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La Croatie s'est dotée samedi d'un gouvernement de coalition dirigé par le conservateur Ivo Sanader, qui sera chargé de faire entrer le pays dans l'Union européenne à l'horizon 2010 et qui compte un ministre serbe, une première depuis la fin du conflit serbo-croate de 1991-1995. L'investiture du gouvernement a été votée par 82 voix pour et 62 contre, selon les résultats annoncés au parlement. Le Serbe Slobodan Uzelac, membre du Parti indépendant démocratique serbe (SDSS), est vice-Premier ministre, chargé du Développement économique, de la Reconstruction et du Retour des réfugiés. M. Uzelac, 60 ans, est médecin, spécialiste en psychologie enfantine. Il avait occupé le poste de secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur dans le gouvernement sortant, dirigé par M. Sanader. Le nouveau gouvernement est formé de dix-sept membres, dont quatre vice-Premier ministres. Treize sont issus de la Communauté démocratique croate (HDZ) de M. Sanader, deux du Parti des paysans (HSS), un du Parti social-libéral (HSLS) et un du SDSS. Seuls deux des ministres du HDZ sont des nouveaux venus, le ministre des Affaires étrangères et de l'Intégration européenne, Gordan Jandrokovic, 40 ans, et le ministre de la Santé. Les autres ont détenu des portefeuilles dans le gouvernement sortant, mais certains changent de ministère. M. Sanader a affirmé que son cabinet se donnait pour mission durant son mandat de quatre ans d'intégrer la Croatie à l'Union européenne vers 2010 et de recevoir une invitation à adhérer à l'Otan, au sommet de l'Alliance à Bucarest, au printemps 2008. Il s'est dit convaincu que Zagreb sera invité à adhérer à l'Otan lors du sommet de Bucarest et rejeté l'idée de l'organisation d'un référendum sur cette intégration, comme le réclame l'opposition de gauche. Le problème le plus pressant à régler par le nouveau cabinet est lié au litige opposant la Croatie à l'Italie et à la Slovénie, membres de l'UE, concernant la zone écologique et de pêche (ZERP) croate dans la mer Adriatique, entrée en vigueur le 1er janvier. Bruxelles a mis en garde à plusieurs reprises Zagreb lui demandant de trouver une solution avec Rome et Ljubljana tout en avertissant, dans le cas contraire, de conséquences "négatives" sur les négociations d'adhésion de la Croatie. L'objectif de la ZERP, adoptée en 2003, était de protéger, dans cette zone de 23.870 kilomètres carrés, les réserves halieutiques "dévastées", selon la Croatie, par la flotte italienne. Désireuse d'entamer des négociations d'adhésion avec l'UE, la Croatie avait renoncé en 2004 à appliquer les règles de sa zone protégée aux pays membres de l'UE -- notamment l'Italie et la Slovénie -- jusqu'à la signature d'un accord sur la pêche avec Bruxelles, qui n'est jamais intervenue depuis. Par ailleurs, la nomination d'un ministre serbe marque désormais un nouveau pas dans le difficile processus de réintégration des membres de cette minorité au sein de la société croate. Le retour des Serbes qui ont fui la Croatie au moment de la guerre et le respect des droits de la minorité serbe font partie des principales conditions posées à la Croatie par Bruxelles pour son entrée dans l'UE. Quelque 280.000 Serbes ont fui la Croatie pendant et après la guerre. Jusqu'à présent, environ 130.000 sont rentrés, selon l'ONU. Les Serbes constituent la plus importante minorité de Croatie, avec 4,5% d'une population de 4,4 millions d'habitants.
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