendredi en Côte-d'Or son soutien à Eric Woerth, malmené dans l'affaire Bettencourt, et redit sa détermination à réformer les retraites avant le début du débat parlementaire et la mobilisation syndicale de mardi.

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a déclaré vendredi sur Europe 1 que le succès de la journée d'action intersyndicale du 7 septembre était "la seule chance" de faire changer la réforme des retraites du gouvernement.

Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière (LO), a estimé vendredi que seule une "mobilisation grandissante" des travailleurs pouvait faire reculer le gouvernement sur les retraites, et que demander la démission d'Eric Woerth ne servirait qu'à "remplacer un menteur par un autre".

Le ministre du Travail Eric Woerth, se disant "mobilisé à 120%" sur le dossier des retraites, a minimisé vendredi les importantes manifestations prévues mardi contre le projet de réforme, y voyant une "tradition" française.

Le porte-parole du PS Benoît Hamon a assuré vendredi que les socialistes n'avaient pas comme "exigence principale d'obtenir la tête d'Eric Woerth", estimant que l'éventuelle démission du ministre du Travail était de la responsabilité du président de la République.

L'ex-premier secrétaire du PS François Hollande a jugé vendredi que la position du ministre du Travail Eric Woerth était devenue "intenable" au gouvernement.

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a appelé les salariés à faire de la journée d'action de mardi prochain pour la défense des retraites "un rendez-vous hors du commun", lors d'une visite jeudi à l'usine Snecma de Colombes (Hauts-de-Seine).

Le gouvernement a demandé à sa majorité d'aller "plus loin" sur la question de la pénibilité lors du prochain débat sur les retraites à partir de mardi à l'Assemblée, a confirmé mercredi à l'AFP le rapporteur UMP du texte, Denis Jacquat, qui va proposer un dispositif.

"L'étrangeté du monde, mode d'emploi" : le Medef entend montrer que la crise économique mondiale a changé tous les repères, à l'occasion de son université d'été qui s'ouvre mercredi dans un climat social tendu, à l'approche du débat parlementaire sur la réforme des retraites.

La grève des gardes des médecins hospitaliers illustre les nombreuses critiques du volet pénibilité de la réforme des retraites, qui ne compense pas les rythmes de travail atypiques ou l'exposition à des produits dangereux, mais que le gouvernement promet d'améliorer.

Les syndicats ont renouvelé lundi leur appel "à faire du 7 septembre prochain une journée massive de grèves et de manifestations" face à un projet de réforme des retraites du gouvernement jugé "inacceptable", dans un texte commun que seule FO n'a pas signé.

Partir à la retraite à 60 ans pour les travailleurs usés par des métiers pénibles, comme le propose le projet du gouvernement, est un horizon "inatteignable pour des centaines de milliers de personnes", estiment lundi deux responsables d'associations d'accidentés du travail.

Sondage : pour 60% des Français, Woerth ne doit plus mener la réforme des retraites

AFP, Mise a jour : dimanche 5 septembre 2010 18:12

Une majorité de Français (60%) estiment que le ministre du Travail Eric Woerth ne devrait plus rester en charge de la réforme des retraites, sujet sur lequel 71% attendent des concessions du gouvernement, selon un sondage publié dimanche par Harris Interactive pour RTL.

"60% des Français pensent qu'Eric Woerth ne devrait pas demeurer le ministre en charge de cette réforme", à la suite de ses ennuis dans l'affaire Bettencourt, selon le sondage.

Ce chiffre est encore plus important pour les sympathisants de gauche (88 %), mais "non négligeable auprès des sympathisants de droite (30 %)", indique l'institut dans un communiqué.

Par ailleurs, "71% des Français estiment que le gouvernement devrait faire des concessions", opinion "partagée par tous profils même si les sympathisants de droite ne sont que 45% à la partager, contre 95% des sympathisants de gauche", a ajouté le communiqué.

Sur les deux points-clés de la réforme des retraites, le sondage montre que seulement 29% de français "jugent positivement" le report de 65 à 67 ans de l'âge de la retraite à taux plein, soit une érosion de quatre points par rapport aux 33% de juin, même si 49% jugent toujours positivement le report de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ, contre 50% en juin.

AFP Eric Woerth à Jouy-en-Josas le 3 Septembre 2010

Il indique par ailleurs que "62% des Français soutiennent la mobilisation", dont 37% "tout à fait", lancée mardi par les syndicats avec une journée de grève et de manifestations. Parmi eux, près de la moitié pense "se mobiliser personnellement le 7 septembre, soit 28% des Français".

Ce soutien est "sensiblement supérieur" à celui du sondage Harris Interactive/RTL de juin 2010, après l'annonce du projet de réforme, car "57% estimaient alors qu'une mobilisation serait justifiée".

Ce sondage a été réalisé en ligne par l'institut Harris Interactive du 2 au 3 Septembre sur un échantillon de 1061 personnes, représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Selon un autre sondage réalisé par l'Ifop pour Dimanche Ouest-France et publié samedi, une large majorité large de Français (70%) approuve la journée de mobilisation syndicale.

Retraites, sécurité : semaine de tous les dangers pour Nicolas Sarkozy

AFP, Mise a jour : dimanche 5 septembre 2010 16:56

La semaine s'annonce comme celle de tous les dangers pour Nicolas Sarkozy avec les manifestations et grèves annoncées mardi contre sa réforme des retraites, enjeu majeur, à ses yeux, de son quinquennat, qui sera défendue devant les députés par un Eric Woerth affaibli par l'affaire Bettencourt.

AFP/Archives Christine Lagarde Michel Baroin, Nicolas Sarkozy et François Fillon à Brégançon le 20 Août 2010

D'autant que ce week-end, l'horizon de la majorité s'est encore assombri avec des sondages en berne, une mobilisation importante dans la rue samedi contre la politique sécuritaire du gouvernement en guise de galop d'essai de la semaine à venir, et des bisbilles dans la majorité.

Dimanche, lors du "Grand rendez-vous" Europe 1/le Parisien, le secrétaire général de l'Elysée, Claude Guéant, a tenté de déminer le terrain.

Il a affirmé que le gouvernement ferait "dans le courant de la semaine", c'est-à-dire après la journée de mobilisation, "des propositions supplémentaires" sur la réforme des retraites concernant la pénibilité, les longues carrières et les polypensionnés.

Mais il a prévenu que "le fond" de la réforme ne pouvait "pas changer" car "la réforme est nécessaire".

Si une large majorité de Français (70%) approuve la journée de mobilisation syndicale mardi contre la réforme des retraites, selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest-France, 53% jugent "tout à fait" ou "assez acceptable" le report progressif à 62 ans de l'âge du départ légal à la retraite.

Depuis des mois, Nicolas Sarkozy confie que "le plus dur est devant (eux)" à propos de cette réforme, dont il a fait un enjeu majeur de son quinquennat. Il a toujours dit en outre s'attendre à une forte mobilisation syndicale.

A cet égard, ce n'est pas tant la journée de mardi qui sera pour lui décisive, mais plutôt la façon dont la mobilisation se poursuivra ensuite.

Chaque automne, une rentrée chaude est prédite aux gouvernements, quels qu'ils soient. Là, nombre d'indicateurs sont au rouge pour l'exécutif : croissance poussive, chômage, déficits.......

Dès lundi, les syndicats d'enseignants du primaire ont lancé un appel à la grève, ce qui est relativement rare si peu de jours après la rentrée scolaire. Le lendemain, ils se joindront à la journée de mobilisation qui touchera l'éducation, les transports etc...

Les cotes de confiance de Nicolas Sarkozy et de son Premier ministre François Fillon font grise mine. Tous deux perdent deux points dans le baromètre de septembre CSA/Le Parisien à respectivement 32 et 38%, soit les chiffres les plus bas dans cet indicateur depuis juin 2007.

Sans compter l'affaire Bettencourt dans laquelle le ministre du Travail, Eric Woerth, est soupçonné de conflit d'intérêts. Claude Guéant lui a apporté dimanche son soutien : Oui, Eric Woerth défendra la réforme des retraites à partir de mardi à l'Asemblée nationale ; il "n'a rien à se reprocher", il est "solide". Exit donc une démission du ministre maintenant.

S'agissant des bisbilles au sein de la majorité et des rumeurs de changement à l'UMP, là aussi le secrétaire général de l'Elysée a tenté de relativiser.

Il a vu dans les déclarations des uns et des autres - Jean-François Copé, Jean-Pierre Raffarin, Patrick Devedjian - la traduction d'un "débat" et d'une majorité "pas godillot".

M. Raffarin avait critiqué le virage sécuritaire du gouvernement, M. Devedjian a comparé le patron de l'UMP Xavier Bertrand à "un gentil organisateur du Club Med" et M. Copé est coauteur avec trois autres chiraquiens, François Baroin, Bruno Le Maire et Christian Jacob, d'une tribune donnant des conseils à la droite pour ne pas perdre la présidentielle.

"La division est une maladie mortelle", a prévenu Christian Estrosi (Industrie).

Xavier Bertrand : "mobilisation totale" sur les retraites, contre la hausse des impôts

AFP, Mise a jour : dimanche 5 septembre 2010 16:04

Le secrétaire général de l'UMP, Xavier Bertrand, a appelé dimanche à une "mobilisation totale" des parlementaires et des militants UMP sur la réforme des retraites.

AFP/Archives Xavier Bertrand à Paris le 19 Mais 2010

"La réforme des retraites est la priorité des priorités. Il faut un soutien total et une mobilisation totale sur la réforme des retraites", aussi bien des parlementaires que des militants UMP, a déclaré à l'AFP M. Bertrand.

Le secrétaire général s'est, par ailleurs, déclaré opposé, à toute augmentation d'impôts, même après l'élection présidentielle de 2012.

"Nous sommes opposés aux augmentations d'impots aujourd'hui, demain et après-demain", a déclaré M. Bertrand, précisant que par "après-demain" il entendait 2013.

Le secrétaire général de l'UMP participait à la réunion annuelle de rentrée des militants UMP des Alpes-Maritimes, à Auron, en compagnie notamment du ministre de l'Industrie et maire de Nice, Christian Estrosi. M. Bertrand a réitéré son soutien au ministre du Travail, Eric Woerth, "injustement attaqué depuis des semaines et des semaines". "Notre famille politique est soudée à ses côtés", a-t-il dit.

Interrogé sur le souhait du chef de file des députés UMP, Jean-François Copé, de "redynamiser l'UMP" en vue de la présidentielle de 2012, souhait formulé samedi dans le quotidien Le Figaro, M. Bertrand a répondu qu'une "nouvelle dynamique" était déjà engagée au sein de la formation. "J'ai donné une nouvelle feuille de route à l'UMP à Port-Marly pour préparer l'élection de 2012. Cette nouvelle dynamique est engagée. On n'a qu'un seul adversaire : le parti socialiste", a dit M. Bertrand.

Evoquant les manifestations de samedi contre la politique sécuritaire du gouvernement, M. Bertrand a estimé que la mobilisation avait été faible. "Les manifestants n'ont pas su rassembler. La mobilisation est très en dessous de ce qu'ils espéraient", a-t-il assuré. "Notre politique en matière de sécurité est populaire. Elle rassemble largement les Français", au-delà de la droite, a ajouté M. Bertrand.

Retraite : 70% des Français approuvent la journée de mobilisation, selon un sondage

AFP, Mise a jour : samedi 4 septembre 2010 11:41

Une majorité de Français (70%) approuvent la journée de mobilisation syndicale organisée mardi contre le projet de loi sur les retraites, selon un sondage Institut français d'Opinion publique (Ifop) pour Dimanche Ouest-France.

AFP/Archives Manifestation pour les retraites à Toulouse le 23 Mars 2010

La courte majorité qui jugeait "acceptable" de reculer l'âge légal de départ de la retraite de 60 à 62 ans, point clé de la réforme, s'est érodée en septembre (53% contre 58% en juin).

Interrogés sur le report progressif de l'âge légal à 62 ans en 2018 souhaité par le gouvernement, 53% l'ont jugé "tout à fait" ou "assez acceptable", contre 47% le qualifiant de "tout à fait" ou "assez inacceptable". La proportion de "tout à fait inacceptable" atteint 30%, soit sept points de plus qu'en juin dernier. A l'inverse, la part des "tout à fait acceptable" chute de sept points à 21%.

L'étude montre de fortes différences selon l'âge, l'opposition au projet de recul de l'âge de départ à la retraite étant majoritaire chez les 25-34 ans (52% le jugent inacceptable) et les 35-49 ans (53%).

En même temps, une très large majorité des français (70%), approuve la mobilisation du 7 septembre contre la réforme des retraites, approbation qui culmine (87%) chez les 18-24 ans, les employés (82%) et les ouvriers (79%).

Lorsque cette question avait été posée sur une manifestation sur le même sujet en mai 2008, 43% des français trouvaient la manifestation justifiée, précise l'étude.

C'est un "tableau balancé et contradictoire : les Français trouvent le projet courageux et nécessaire mais pas juste, et soutiennent majoritairement le mouvement qui s'y oppose", a commenté pour l'AFP Jérôme Fourquet, de l'Ifop.

Si une très forte proportion des sondés s'accorde à estimer que le gouvernement n'est "plutôt pas ouvert au dialogue" (69%), "plutôt pas juste dans ses choix" (67%) et "plutôt pas attentif aux questions liées à la pénibilité de certains métiers" (62%), une majorité plus courte lui reconnaît le fait d'être "courageux dans ses choix" (53%) et "déterminé à maintenir le système de répartition français" (57%).

Selon 70% des sondés, il est "responsable vis-à-vis des générations à venir". Enfin chez les ouvriers, 76% des sondés trouvent que le gouvernement n'est "plutôt pas attentif aux questions liées à la pénibilité de certains métiers".

Ce sondage a été réalisé par l'Ifop par téléphone les 2 et 3 septembre auprès d'un échantillon de 957 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Selon un autre sondage réalisé par l'Ifop, sur le même échantillon et la même période, mais pour Sud-Ouest Dimanche, 49% des Français jugent les propositions du Parti socialiste "plus équilibrées en ce qui concerne les efforts demandés aux différentes catégories de Français". Une proportion équivalente (49%) à répondu "non" à cette question, deux pour cent d'entre eux ne se prononçant pas.

Les propositions socialistes ne sont cependant jugées "plus sérieuses que celles du gouvernement concernant le financement à long terme du système de retraite par répartition", que par 40% des sondés, 57% ayant répondu "non".

Sarkozy renouvelle son soutien à Woerth et défend sa réforme des retraites

AFP, Mise a jour : vendredi 3 septembre 2010 20:51

Nicolas Sarkozy a renouvelé vendredi en Côte-d'Or son soutien à Eric Woerth, malmené dans l'affaire Bettencourt, et redit sa détermination à réformer les retraites avant le début du débat parlementaire et la mobilisation syndicale de mardi.

AFP Nicolas Sarkozy Montbéliard le 3 Septembre 2010

Alors que la gauche multiplie les appels à la démission de son ministre du Travail et que les responsables syndicaux considèrent son maintien comme un "problème", le chef de l'Etat lui a une nouvelle fois redit publiquement sa confiance, bien que sous une forme minimaliste.

Interpellé par la presse à l'issue d'une table-ronde sur l'industrie à Montbard, M. Sarkozy a répondu par un "oui" appuyé, et un rien agacé, à la question "est-ce que vous apportez toujours votre soutien à Eric Woerth ?"

A une autre question, "est-ce que le ministre du Travail est toujours à même de défendre la réforme des retraites ?", il s'est contenté d'acquiescer avant de tourner le dos aux journalistes, sans autre commentaire.

Contrairement à ce qu'il avait toujours assuré, Eric Woerth a concédé pour la première fois jeudi être intervenu dans l'attribution de la Légion d'honneur au gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, qui a employé sa femme et compte parmi les donateurs de l'UMP.

A quatre jours du coup d'envoi du débat parlementaire sur la réforme des retraites et d'une manifestation des syndicats annoncée comme très suivie, ces propos ont placé le ministre du Travail dans une situation très délicate.

Plus disert que sur son soutien à Eric Woerth, Nicolas Sarkozy a profité de sa visite dans l'usine Valinox Nucléaire de Montbard pour redire longuement, devant plusieurs dizaines de salariés, sa détermination à mener sa réforme des retraites jusqu'à son terme.

"Je ne serai pas le président de la République qui partira sans avoir réglé la question de l'équilibre des régimes de retraite. C'est clair, je suis extrêmement déterminé", a-t-il assuré.

"Il y a 10% des retraités français dont on finance les retraites par des emprunts parce qu'il n'y a pas d'argent (...), je ne serai pas le président qui laissera cette situation en l'état", a insisté le président de la République, "je veux que tous ceux qui travaillent puissent se dire +quand je partirai à la retraite, ma retraite sera payée+".

Nicolas Sarkozy a également défendu son choix de faire passer l'âge légal du départ à la retraite de 60 à 62 ans, qui soulève l'hostilité des syndicats. "Passer de 60 à 62 ans, ça rapporte à la caisse d'assurance qui paie vos retraites 28 milliards d'euros, voilà", a-t-il tranché.

Le président a rejeté la piste d'une "diminution des retraites", jugée "pas raisonnable", l'augmentation des impôts des entreprises et refusé le "slogan à la mode" de "faire payer les riches", estimant qu'au final ce seraient "les classes moyennes qui paieront".

Une nouvelle fois, il a redit que "tous ceux qui ont commencé à travailler avant 18 ans" ou ont exercé "des métiers pénibles" pourraient partir à la retraite à 60 ans "sans décote" et laissé sa porte ouverte aux syndicats, promettant de "discuter avec eux" de leurs dernières propositions.

Retraites : le succès du 7, "seule chance" d'influer sur la réforme, déclare Chérèque

AFP, Mise a jour : vendredi 3 septembre 2010 15:01

Le secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, a déclaré vendredi sur Europe 1 que le succès de la journée d'action intersyndicale du 7 septembre était "la seule chance" de faire changer la réforme des retraites du gouvernement.

AFP/Archives François Chérèque à Tours le 7 Juin 2010

"Selon le niveau de mobilisation de mardi, le gouvernement bougera ou ne bougera pas cette réforme. La seule chance aujourd'hui, puisque le dialogue ne permet pas de le faire, de faire changer cette réforme, de faire en sorte qu'elle soit plus juste, c'est d'être très nombreux dans la rue mardi et c'est un moment crucial (...)", a déclaré le leader de la CFDT.

"Ce sera une grosse journée", a ajouté François Chérèque.

Interrogé sur le maintien ou non au gouvernement d'Eric Woerth, mis en cause dans l'affaire Bettencourt, le dirigeant syndical a affirmé qu'il se bornait à "poser une question que tout le monde se pose : dans cette situation, est-ce qu'il peut en même temps se défendre, ce qui est un droit légitime, et porter la réforme qui est soi-disant la réforme du quinquennat ?"

Selon lui, "le problème de M. Woerth est en train de masquer le vrai débat de fond" et "les injustices de cette réforme". "Restons concentrés sur ce qui est notre sujet, celui des retraites", a-t-il plaidé.

Comme on lui demandait s'il demandait la démission du ministre, François Chérèque a répondu : "Ce n'est pas mon sujet". "C'est au président de la République de décider", a-t-il dit.

Woerth : à quoi bon "remplacer un menteur par un autre ?", s'interroge Nathalie Arthaud (LO)

AFP, Mise a jour : vendredi 3 septembre 2010 14:52

Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière (LO), a estimé vendredi que seule une "mobilisation grandissante" des travailleurs pouvait faire reculer le gouvernement sur les retraites, et que demander la démission d'Eric Woerth ne servirait qu'à "remplacer un menteur par un autre".

AFP/Archives Nathalie Arthaud porte-parole de Lutte Ouvrière à Paris le 7 Janvier 2010

Le ministre du Travail, "s'il est démissionné et remplacé par un autre, qu'est-ce que ça va changer ?", a-t-elle déclaré à l'AFP. "Il est menteur oui bien sûr mais les autres, ils ne le sont pas tout autant ?", a-t-elle ajouté, pointant notamment Nicolas Sarkozy.

Alors à quoi bon "remplacer un menteur par un autre ?", a-t-elle demandé, soulignant que "tout ces gens sont dévoués corps et âmes aux plus riches". "Il n'y a qu'à voir les sourires des grands patrons à l'université d'été du Medef", a lancé la porte-parole trotskiste, qui devrait être désignée candidate de LO pour la présidentielle à l'issue du congrès du parti début décembre.

"Que ce soit le 6 (dans l'Education nationale) ou le 7 (pour les retraites), c'est le moment de dire stop à cette politique où une minorité prospère en écrasant la population, lui imposant des sacrifices sur l'essentiel : la santé, la retraite, l'éducation", a ajouté l'enseignante à Aubervilliers.

Il faut aussi se mobiliser le 4 pour défendre les libertés publiques car "à travers les Roms et les immigrés, ils s'en prennent aux plus pauvres, à ceux qui sont écrasés", a-t-elle poursuivi.

Mais pour faire reculer le gouvernement, seule "une mobilisation grandissante" peut "leur faire craindre qu'on ne rentre pas dans le rang", a-t-elle fait valoir, prenant exemple sur les manifestations contre le plan Juppé en 1995 et contre le CPE de Dominique de Villepin en 2006.

Pour elle, le 7 septembre n'est "pas un baroud d'honneur" mais "le début de quelque chose".

Retraites : Woerth, "mobilisé à 120%", juge "assez normal" les manifestations

AFP, Mise a jour : vendredi 3 septembre 2010 13:48

Le ministre du Travail Eric Woerth, se disant "mobilisé à 120%" sur le dossier des retraites, a minimisé vendredi les importantes manifestations prévues mardi contre le projet de réforme, y voyant une "tradition" française.

AFP Eric Woerth à l'Université d'été du Medef le 3 Septembre 2010

"Je regrette en fait que sur un sujet aussi important, il ne puisse pas y avoir un peu plus de consensus national", a-t-il déclaré à l'ouverture d'un débat organisé à l'université d'été du Medef, la principale organisation patronale, à Jouy-en-Josas (Yvelines), retransmis sur la radio BFM.

"Evidemment les uns et les autres disent, +vous ne m'avez pas écouté, +je n'ai pas été assez entendu+. Chacun aimerait au fond voir son propre texte", a-t-il ajouté.

"Mais le gouvernement a une responsabilité devant les Français : pérenniser notre système de retraite par répartition (...). Que les gens descendent dans la rue le 7, c'est bien normal. S'il n'y avait pas de manifestation sur les retraites, on ne serait plus en France au fond, c'est assez normal", a-t-il dit.

"C'est notre culture, notre tradition (...) et en même temps, il faut écouter" et "c'est ce que nous allons faire évidemment", "on est à la fois ferme sur l'équilibre général et ouvert à toutes possibilité d'améliorer notre texte", a ajouté le ministre.

Interrogé pour savoir s'il serait comme prévu dans l'hémicycle pour défendre le projet à l'Assemblée à partir de mardi, malgré sa position politiquement affaiblie par l'affaire Bettencourt, M. Woerth a répondu par l'affirmative.

"Il vaudrait mieux, car si je n'y suis pas, il n'y a pas de débat", a-t-il dit, déclenchant un tonnerre d'applaudissements de l'assistance composée de nombreux chefs d'entreprise et dirigeants économiques.

Interrogé sur les déclarations de plusieurs leaders syndicaux jugeant comme un vrai problème qu'il ait l'esprit préoccupé par autre chose que les retraites, le ministre a estimé que "cela n'appelait pas de réponse particulière".

"Je suis mobilisé disons à 120%, à trois jours du débat parlementaire, ça monte en puissance", a-t-il dit, faisant allusion aux critiques.

Pressé de questions à son arrivée par une petite foule de journalistes, le ministre n'avait fait aucun commentaire.

Mardi, l'ensemble des syndicats appellent à des grèves et des manifestations contre le projet de réforme des retraites qui, selon eux, fait peser trop d'effort sur les salariés en reportant les âges pivots de la retraite à 62 ans pour la possibilité légale de départ en retraite et 67 ans pour le taux plein.

Hamon (PS) : l'exigence principale du PS n'est pas d'"obtenir la tête" de Woerth

AFP, Mise a jour : vendredi 3 septembre 2010 11:54

Le porte-parole du PS Benoît Hamon a assuré vendredi que les socialistes n'avaient pas comme "exigence principale d'obtenir la tête d'Eric Woerth", estimant que l'éventuelle démission du ministre du Travail était de la responsabilité du président de la République.

AFP/Archives Benoît Hamon à La Rochelle le 28 Août 2010

"Moi j'hésite à titre personnel à la demander (sa démission) pour une raison simple c'est que, si nous la demandions comme parti politique, la politisation de l'affaire serait forte là où je pense que c'est la responsabilité du président de la République de dire si Eric Woerth est en situation aujourd'hui, vu ses problèmes avec la justice, avec l'affaire Bettencourt, de porter la négociation avec les syndicats sur la question des retraites", a déclaré M. Hamon interrogé sur LCI.

"C'est à Nicolas Sarkozy, si cette affaire de retraites est pour lui aussi emblématique qu'il le dit, de dire si Eric Woerth est l'homme de la situation ou pas, et je lui demande, comme la plupart des Français aujourd'hui, de prendre ses responsabilités", a-t-il ajouté.

"Les syndicats l'ont dit eux-mêmes, il a la tête ailleurs (...), il vit probablement à titre personnel un calvaire, mais cette situation est le résultat d'une stratégie qui consistait à nier l'évidence", a poursuivi M. Hamon reprochant au ministre d'avoir "menti à plusieurs reprises".

"L'exigence principale du PS ce n'est pas d'obtenir la tête d'Eric Woerth, c'est que l'enquête soit conduite par un juge d'instruction indépendant" sur les soupçons de conflits d'intérêts lorsque M. Woerth était à la fois ministre du Budget et trésorier de l'UMP.

François Hollande : la position de Woerth est devenue "intenable" au gouvernement

AFP, Mise a jour : vendredi 3 septembre 2010 10:45

L'ex-premier secrétaire du PS François Hollande a jugé vendredi que la position du ministre du Travail Eric Woerth était devenue "intenable" au gouvernement.

AFP Eric Woerth à Jouy-en-Josas le 3 Septembre 2010

"La position d'Eric Woerth n'est plus tenable", a déclaré M. Hollande sur France Info alors qu'on lui demandait si M. Woerth pouvait rester ministre du Travail après ses déclarations contradictoires sur son rôle dans l'attribution de la Légion d'honneur à Patrice de Maistre, gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt.

Sa situation "n'est plus tenable au plan moral" et elle est "intenable au plan politique", a poursuivi M. Hollande, soulignant qu'il n'est "pas possible" pour les syndicats "d'avoir un ministre qui n'est pas en état de défendre son dossier" sur les retraites.

"Enfin la situation n'est pas tenable sur le plan personnel, sur le plan humain", a-t-il dit.

"Dans un gouvernement normalement constitué c'eût été à François Fillon de prendre l'initiative, il ne l'a pas fait". "Nicolas Sarkozy aussi aurait pu faire preuve d'autorité" et "en terminer avec ce long feuilleton, il ne l'a pas fait", a ajouté le député de Corrèze. "Même si c'est très difficile, c'est à Eric Woerth de tirer les conséquences de cette situation", a-t-il dit.

Selon M. Hollande, le ministre "ne se rend pas service à lui-même, parce qu'il ne peut pas mener à bien sa défense" dans l'affaire Bettencourt "tout en ayant la charge d'un dossier comme celui des retraites". "A partir de là, le mieux à faire c'est de se mettre en retrait et ce n'est pas parce qu'il démissionnerait qu'il serait coupable", a-t-il ajouté.

En tout état de cause, "qui peut imaginer qu'Eric Woerth, s'il est encore dans cette situation, restera au gouvernement" lors du remaniement prévu au mois d'octobre ?, a demandé l'ex-numéro 1 du PS.

Jeudi, côté PS, Claude Bartolone avait clairement appelé à la démission d'Eric Woerth, tandis que la veille Manuel Valls avait qualifié d'"exigence morale" son départ du gouvernement.

La CGT veut faire de la journée d'action du 7 "un rendez-vous hors du commun"

AFP, Mise a jour : jeudi 2 septembre 2010 17:20

Le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault a appelé les salariés à faire de la journée d'action de mardi prochain pour la défense des retraites "un rendez-vous hors du commun", lors d'une visite jeudi à l'usine Snecma de Colombes (Hauts-de-Seine).

AFP/archives Bernard Thibault à Lyon le 31 Août 2010

"Il faut utiliser tous les jours à disposition, jusqu'au dernier moment, pour chercher à convaincre le plus grand nombre de participer à ce rendez-vous qui doit être hors du commun, parce qu'on est dans un contexte et sur un sujet qui est hors du commun", a déclaré Bernard Thibault, alors que la presse lui faisait observer qu'il multipliait les interventions depuis son retour de vacances.

Le leader de la CGT a souligné que, parmi les syndicats, "tout le monde est d'accord pour dire non à cette réforme qui va consacrer de plus petites retraites à l'avenir".

Selon lui, c'est "une réforme qui vise à faire des économies sur les retraites à venir, c'est le point le plus crucial de désaccord" entre les syndicats et le gouvernement.

Interrogé sur les propos la veille de François Chérèque, dont la démarche vise à faire "avancer tout ce qui permettra d'atténuer les effets" du projet gouvernemental, Bernard Thibault a répondu : "nous avons dit que nous irons au bout de cette affaire". "Jusqu'à quel point ? C'est la mobilisation qui le dira", a-t-il lancé.

En tout cas, le 7 septembre sera "tout sauf un mouvement d'humeur passager", a déclaré le secrétaire général.

Devant les grilles de l'usine, Bernard Thibault a ensuite pris la parole devant 200 à 250 salariés des 1.330 de la Snecma et d'entreprises voisines, notamment Alcatel.

Il a brandi le texte de l'accord d'entreprise - signé dès 1986 et amendé depuis - qui détermine quatre classes de situation professionnelles, définies par des critères de pénibilité, ouvrant droit à une cessation anticipée d'activité.

Cela montre qu'"il est possible de définir un cadre collectif reconnaissant une pénibilité par métiers, et qu'on peut avoir un accord à l'échelle nationale", a fait valoir le leader cégétiste.

Le gouvernement s'est refusé jusqu'ici à reconnaître dans son projet de réforme une pénibilité par métiers, prévoyant que tout salarié pourrait partir à 60 ans dès lors qu'un taux d'incapacité de 20% aura été constaté lors d'une visite médicale.

Interrogé sur "l'affaiblissement" du ministre du Travail Eric Woerth du fait de l'affaire Bettencourt, Bernard Thibault a souligné "la position très singulière du ministre du Travail qui a forcément l'esprit et son temps consacrés à autre chose que l'avenir des retraites des salariés". Cela, a-t-il dit, crée "une problématique un peu compliquée pour les organisations syndicales".

Il a aussi estimé que la France était "le seul pays européen où on examine une réforme de cette importance avec un gouvernement dont chacun sait qu'il est sur le départ".

Pénibilité : l'UMP veut aller "plus loin" à la demande du gouvernement

AFP, Mise a jour : mercredi 1 septembre 2010 18:03

Le gouvernement a demandé à sa majorité d'aller "plus loin" sur la question de la pénibilité lors du prochain débat sur les retraites à partir de mardi à l'Assemblée, a confirmé mercredi à l'AFP le rapporteur UMP du texte, Denis Jacquat, qui va proposer un dispositif.

AFP/Archives Eric Woerth et Denis Jacquat le 22 Juillet 2010

"Le gouvernement nous a dit d'aller plus loin sur la pénibilité. Notre but est d'amener un outil supplémentaire pour aborder la pénibilité", a-t-il dit.

Pour l'instant, le projet de loi prévoit de maintenir l'âge légal de départ à 60 ans pour les salariés du privé avec une incapacité physique d'au moins 20%. Pour les autres salariés, le texte prévoit le recul de l'âge légal de 60 à 62 ans.

"Il faudrait un accord collectif de branches qui créérait un dispositif d'allégement ou de compensation de la charge de travail des salariés occupés à des travaux pénibles", a détaillé M. Jacquat.

"L'allégement de la charge de travail peut être un passage à temps partiel", a précisé M. Jacquat, détaillant un amendement qu'il prépare avec le président de la commission des Affaires sociales, Pierre Méhaignerie.

"Pour financer ce dispositif, l'Etat ne peut pas donner d'argent", a-t-il dit. "L'idée, c'est de demander aux entreprises de créer un fonds à l'intérieur d'une branche pour pouvoir financer ces dispositifs".

Le dispositif viserait les personnes "usées par le travail" mais qui ne peuvent pas encore partir à la retraite ni bénéficier du dispositif carrières longues. "Ce serait les partenaires sociaux qui discuteraient des critères", selon M. Jacquat.

Le député UMP cite un accord passé chez Rhodia. Quatre syndicats (CGT, FO, CGC et CFTC) et l'entreprise ont signé fin juin un accord sur la pénibilité, créant un dispositif de départ anticipé, "en attendant que la loi prenne le relais", avait indiqué le DRH du groupe.

AFP, Mise a jour : mercredi 1 septembre 2010 08:36 Le Medef va ouvrir son université d'été sur fond de débat sur les retraites

Le Medef va ouvrir son université d'été sur fond de débat sur les retraites

AFP, Mise a jour : mercredi 1 septembre 2010 08:36

"L'étrangeté du monde, mode d'emploi" : le Medef entend montrer que la crise économique mondiale a changé tous les repères, à l'occasion de son université d'été qui s'ouvre mercredi dans un climat social tendu, à l'approche du débat parlementaire sur la réforme des retraites.

AFP/Archives La présidente du MEDEF, Laurence Parisot à Paris le 1er Juillet 2010

Pendant trois jours sur le campus d'HEC à Jouy-en-Josas (Yvelines), l'organisation patronale va débattre de l'après-crise devant environ 5.000 participants.

Quelque 175 intervenants de 27 nationalités différentes sont attendus, dont dix membres du gouvernement.

Parmi eux, la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, et le ministre du Travail, Eric Woerth, empêtré dans l'affaire Bettencourt où il est soupçonné de conflits d'intérêts.

Les grands patrons du CAC 40 seront comme toujours de la partie : Christophe de Margerie (Total), Louis Gallois (EADS), ou encore Anne Lauvergeon (Areva).

En revanche, seuls deux responsables syndicaux ont répondu cette année à l'invitation du Medef : Bernard Van Craeynest (CFE-CGC) et Pascal Ferey (FNSEA).

Les syndicats ont promis pour le 7 septembre des grèves et des manifestations "exceptionnelles" contre le projet de réforme des retraites du gouvernement, auquel le Medef a réservé un accueil plus chaleureux.

La grand-messe patronale sera certainement l'occasion pour la présidente du Medef, Laurence Parisot, de réaffirmer son attachement à un report de l'âge légal du départ à la retraite, prôné par l'exécutif mais contesté par la gauche et les syndicats.

Le programme officiel ne fait toutefois qu'une faible allusion à la réforme, au détour d'un débat sur les "mots qui fâchent" comme "bonus", "profit" et, justement, "retraites".

"L'ampleur et la violence de la crise, l'accélération brutale des mutations, le déplacement des centres de gravité économiques ont ébranlé nos repères, nos habitudes et nos certitudes", estime le Medef, qui n'hésite pas à qualifier son université de "Davos français", en référence Forum économique mondial qui se tient chaque année en Suisse.

Comme à l'accoutumée, grands patrons, ministres et experts en tout genre vont se succéder pour répondre à des questions aussi diverses que "la finance, grande gagnante de la crise ?", "la Chine est-elle une bulle ?" ou "qui commande aujourd'hui ?"

Mais l'organisation patronale entend aussi "rappeler que l'esprit d'entreprise et le goût d'entreprendre sont certainement les principaux leviers pour sortir de la crise par le haut".

Laurence Parisot, réélue en juin pour un second et dernier mandat de trois ans, ne manquera sans doute pas de rappeler qu'il faut favoriser la compétitivité des entreprises pour retrouver durablement la croissance, comme elle l'a souligné lors de son élection.

L'organisation patronale veut aussi insister sur l'international. Car certaines décisions, aujourd'hui prises dans le cadre du G20, ont des répercussions sur les plus petites entreprises, fait-on valoir au siège du Medef.

Retraite : bras de fer sur le chantier inachevé de la pénibilité

AFP, Mise a jour : mardi 31 août 2010 13:25

La grève des gardes des médecins hospitaliers illustre les nombreuses critiques du volet pénibilité de la réforme des retraites, qui ne compense pas les rythmes de travail atypiques ou l'exposition à des produits dangereux, mais que le gouvernement promet d'améliorer.

AFP/Archives L'anesthésiste Nicole Smolski pose dans sa chambre de garde à l'Hôpital de la Croix-Rousse à Lyon le 11 Janvier 2008

Les praticiens hospitaliers sont appelés à une grève illimitée des gardes à partir de mercredi, demandant que le travail de nuit soit pris en compte pour fixer l'âge de la retraite.

Sans impact pour les patients - il y aura des assignations si des médecins font grève -, ce mouvement initié par des syndicats d'anesthésistes vise à attirer l'attention sur le dossier de la pénibilité avant le début du débat parlementaire sur les retraites, le 7 septembre.

Le gouvernement prévoit que les salariés ayant un taux d'incapacité d'au moins 20% pourront partir à la retraite à 60 ans, sur fond de recul de l'âge minimal de départ à 62 ans.

Ce droit bénéficierait chaque année à 10.000 personnes, selon l'exécutif, qui a tranché dans ce dossier après des années de négociations infructueuses entre patronat et syndicats.

Qualifié d'"avancée sociale majeure" par le gouvernement, le dispositif essuie cependant de nombreuses critiques.

"Il faut tenir compte du parcours de chacun et par exemple du nombre de nuits travaillées, parce que des études montrent que ça diminue l'espérance de vie même si ça ne provoque pas d'incapacité", estime Nicole Smolski, président du SNPHAR-e (anesthésistes-réanimateurs).

"On fait des gardes même après 60 ans, alors qu'à 53 ans, je ne récupère déjà plus comme avant", témoigne-t-elle.

Un avis récent du Conseil économique, social et environnemental (CESE) sur le travail de nuit, qui concerne près de 4 millions de personnes, a souligné ses effets néfastes : troubles du sommeil et de la digestion, risques cardiovasculaires et de cancer accrus. Il demande donc sa prise en compte dans la réforme des retraites, sans préciser de quelle manière.

En l'état, le dispositif du gouvernement écarte aussi les salariés exposés à des produits cancérogènes, dont les effets peuvent se manifester des années après le départ en retraite.

"Ils ont une espérance de vie réduite, mais pas de traces physiques de cette atteinte", ont souligné dans un texte commun la FNATH (association d'accidentés du travail) et l'Andeva (victimes de l'amiante).

Mais pour le ministre du Travail, Eric Woerth, l'approche du gouvernement est la seule possible, parce qu'il n'y a "aucun moyen pour apprécier de façon rigoureuse à partir de quel seuil d'exposition la probabilité d'être malade devient une quasi-certitude".

Il a cependant esquissé une ouverture : "nous devons regarder s'il n'est pas possible de mieux répondre aux questions de +pénibilité à effet différé+", a-t-il indiqué mardi dans le Figaro.

Le ministre semble en revanche inflexible sur le seuil très critiqué des 20%.

Selon François Guillon, professeur de médecine spécialiste des pathologies professionnelles, ce seuil "n'a aucune pertinence" et "élimine notamment ceux dont l'incapacité permanente est comprise entre 10 et 20% et qui bénéficient pourtant de la loi sur l'emploi des travailleurs handicapés".

Mireille Chevalier, médecin du travail, explique qu'"une personne qui a une épaule complètement fichue, du fait d'une maladie professionnelle, n'obtiendra pas le taux de 20%".

Le responsable des ressources humaines de Rhodia, Jean-Christophe Sciberras, a lui aussi regretté que le gouvernement ait "placé la barre très haut".

Le dossier de la pénibilité est loin d'être bouclé : le gouvernement et la majorité ont promis des amendements lors du débat parlementaire.

Retraites : les syndicats confirment leur appel à une mobilisation "massive" le 7 septembre

AFP, Mise a jour : lundi 23 août 2010 19:30

Les syndicats ont renouvelé lundi leur appel "à faire du 7 septembre prochain une journée massive de grèves et de manifestations" face à un projet de réforme des retraites du gouvernement jugé "inacceptable", dans un texte commun que seule FO n'a pas signé.

AFP/Archives Manifestation pour les retraites à Marseille le 24 Juin 2010

Ce texte publié à l'issue d'une réunion intersyndicale, a été paraphé par la CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, la CGT, la FSU, Solidaires et l'UNSA. Seule FO, qui appelle pourtant également à la mobilisation le 7 septembre, ne l'a pas signé, regrettant que le texte ne demande pas le retrait du projet de réforme.

Face au projet de réforme du gouvernement, qui sera débattu au Parlement à partir du 7 septembre, et dont le contenu est jugé en l'état "injuste et inacceptable", "les organisations syndicales considèrent aujourd'hui que rien n'est joué".

Elles "appellent tous les salariés du privé et du public, les demandeurs d'emploi, les jeunes et les retraités à poursuivre la construction d'une mobilisation de grande ampleur et à faire du 7 septembre prochain une journée massive de grèves et de manifestations".

La mobilisation doit permettre de "faire entendre leurs revendications et leurs propositions concernant le projet de réforme des retraites", dont les syndicats regrettent notamment qu'il fasse porter "à plus de 85% les efforts sur les salariés".

"La remise en cause des 60 ans avec le report à 62 et 67 ans des âges légaux va fortement pénaliser les salariés et notamment ceux ayant commencé à travailler jeunes, ceux ayant des carrières chaotiques et incomplètes, en particulier les femmes", soulignent-ils.

Les syndicats avaient déjà appelé fin juin à cette mobilisation du 7 septembre.

S'exprimant à part, la responsable de FO Michèle Biagi a déploré qu'il n'y ait "pas eu d'accord pour un retrait" du projet de loi, tout en insistant sur le fait que FO appelait les salariés à participer à la journée d'action.

"Nous regrettons que FO ne puisse être" signataire du communiqué commun, a déclaré la numéro un de la FSU Bernadette Groison, qui présidait la réunion. Selon elle, FO fait "d'une question de vocabulaire un préalable".

Au nom de la CGT, Nadine Prigent a estimé qu'avancer ou non le mot d'ordre de "retrait" était "un faux débat". "Ce qui parle aux salariés, ce sont les solutions" et il appartient aux syndicats d'"avoir des propositions" sur le contenu de la réforme des retraites, a-t-elle plaidé.

Dans le même sens, Jean Grosset (Unsa, autonome) a réfuté tout "mot d'ordre simpliste, qui peut apparaître comme une posture".

Annick Coupé a rappelé que son organisation, "Solidaires, est pour le retrait"' du projet gouvernemental. Mais elle s'est dite "un peu étonnée" par l'attitude de FO, jugeant que "le plus important", c'est que les syndicats sont "unis sur la volonté d'avoir un rapport de force extrêmement fort le 7 septembre".

Selon le communiqué, les syndicats se rencontreront à nouveau au lendemain de cette journée d'action, le 8 septembre.

Enfin, à l'instar d'autres responsables syndicaux, Marcel Grignard, secrétaire général adjoint, a affirmé que "la CFDT fera le maximum pour que le 7 septembre soit une très forte journée de mobilisation".

Pénibilité : des milliers de personnes ne pourront pas attendre 60 ans pour partir en retraite

AFP, Mise a jour : lundi 23 août 2010 13:32

Partir à la retraite à 60 ans pour les travailleurs usés par des métiers pénibles, comme le propose le projet du gouvernement, est un horizon "inatteignable pour des centaines de milliers de personnes", estiment lundi deux responsables d'associations d'accidentés du travail.

AFP/Archives Ouvriers sur un chantier à la Porte de Charenton à Paris le 22 Juillet 2010

"Le volet pénibilité de la réforme des retraites s'apparente à une succession d'injustices", dénoncent Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fnath (association des accidentés de la vie) et François Desriaux, porte-parole de l'association nationale des victimes de l'amiante (Andeva), dans une tribune publiée lundi dans le quotidien Les Echos.

Le dispositif proposé par le gouvernement pour prendre en compte la pénibilité "repose uniquement sur l'incapacité physique de travail" et écartent des salariés qui ont été exposés à des produits cancérogènes, et qui ont "une espérance de vie réduite, mais pas de traces physiques de cette atteinte", déplorent-ils.

Le travail de nuit ou le travail en horaire alterné constituent également "un facteur de risque de mortalité prématurée", soulignent-ils.

MM. de Broca et M. Desriaux regrettent le seuil de 20% d'incapacité permanente partielle, nécessaire pour pouvoir partir à la retraite à 60 ans au lieu de 62 ans, selon le projet de loi du gouvernement.

Cela exclut un nombre non négligeable de travailleurs", parce que "toutes les pathologies du travail ne sont pas reconnues comme maladies professionnelles".

Ils citent le cas des caissières, manutentionnaires, femmes de ménage ou ouvriers à la chaîne, qui "sont fréquemment atteints en fin de carrière, voire bien avant, de pathologies ostéo-articulaires qui constituent des handicaps sévères générant des difficultés dans leur vie quotidienne, mais qui n'atteignent pas dans tous les cas la barre des 20%".

Grève du 7 Septembre 2010

AID soutient complétement cette grève. Voir notre brève du 15 Août avec les appels de l'intersyndicale locale pour Saint Denis et Saint-Pierre de la Réunion ICI

LIENS

* Chérèque : les démêlés de Woerth, "un vrai problème" pour les retraites

AFP, Mise a jour : jeudi 2 septembre 2010 20:01

* Eric Woerth et Bernard Thibault débattront des retraites sur TF1 mardi

AFP, Mise a jour : jeudi 2 septembre 2010 19:06

* Retraites : mobilisation le 7 septembre "comparable" à celle de juin, espère la CGT

AFP, Mise a jour : mardi 31 août 2010 20:52

* Les victimes de l'amiante appellent à manifester le 7 septembre

AFP, Mise a jour : mardi 31 août 2010 19:48

* SNCF : trois syndicats non représentatifs appellent à une grève reconductible le 7 septembre

AFP, Mise a jour : jeudi 26 août 2010 12:32

* Retraites : la CFTC disposée à rencontrer le gouvernement avant le 7 septembre

AFP, Mise a jour : mercredi 25 août 2010 19:42

* Retraites : le "mécontentement" s'exprimera "fortement" le 7 septembre selon Mailly

AFP, Mise a jour : samedi 14 août 2010 11:55

* Mobilisation contre la réforme des retraites : préavis de grève illimité de Sud RATP à partir du 7 septembre

AFP, Mise a jour : mercredi 11 août 2010 12:41

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