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Une police chinoise pleine de tact…

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Pendant les J.O., retrouvez les chroniques quotidiennes de notre envoyé spécial à Pékin, Alain Léauthier. Gênés aux entournures par la présence des nombreux journalistes étrangers pour la cérémonie du retour de la flamme, les policiers chinois ont pour une fois dû faire preuve de doigté pour maîtriser la foule.

Une police chinoise pleine de tact…
Qui a dit que les autorités chinoises ne savaient que réprimer brutalement leur peuple, éliminer les gêneurs, pourchasser les démocrates, embastiller les mécontents et torturer les dissidents ? Il faut être sacrément ignorant, sinophobe primaire ou à la solde de la CIA pour lancer d'aussi minables et misérables accusations. C'est en tout cas ce que semble penser un petit nombre de lecteurs de Marianne2.fr que nos premières chroniques sur les JO, comme celle de notre ami blogueur chinois « Zola », ont irrité au plus haut point. Eh bien , sans aller jusqu'à leur proposer des posters ou des tee-shirts à l'effigie du camarade-président Hu Jintao (connu également sous le sobriquet de « boucher de Lhassa » depuis la répression des émeutes de 1989 au Tibet) donnons raison à ces sino-compatibles : oui, la police et l'armée chinoise savent agir avec doigté, tact et néanmoins une grande efficacité. On le sait , on les a vus à l'œuvre ce mercredi 6 août, à deux pas de la place Tian'anmen et c'était presque aussi beau qu'une charge de CRS. Le contexte : le retour de la flamme olympique dans la capitale après un parcours mondial qui a notamment mis en valeur le sens du contact humain des « hommes en bleu » de l'Armée populaire de Libération, les costauds à lunettes noires dont David Douillet garde un souvenir ému….

Des heures de train et de bus pour apercevoir la flamme

Le tralala sur la place, face au mausolée de Mao Zédong, a duré une bonne partie de la matinée. Des milliers de spectateurs triés sur le volet ont pu admirer les prestations du premier astronaute Yang Liwei ou du basketteur géant Yao Ming. Il y avait des chars et de la techno comme à la Gay Pride, des pom-pom girls forcément court vêtues et tout l'attirail de promotion des honorables sponsors sans lequel le CIO n'aurait pas de raison d'être. D'après les correspondants des agences internationales, les badauds exultaient et criaient « Vive la Chine, vive les Jeux olympiques » , slogan qui en vaut d'autres. En milieu d'après-midi, une partie de la foule s'est massée à proximité de la Qianmen Dajie, au sud de la place, une artère ripolinée de frais qui traverse le quartier de Qianmen, quasi entièrement détruit pour laisser la place à des bâtiments «neufs-anciens» reconstruits à l'identique. Un Disney du faux-vieux, comme l'auteur de ces lignes l'a qualifié, passant du coup aux yeux de certains esprits particulièrement aiguisés pour un apôtre irresponsable et réactionnaire des taudis insalubres et du pittoresque délabré… Des festivités devaient se poursuivre sur Qiamnen Dajié, dont l'ultime apparition de la torche avant son entrée au stade olympique. Mais cette foule compacte et plutôt bonhomme, tout près des hautes herses barrant l'accès de la rue, a dû éveiller quelque crainte du côté des organisateurs. Les dizaines de policiers mobilisés ont mis plus d'une heure pour la repousser, carré par carré, grondant ou menaçant les uns, assurant à d'autres qu'ils verraient beaucoup mieux en rejoignant Qiamnen Dajié par un autre chemin, progressant mètre par mètre . Au début les refoulés n'ont rien dit, cédant du terrain puis le reprenant. La foule chinoise n'est pas la masse terrifiée que certains imaginent. Elle peut se montrer blagueuse, têtue et mécontente. Puis un couple de vieux paysans du Yunnan s'est mis à hurler. Ils n'avaient toujours rien vu et on les chassait une fois encore. Des heures de train, de bus pour rien. Un gradé a tenté de les amadouer gentiment sous les yeux de quelques rares touristes, surpris de tant de douce sollicitude. Deux adolescentes de la province du Shaanxi couraient dans tous les sens, au moindre mouvement de foule sans savoir pourquoi. «C'est les Chinois, a ironisé un jeune étudiant, ils veulent toujours voir même s'ils ne savent pas ce qu'ils veulent voir»

       

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