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Par Jac, Mariannaute.
Ce problème des stagiaires est aussi un problème pour les entreprises, figurez-vous. Déjà, à la fin des années 80, début des années 90, il y avait beaucoup de stagiaires (des étudiants, pas encore des lycéens ni des collégiens, donc moins de jeunes en recherche de stage qu'aujourd'hui). J'en ai eu plusieurs dans mon service (un bureau de style dans la mode). Et pourtant, malgré le nombre important de jeunes qui me sollicitaient, j'en refusais beaucoup. Nous nous devions d'en accepter au moins quelques-uns pour ne pas culpabiliser devant tant de demandes pressantes (il fallait bien que ces jeunes obtiennent leur diplôme !).
Mais dans la pratique, je n'avais que rarement du temps disponible pour m'investir auprès d'eux. Et puis qu'en faire ? C'était très compliqué de leur attribuer des tâches, bien qu'il n'en manquât pas mais ils nous ralentissaient, et tout devait être correctement fait pour ne pas qu'un travail bâclé nuise à l'ensemble du travail à exécuter. Quel casse-tête !
Quand je m'investissais auprès d'eux pour leur expliquer, les surveiller et corriger leur travail lorsque que je leur confiais des tâches plus intéressantes et correspondant à leur formation (dans mon service, les stagiaires étaient des étudiants stylistes), pendant ce temps, mon boulot personnel n'avançait pas. Du coup, je m'investissais moins auprès des employés ou collaborateurs. C'était très handicapant.
Pour beaucoup de ceux qui ont reçu des stagiaires, c'était la même chose. Pour beaucoup de sociétés, c'est une « prise de tête ».
Il est donc très tentant pour des employeurs moins scrupuleux de les exploiter dans des tâches routinières qui ne leur demandent pas d'investissement, et de se débarrasser ainsi de corvées qui n'ont rien à voir avec leur formation. Du petit personnel gratuit, tel des petits esclaves en quelque sorte. Ce n'est pas le cas de tous les employeurs, et ce n'était pas le mien non plus, mais j'avoue que quand un collaborateur ou moi- même n'avions pas le temps de leur confier une tâche précise, ils s'emmerdaient sérieusement.
Il faut donc comprendre que si ce système de stages généralisés est un lourd problème pour les stagiaires eux-mêmes, il est de plus en plus aussi une plaie pour les sociétés. Ce qui fait que celles qui en acceptent le plus sont le plus souvent celles qui les exploitent et ne sont nullement formatrices pour ces jeunes, par rapport à leur formation en cours.
En rajoutant à cela les stages d'une semaine pour les collégiens aujourd'hui, ça commence à saturer sérieusement les sociétés, d'autant plus, et c'est heureux, qu'elles n'ont pas le droit de faire travailler ces enfants.
Alors si ça demain ça se généralise encore ! Tous les bureaucrates qui ne raisonnent qu'avec la théorie sont incapables de mesurer la réalité, et s'en lavent les mains ! Pour eux, c'est le problème des entreprises, qui ne sont pas plus payées que les stagiaires pour faire leur formation.
Il faudra bien que ça pète un jour ! Et ce ne seront pas seulement les stagiaires qui vont « s'énerver », mais aussi nombre d'entreprises. Les seuls à ne pas s'en plaindre sont les « néo-esclavagistes » sans scrupules, ou les petites sociétés qui n'ont aucun moyen d'embaucher, et pour qui ces stagiaires sont un dépannage, avant de pouvoir recruter.
Un peu ça va, mais la coupe est déjà pleine ! Ca déborde !
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