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SECURITE : LES CATHOS VONT-ILS LARGUER SARKO ?
Une soixantaine de Roms menacés d'expulsion, installés depuis trois ans dans la plaine de Triel-sur-Seine (Yvelines), ont reçu samedi le soutien de Mgr Eric Aumonier, évêque de Versailles, venu visiter leur camp, a constaté un journaliste de l'AFP. Les Français n'accordent qu'une confiance mesurée au gouvernement en matière de lutte contre l'insécurité malgré son "tournant sécuritaire", avec 49% de personnes confiantes contre 51% d'un avis contraire, selon un sondage Ifop pour Ouest-France dimanche sur l'état d'esprit des Français. Sur fond de sondages inquiétants pour lui, Nicolas Sarkozy a repris le collier en tentant d'apaiser les remous provoqués par sa politique sécuritaire et en renonçant à supprimer une niche fiscale pour familles d'étudiants, au risque de compliquer encore le difficile budget 2011. L'inscription "gendarmerie nationale" qui barre la façade est trompeuse : depuis plusieurs années, les officiers en képi ont été remplacés par des familles Roms qui s'essaient à une "vie normale" dans ce bâtiment cossu de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne). Le très controversé projet d'élargir les cas de déchéance de nationalité à des Français naturalisés condamnés ou pratiquant la polygamie suscite des désaccords entre ministres qui seront soumis la semaine prochaine à l'arbitrage de Nicolas Sarkozy. Le comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU (CERD) a appelé vendredi la France à "éviter" les renvois collectifs de Roms, s'inquiétant de "discours politiques discriminatoires" dans le pays. François Fillon a affirmé jeudi que le drapeau français n'était "pas une banderole sur laquelle on écrit un slogan", allusion à l'attaque de Dominique de Villepin qualifiant de "tache de honte sur notre drapeau" la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy. Un journaliste de France 3, qui avait affirmé avoir été giflé en juin par un des membres du service d'ordre de Nicolas Sarkozy en Seine-Saint-Denis, a porté plainte auprès de la police des polices (IGS), a-t-on appris jeudi de source judiciaire. Ignorant les critiques internationales et en pleine visite de deux ministres roumains à Paris, la France a renvoyé jeudi plus de 250 Roms vers la Roumanie, le gouvernement disant même vouloir "accélérer" ces reconduites. Les forains qui bloquaient depuis le début de la matinée l'autoroute A7 dans le sens nord-sud, au niveau du péage de Lançon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), ont finalement levé leur barrage vers 14h30 a-t-on appris auprès de leur porte-parole. L'échelle des sanctions contre les violences à l'école va être revue, avec une tolérance zéro pour les écarts de comportement mais un recours moins systématique aux exclusions, celles temporaires étant limitées à huit jours pour éviter le décrochage scolaire. Les socialistes européens ont jugé jeudi "épouvantables" les reconduites de Roms par la France et appelé l'Union européenne à "condamner" la "violation" par Paris de la loi européenne sur la libre circulation des personnes. Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, a critiqué jeudi sur Europe 1 la "surenchère verbale" en France à propos de la politique gouvernementale contre l'insécurité. En pleine visite de deux ministres roumains à Paris, la France doit renvoyer en avion ce jeudi près de 300 Roms vers la Roumanie, portant à 8.300 le nombre de Roumains et de Bulgares raccompagnés depuis le début de l'année. Le député-maire PS d'Evry Manuel Valls a estimé mercredi qu'en matière de "lutte contre l'insécurité", la gauche devra s'"attaquer aux causes du fléau tout en assumant une politique répressive sans complexe". 48% des Français se disent favorables aux reconduites en Roumanie de Roms dont les camps ont été démantelés cet été, selon un sondage CSA pour le Parisien/Aujourd'hui en France à paraître jeudi. Les "violences verbales" feront l'objet d'une procédure disciplinaire, mais les exclusions de plus de huit jours vont être supprimées, dans le cadre de la refonte des sanctions à l'école, a annoncé le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, dans Le Figaro de jeudi. L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a salué mercredi "l'esprit de mesure" dont a fait preuve selon lui François Fillon, son successeur à Matignon, en intervenant mardi sur le thème de l'immigration clandestine et des Roms. Des Roms menacés d'expulsion reçoivent le soutien de l'évêque de VersaillesAFP, Mise a jour : samedi 28 août 2010 23:21 Une soixantaine de Roms menacés d'expulsion, installés depuis trois ans dans la plaine de Triel-sur-Seine (Yvelines), ont reçu samedi le soutien de Mgr Eric Aumonier, évêque de Versailles, venu visiter leur camp, a constaté un journaliste de l'AFP. L'homme d'église a parcouru les allées du camp situé au milieu des champs avant de s'entretenir plusieurs minutes dans une grande caravane avec une partie de la communauté. "Je suis venu aujourd'hui comme un frère", a-t-il déclaré à l'issue de l'entretien. "J'ai appris que ces gens ont peur, qu'il existe une grande solidarité entre eux. Je souhaite qu'ils soient écoutés", a-t-il ajouté. Il a évoqué "la grande précarité" à laquelle la soixantaine de Roms, dont une majorité d'enfants nés en France, sont confrontés, vivant sans eau courante ni électricité.
AFP Mgr Eric Aumonier, évêque de Versailles, rencontre des Roms à Carrieres-sous-Poissy le 28 Août 2010 L'homme d'église n'a pas précisé s'il comptait mener une action pour aider ces familles à qui la police a signifié le 20 août quatre APRF (Arrêté préfectoral de reconduite à la frontière) et onze OQTF (Obligation de quitter le territoire français). Les familles, qui se sont installées sur un terrain privé, sont toutes originaires d'un village situé à l'ouest de la Roumanie. Elles ne cachent pas leur intention de rester en France. "En Roumanie nous n'avons pas la possibilité d'avoir de terres. Nous n'avons pas de travail et nous vivons dans la misère parce que nous sommes des gitans", dit Ion, un homme d'un quarantaine d'années à la stature imposante. Expulsées d'Achères dans les Yvelines, les familles se sont rendues ensuite dans le Val-d'Oise avant de s'installer à nouveau dans les Yvelines. "Tout ce que nous voulons, ce sont des papiers pour travailler et un terrain où nous installer. Nous sommes prêts à payer un loyer", a poursuivi Ion pour qui l'avenir de ses enfants est en France. Sécurité : confiance limitée des Français au gouvernement, selon un sondageAFP, Mise a jour : samedi 28 août 2010 12:36 Les Français n'accordent qu'une confiance mesurée au gouvernement en matière de lutte contre l'insécurité malgré son "tournant sécuritaire", avec 49% de personnes confiantes contre 51% d'un avis contraire, selon un sondage Ifop pour Ouest-France dimanche sur l'état d'esprit des Français.
AFP Brice Hortefeux à la préfecture de Paris le 24 Août 2010 Ces taux sont les mêmes que ceux observés lors de la précédente étude de ce type, en décembre 2009, et marquent un fort recul par rapport au niveau de confiance accordée au début du quinquennat (78%), relève l'Ifop. "Si les récentes propositions et actions du gouvernement afin de lutter contre l'insécurité ont permis de limiter la chute de confiance des Français dans ce domaine, elles n'ont pas impulsé de rebond", note l'institut. Le taux de confiance, qui culmine à 76% chez les partisans de l'UMP, est au plus bas chez les proches du Front national, à 27%. Dans un sondage paru le 6 août dans le Figaro, l'Ifop avait relevé que les mesures annoncées par le gouvernement en matière de sécurité recueillaient entre 55% et 89% d'opinions favorables selon les propositions. L'environnement reste le seul domaine dans lequel les Français interrogés ont majoritairement confiance dans le gouvernement (52%, -3 points par rapport à décembre 2009), devant l'intégration des personnes issues de l'immigration (35%, -1), la lutte contre le chômage (33%, +5) et la lutte contre la pauvreté (28%, +2). Concernant deux promesses électorales phares de la majorité, seuls 21% des sondés croient encore à une augmentation du pouvoir d'achat (inchangé) et 20% à une baisse des impôts (-6 points). De façon plus générale, l'étude fait apparaître une forte baisse du moral des Français, seuls 44% se disant confiants en l'avenir, contre 55% huit mois plus tôt. Ce sondage Ifop a été réalisé par téléphone à domicile les 26 et 27 août sur un échantillon de 957 personnes "représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus" selon la méthode des quotas. Nicolas Sarkozy a repris le collier en jouant l'apaisementAFP, Mise a jour : samedi 28 août 2010 11:57 Sur fond de sondages inquiétants pour lui, Nicolas Sarkozy a repris le collier en tentant d'apaiser les remous provoqués par sa politique sécuritaire et en renonçant à supprimer une niche fiscale pour familles d'étudiants, au risque de compliquer encore le difficile budget 2011.
AFP Nicolas Sarkozy à Noyers-sur-Jabron le 27 Août 2010 Après plusieurs semaines de réprobations à gauche et de tangage au sein même de sa majorité —vives critiques des expulsions de Roms, surenchère au gouvernement et à l'UMP sur la sécurité—, le chef de l'Etat, de retour de trois semaines de vacances au Cap Nègre, a voulu recadrer ses troupes. "La seule référence" qui vaille en matière de sécurité, c'est son discours du 30 juillet à Grenoble, "ni plus ni moins", a-t-il affirmé, lors du Conseil des ministres de rentrée, mercredi. A Grenoble, où des policiers avaient essuyé des tirs à balles réelles quelques jours plus tôt, M. Sarkozy avait établi clairement le lien entre insécurité et immigration, se prononçant pour la déchéance de la nationalité pour certains criminels d'origine étrangère. Ce discours très ferme et les images des Roms expulsés de leurs campements illégaux, avant leur renvoi en Roumanie et Bulgarie, ont provoqué une onde d'indignations en France et à l'étranger, jusqu'au clergé et au pape Benoît XVI. "Nous ne cèderons pas à ceux qui cherchent la polémique systématique et nous ne devons pas tomber dans une confrontation stérile", a insisté le président. Le lendemain, jeudi, M. Sarkozy s'est attaché à déminer un autre dossier, le plus délicat politiquement pour lui en cette rentrée, celui de la réforme des retraites. Son examen à l'Assemblée débutera le 7 septembre, jour de grèves et de manifestations que les syndicats prévoient "exceptionnelles". Lors d'une réunion à l'Elysée, avec François Fillon et les ministres Eric Woerth (Travail) et François Baroin (Budget), il a donné son accord de principe à des amendements retenant les "évolutions" attendues sur la pénibilité et les carrières longues, comme le demandaient les syndicats. Sur ce dossier, le président est "fébrile", a réagi Bernard Thibault (CGT), visiblement pas convaincu. "Le président veut faire passer le message, à quelques jours des manifestations, que tout n'est pas figé", analyse pour sa part un cadre de l'UMP. Avec la même volonté d'apaisement, M. Sarkozy a aussi effectué cette semaine un recul sur l'aide au logement aux étudiants, qui restera finalement cumulable avec la demi-part fiscale bénéficiant aux parents, et décidé d'accorder aux étudiants 9,5 mois de bourse en 2010 (au lieu de neuf mois), et dix en 2011. Ces mesures, qualifiés de "petits extincteurs" par Bernard Thibault, risquent de compliquer encore un peu plus la recherche d'un équilibre budgétaire pour 2011 mais l'exécutif peut considérer que le jeu en vaut la chandelle : elles touchent en priorité des classes moyennes que le pouvoir ne peut négliger, à un peu plus de vingt mois de l'élection présidentielle. Elles donnent également une impression de recentrage de la politique gouvernementale, au moment où la cote de popularité du président est au plus bas depuis 2007 (34 à 36% d'opinions favorables selon les enquêtes) et qu'une majorité des Français souhaite qu'il ne se représente pas. Sur la sécurité, "Nicolas Sarkozy a fait une erreur stratégique. Au lieu de se droitiser, il faut se recentrer pour essayer de gagner des voix au centre-gauche", a confié le même cadre UMP à l'AFP. "On ne fera pas la campagne de 2012 avec les thèmes de celle de 2007. La sécurité, l'immigration, c'est fini", ajoute-t-il. Roms : dans une ancienne gendarmerie, la "vie normale" d'une poignée de famillesAFP, Mise a jour : samedi 28 août 2010 11:21 L'inscription "gendarmerie nationale" qui barre la façade est trompeuse : depuis plusieurs années, les officiers en képi ont été remplacés par des familles Roms qui s'essaient à une "vie normale" dans ce bâtiment cossu de Saint-Maur-des-Fossés (Val-de-Marne).
AFP Une famille de Roms dans l'ancienne gendarmerie de Saint Maur des Fossés le 27 Août 2010 Gravée sur le fronton, la devise "Liberté, égalité, fraternité" a elle aussi résisté au temps mais elle cohabite désormais avec une antenne parabolique fixée à une fenêtre, seul signe extérieur de la mutation des lieux. Une fois passé le portail en fer forgé, la transformation est plus nette. Du linge sèche dans la cour intérieure et les box, qui abritaient autrefois des véhicules de gendarmerie, ont été reconvertis en débarras. Des fenêtres s'échappent des odeurs de café et les éclats de voix des familles. "Ici, on est comme tout le monde. Il y a l'eau et l'électricité, il y a la douche et les enfants vont à l'école. C'est une vie normale". A 36 ans, Cornel Varga mesure sa chance : depuis 2004, ce maçon vit en toute légalité avec sa femme et leurs trois enfants dans un trois-pièces, moyennant une simple indemnité d'occupation. Arrivé de Roumanie en 1997, il espère surtout avoir tiré un trait définitif sur l'époque des squats, des terrains insalubres et des évacuations. En 2004, après une énième expulsion, le conseil général du Val-de-Marne, dirigé par le PCF, avait accueilli les Roms dans cette ancienne gendarmerie dont il est propriétaire et qui venait de fermer ses portes dans le cadre du rapprochement avec la police nationale. "Nous étions dans l'expérimentation mais il fallait trouver des solutions pérennes. Ces familles n'avaient nulle part où aller", fait valoir Michel Coronas, chef de cabinet au conseil général, qui rappelle l'"hostilité" de la mairie à ce projet, implanté en plein quartier résidentiel. Les premiers pas n'ont pas été aisés. "Il y avait beaucoup plus de familles qu'aujourd'hui, il a fallu faire des travaux et trouver un mode de fonctionnement", raconte Laurence Alimi, membre de l'association Pour Loger qui gère ce lieu, selon elle, "unique" d'hébergement des Roms. Aujourd'hui, la trentaine de pensionnaires ne cachent pas leur soulagement. Dans les campements illégaux, "on se faisait réveiller par la peur. On n'avait pas le choix. Tu sais, personne ne veut vivre comme un clochard", estime David, le frère cadet de Cornel, installé avec sa famille au rez-de-chaussée de la gendarmerie. "C'est pas le même regard quand les gens voient que tu vis dans une maison et que tu vas travailler le matin", complète Cornel, qui s'est toutefois récemment retrouvé encerclé par plusieurs voitures de police dans son quartier : il avait égaré les clés de sa voiture et avait dû en forcer la porte. Papiers en règle, emplois fixes, logement licite : les Roms de l'ex-gendarmerie ne sont a priori pas visés par le démantèlement des campements illégaux et l'accélération des reconduites vers la Roumanie et la Bulgarie. Mais ils n'y sont pas indifférents. "On peut pas mettre tout le monde dans la même casserole. Dans une forêt, tu as des arbres qui sont beaux et d'autres avec des racines pourries. Il ne faut pas confondre ceux qui foutent la merde et les autres", analyse un jeune Rom de 36 ans, cintré dans un impeccable costume noir, et qui ne souhaite pas être identifié. "Nous, on fera jamais rien de mal parce qu'on a la crainte du seigneur Jésus-Christ", conclut-il. Déchéance de nationalité : Sarkozy va arbitrer entre Besson et HortefeuxAFP, Mise a jour : vendredi 27 août 2010 16:35 Le très controversé projet d'élargir les cas de déchéance de nationalité à des Français naturalisés condamnés ou pratiquant la polygamie suscite des désaccords entre ministres qui seront soumis la semaine prochaine à l'arbitrage de Nicolas Sarkozy.
AFP/Archives Eric Besson et Brice Hortefeux lors de la conférence des ambassadeurs à l'Elysée le 25 Août 2010 Les amendements appelés à figurer dans le projet de loi sur l'immigration soumis à partir du 27 septembre à l'Assemblée nationale par Eric Besson a fait mercredi l'objet d'une réunion à Matignon avec les trois ministères concernés : Justice, Intérieur et Immigration et Identité nationale. "Il va y avoir la semaine prochaine une réunion d'arbitrage" présidée par le chef de l'Etat "où chacun des ministres va apporter ses propositions", a déclaré M. Besson sur RMC. La déchéance de la nationalité a fait irruption dans le débat politique en avril avec le cas d'un Nantais d'origine algérienne, Liès Hebbaj, dont le ministre de l'Intérieur a demandé la retrait de la nationalité, le soupçonnant de "polygamie de fait" et de fraude aux prestations sociales. Tout en défendant la demande de Brice Hortefeux, d'un point de vue politique et moral, M. Besson a vite émis des réserves, arguant d'une mise en oeuvre "juridique complexe". Ces divergences apparaissent dans les propositions soumises à l'arbitrage du chef de l'Etat et révélées vendredi par Libération et Le Figaro.fr. M. Hortefeux a proposé un premier amendement créant un "délit de +polygamie de fait/escroquerie/abus de faiblesse+", selon Libération. Le second amendement - faisant référence à la demande de Nicolas Sarkozy de retirer la nationalité française "à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte" à la vie d'un policier, d'un gendarme ou de tout autre "dépositaire de l'autorité publique" - concernerait les étrangers naturalisés depuis moins de dix ans, et condamnés à "une peine d'au moins cinq années d'emprisonnement" pour "acte qualifié de crime ou délit" visant "une personne mentionnée au 4e (alinéa) de l'article 222-8 du code pénal". M. Besson a estimé que "les cas de déchéance doivent être réservés aux atteintes à l'autorité de l'État, à l'intégrité de la Nation". Il souhaite ainsi que soit déchue de sa nationalité "celui qui a été condamné à 8 (ou 10 ans) en France ou à l'étranger pour un acte qualifié de crime par la loi française et commis en particulier contre une personne dépositaire de l'autorité publique", selon Le Figaro.fr. Il veut aussi que l'acquisition de la nationalité française "ne soit pas automatique pour les jeunes ancrés dans la délinquance", a-t-dit début août. Sans évoquer explicitement la "polygamie", il prévoit un amendement obligeant les quelque 10.000 étrangers naturalisés chaque année à signer un "pacte républicain" les engageant à respecter les lois de la République et ses valeurs comme la laïcité et l'égalité hommes/femmes. Le ministère de la Justice a également fait des propositions, dans le même esprit que celles du ministère de l'Immigration, mais "plus juridiques", affirme le site du Figaro. Pour Dominique Rousseau, professeur de Droit à Montpellier, le Conseil constitutionnel ne devrait pas valider les deux amendements de M. Hortefeux, le premier amendement, cité par Libération, étant un "amendement bavard". "Or, pour que l'infraction soit constituée en matière pénale, il faut que le législateur la définisse de manière précise". Le second porte, selon lui, atteinte "au principe d'adéquation et de proportionnalité de la peine par rapport à l'infraction". "C'est tout sauf juridique, tout sauf efficace, tout sauf applicable", a commenté Christophe Régnard de l'Union syndicale des magistrats. Discrimination : l'ONU appelle la France à "éviter" le renvoi des Roms, Paris se défendAFP, Mise a jour : vendredi 27 août 2010 15:10 Le comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU (CERD) a appelé vendredi la France à "éviter" les renvois collectifs de Roms, s'inquiétant de "discours politiques discriminatoires" dans le pays.
AFP Des Roms reçoivent de la nourriture à Villeneuve d'Ascq le 27 Août 2010 Dans une série de recommandations publiées vendredi, à la suite de l'examen de la situation de la France envers ses minorités mi-août, les 18 experts du CERD se disent globalement préoccupés par "la tenue de discours politiques de nature discriminatoire en France" qui s'inscrivent en parallèle avec "une augmentation récente des actes et manifestations à caractère raciste et xénophobe". Il s'inquiètent plus particulièrement du sort des Roms, victimes d'une "montée (...) des violences à caractère raciste". Dénonçant les derniers renvois massifs de Roms en Bulgarie et en Roumanie, sans "leur consentement libre, entier et éclairé", ils demandent à la France "d'éviter en particulier les rapatriements collectifs" et "d'oeuvrer à des solutions pérennes". "C'est la question du jour", a expliqué le rapporteur pour la France, l'Américain Pierre-Richard Prosper, regrettant que la France "donne le sentiment" qu'elle n'étudie pas au cas par cas chaque situation et vise "un groupe" plutôt que des individus. Ces remarques du comité onusien viennent s'ajouter au vent de contestation en France et à l'étranger (Commission européenne, Conseil de l'Europe, Vatican) contre le virage sécuritaire annoncé fin juillet par le président français Nicolas Sarkozy, qui a enclenché une vague de renvois de population rom ainsi que le démantèlement de camps illégaux ces dernières semaines. Le chef de l'Etat avait également réclamé dans un discours prononcé à Grenoble la déchéance de la nationalité française pour meurtre de policier ou pour polygamie et lié délinquance et immigration, en visant directement les Roms et les gens du voyage. Le CERD a réagi vivement à ces sujets d'actualité. Concernant les gens du voyage, il a réclamé une nouvelle fois "l'abolition des titres de circulation" qui oblige ces personnes à obtenir un visa de circulation auprès de la police tous les trois mois. Cette demande avait été déjà formulée lors du dernier examen de la France par le comité en 2005. Cette fois, les experts onusiens donnent à Paris un an pour prendre des mesures adéquates sur le sujet ainsi que sur la question des Roms. Enfin, en allusion directe à la volonté gouvernementale de retirer la nationalité française en cas de délit grave, le CERD se dit "préoccupé par des informations selon lesquelles des mesures pourraient être prises dans les domaines de la citoyenneté avec des conséquences discriminatoires fondées sur l'origine nationale". "Sur la question des Roms, la France respecte scrupuleusement la législation européenne ainsi que ses engagements internationaux en matière de droits de l'Homme", a répondu Bernard Valero, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué. Reconnaissant que les Roms roumains ou bulgares jouissent, en tant que citoyens de l'Union européenne, "de la liberté de circulation et du droit au séjour sur le territoire des États membres", il rappelle que cela ne leur offre pas "un droit inconditionnel au séjour". Il précise que le maintien du séjour est conditionné par "le respect de l'ordre public" et "des ressources suffisantes", et que "l'appréciation de ces éléments résulte d'un examen particulier de chaque situation individuelle". Alors que la France a expulsé plus d'un millier de Roms depuis la fin juillet, Bernard Valero souligne que ces départs se sont accompagnés d'une "aide spécifique" (300 euros par adulte plus 100 euros par enfant). Fillon à Villepin : le drapeau français, "pas une banderole" pour écrire "un slogan"AFP, Mise a jour : jeudi 26 août 2010 19:28 François Fillon a affirmé jeudi que le drapeau français n'était "pas une banderole sur laquelle on écrit un slogan", allusion à l'attaque de Dominique de Villepin qualifiant de "tache de honte sur notre drapeau" la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy.
AFP François Fillon à Paris le 25 Août 2010 Dans un discours devant un parterre de diplomates français réunis à Matignon à l'occasion de la 18e Conférence des ambassadeurs, le Premier ministre a mis en garde contre les "grandiloquences hors de propos de ceux qui, aveuglés par leurs querelles personnelles, en arrivent à dénigrer la France". "Le drapeau de la France, ça n'est pas une banderole sur laquelle on écrit un slogan. Et respecter la France, c'est aussi respecter le président de la République, élu par les Français", a poursuivi François Fillon L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, président de République solidaire (RS), avait jugé que le virage sécuritaire inauguré lors du discours de Grenoble constituait une "faute morale, (une) faute collective commise en notre nom à tous, contre la République et contre la France". "Il y a aujourd'hui sur notre drapeau une tache de honte", avait-il ajouté. Alors que les initiatives du chef de l'Etat suscitent aussi de violentes critiques dans la presse étrangère, le chef du gouvernement a appelé les diplomates français à "expliquer" et "défendre la position française". "Avec le président de la République nous menons une politique résolue et juste" et "la France est suffisamment ouverte et généreuse pour pouvoir se montrer également ferme vis-à-vis de ceux qui ne respectent pas ses lois", a lancé François Fillon. "Gardons-nous des amalgames douteux et des références historiques mal venues, qui sont une insulte à l'Histoire", a-t-il aussi dit, allusion au parallèles entre la situation actuelle et la France de Vichy, faits par certains journaux étrangers. "La France est une démocratie et avec le président de la République nous agissons dans le strict respect de l'Etat de droit". Un journaliste affirmant avoir été giflé par un policier porte plainteAFP, Mise a jour : jeudi 26 août 2010 18:25 Un journaliste de France 3, qui avait affirmé avoir été giflé en juin par un des membres du service d'ordre de Nicolas Sarkozy en Seine-Saint-Denis, a porté plainte auprès de la police des polices (IGS), a-t-on appris jeudi de source judiciaire.
AFP/Archives Un journaliste reporter d'images de France 3 Une enquête est en cours, a-t-on indiqué par ailleurs de source policière. Le SNJ-CGT a précisé de son côté qu'il allait se joindre à cette plainte dès la semaine prochaine pour "atteinte à la liberté de la presse". Dans sa plainte, le journaliste reporter d'images de France 3 David Lassus affirme avoir été giflé par un membre du service d'ordre de Nicolas Sarkozy le 23 juin en Seine-Saint-Denis. Alors qu'il se trouvait à Saint-Denis pour un tout autre sujet, le journaliste raconte avoir "assisté à l'interpellation d'un jeune qui avait insulté le président", en visite surprise dans le département. "J'ai vu alors arriver à mon niveau deux individus mains en l'air en criant +on ne filme pas+". "Ces deux policiers en civil ont porté leurs mains sur la caméra pour empêcher le tournage. J'ai clairement précisé que j'étais journaliste. J'ai relevé l'objectif de la caméra pour la plaquer contre moi et poursuivre le tournage. C'est à ce moment là que l'un des policiers en civil m'a assené une gifle qui m'a atteint au niveau de la joue gauche", dit-il. "Le même policier s'est ensuite saisi de mon bras droit pour exécuter une clé de bras", ajoute le journaliste qui a déposé plainte pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique et atteinte à la liberté de la presse". En dépit des critiques, la France renvoie 250 Roms de plus vers la RoumanieAFP, Mise a jour : jeudi 26 août 2010 15:27 Ignorant les critiques internationales et en pleine visite de deux ministres roumains à Paris, la France a renvoyé jeudi plus de 250 Roms vers la Roumanie, le gouvernement disant même vouloir "accélérer" ces reconduites.
AFP Des roms à leur arrivée à l'aéroport de Satolas le 26 Août 2010 Après une série de vols médiatisés la semaine dernière, deux avions "spécialement affrétés" de la compagnie roumaine Blue Air pour transporter des Roms originaires de Roumanie ont décollé à la mi-journée de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle et de Lyon à destination de Bucarest. Ils étaient quelque 150 passagers à Roissy et une centaine à Lyon, des hommes, femmes et enfants, le visage fermé, sous bonne escorte policière. Chargés de valises ou de sacs en toile, ils ont embarqué dans le calme, sans faire de déclarations et dans la quasi-indifférence des autres passagers. Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, avait annoncé mercredi à l'AFP une "accélération des reconduites de ressortissants bulgares et roumains", sans dire explicitement qu'il s'agissait de membres de la communauté des Roms originaires de ces deux Etats de l'Union européenne. Avec les vols de jeudi, ce sont 8.313 Roumains et Bulgares qui ont été raccompagnés, en grande majorité "de manière volontaire", depuis le 1er janvier, contre 9.875 pour l'ensemble de l'année 2009, selon M. Besson. Ces chiffres ont été divulgués en pleine visite de concertation à Paris de deux ministres roumains. Valentin Mocanu, secrétaire d'Etat chargé de l'Intégration des Roms, et Dan Valentin Fatuloiu, secrétaire d'Etat chargé de l'Ordre et de la Sécurité publique, ont été reçus mercredi par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux en compagnie de M. Besson et du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche. Les deux pays ont souligné "la volonté des gouvernements roumain et français de mieux gérer les flux migratoires bilatéraux, de soutenir le renforcement des politiques d'intégration des populations défavorisées". Toutefois, M. Mocanu a mis en garde Paris contre une dérive vers le racisme et la xénophobie. Il doit revoir M. Lellouche dans l'après-midi. La France a été critiquée par l'ONU, la Commission européenne, le Conseil de l'Europe et par le Vatican pour sa politique à l'égard des Roms. La Commission a exprimé mercredi une "certaine inquiétude" et les socialistes au Parlement européen ont jeudi jugé "épouvantables" les reconduites de Roms, appelant l'UE à "condamner" la "violation" par la France de la législation européenne sur la libre circulation des personnes. En Turquie, des représentants d'associations de Roms ont protesté devant le consulat de France à Istanbul. Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, a critiqué la "surenchère verbale" à propos de la politique gouvernementale contre l'insécurité, tout en estimant "qu'on n'a pas vocation à accueillir tous les Roms en France". 48% des Français se disent favorables aux reconduites en Roumanie de Roms dont les camps ont été démantelés cet été, selon un sondage CSA pour le Parisien/Aujourd'hui en France. 42% des personnes interrogées sont opposées à ces renvois. Apaisant, le Premier ministre François Fillon avait appelé mardi à agir "avec fermeté, continuité et justice, sans laxisme ni excès" dans le dossier des Roms et à ne pas "instrumentaliser" la lutte contre l'immigration irrégulière. Simultanément, M. Hortefeux a annoncé que la délinquance de nationalité roumaine avait augmenté de 138% en 2009 par rapport à 2008. A7 bloquée à Lançon-de-Provence : les forains lèvent leur barrageAFP, Mise a jour : jeudi 26 août 2010 15:22 Les forains qui bloquaient depuis le début de la matinée l'autoroute A7 dans le sens nord-sud, au niveau du péage de Lançon-de-Provence (Bouches-du-Rhône), ont finalement levé leur barrage vers 14h30 a-t-on appris auprès de leur porte-parole.
AFP/Archives Un embouteillage à un péage En milieu de journée, la préfecture avait dépêché sur place les forces de l'ordre avec la consigne d'évacuer les voies de l'autoroute si les forains ne le faisaient pas d'eux-mêmes. "Il n'y a plus de barrage, nous avons décidé de lever le blocage car le préfet nous a promis de nous recevoir à 16h30 à Marseille", a affirmé à l'AFP le porte-parole pour le sud-est du syndicat Cidunati, Didier Girard. La circulation devrait rapidement retourner à la normale, le temps de nettoyer les voies notamment. En fin de matinée, les forains, qui demandaient un entretien avec le préfet de région, avaient prévu de lever leur blocage pour descendre en opération escargot vers Marseille, pour y manifester en début d'après-midi sur le Vieux-Port. Selon la préfecture, ils devaient être reçus en échange de l'évacuation de l'autoroute. Devant le refus des forains de dégager les voies, la décision avait été prise en préfecture de le faire, y compris par la force. Pour les quelque 250 forains du département des Bouches-du-Rhône sur place, c'est l'absence d'assurance ferme de la part du préfet de les recevoir en personne qui les avait fait rester sur leurs positions. "On est prêt à attendre demain ou après-demain pour être reçus mais on veut absolument que ce soit par le préfet de région", avait affirmé M. Girard à l'AFP. A partir de 06h00 du matin, toutes les voies de circulation avaient été bloquées par un convoi d'une trentaine de véhicules qui s'était installé au niveau de l'aire d'autoroute de Lançon-de-Provence, après le péage. Les automobilistes étaient contraints de contourner ce blocage en passant par l'aire, provoquant un effet "entonnoir", ce qui avait généré jusqu'à 10 km d'embouteillages, selon le centre régional d'information et de coordination routières (CRICR) Méditerranée. Les forains, à l'appel du syndicat national Cidunati des artisans de la fête, entendaient ainsi protester contre les décisions de certaines communes des Bouches-du-Rhône, notamment de communes littorales, les empêchant d'exercer leur activité. "Les élus ne doivent en aucun cas violer la loi de la République en entravant la liberté du travail et la liberté du commerce", affirme un communiqué du syndicat, rappelant "des accords passés et entérinés avec l'association des maires de France". Les sanctions à l'école vont être revues pour entrer en vigueur en 2011AFP, Mise a jour : jeudi 26 août 2010 14:55 L'échelle des sanctions contre les violences à l'école va être revue, avec une tolérance zéro pour les écarts de comportement mais un recours moins systématique aux exclusions, celles temporaires étant limitées à huit jours pour éviter le décrochage scolaire.
AFP/Archives Des enfants jouent dans une cour de récréation "La philosophie générale est de redonner du sens aux sanctions à l'école pour les rendre plus efficaces, car celles existantes ne sont plus adaptées aujourd'hui", a déclaré à l'AFP le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, en déplacement jeudi au Danemark sur les rythmes scolaires. "Une sanction pour être efficace doit être connue, ce qui n'est pas toujours le cas, comprise, juste, graduée et dans certains cas systématique. Il faut que l'on sache que quand on dégrade un bien, quand on insulte un professeur ou quand on s'en prend à un autre élève, on est systématiquement sanctionné", a-t-il ajouté. Ainsi, d'une part, toute "violence verbale" donnera lieu à une procédure disciplinaire et toute violence physique à un conseil de discipline. En cas de violence verbale, "il y aura convocation systématique dans le bureau du proviseur et éventuellement sanction", a-t-on précisé dans l'entourage du ministre, en soulignant qu'il s'agit de "respecter l'adulte". En cas d'atteinte physique, le proviseur saisira le conseil de discipline qui décidera de la sanction, a-t-on ajouté. D'autre part, la refonte de l'échelle des sanctions conduira à rendre aux expulsions leur caractère exceptionnel, notamment en supprimant les exclusions temporaires de plus de huit jours, car elles aboutissent trop souvent à du "décrochage scolaire". Par ailleurs, des mesures d'utilité collective vont être "institutionnalisées", soit en les imposant, soit en donnant le choix à l'élève en cause entre la sanction classique et la mesure d'utilité collective (par exemple une activité de solidarité ou de formation au sein d'une association). Cette nouvelle échelle des sanctions devrait pouvoir entrer en vigueur dans les établissements scolaires "à partir de janvier 2011", a précisé à l'AFP M. Chatel, après la réunion d'un Conseil supérieur de l'éducation (CSE) le 23 septembre puis la publication de deux décrets. Enfin, pour gérer les conflits quotidiens, une "commission de vie scolaire", présidée par le chef d'établissement qui en choisit les membres, sera chargée de répondre aux comportements inadaptés. Dans les cas les plus graves, ces commissions pourront se tourner vers les "établissements de réinsertion scolaire" (ERS) créés à partir de cette rentrée. Une dizaine de ces internats pour les élèves "les plus perturbateurs" doivent être progressivement mis en place cette année. Un ERS est déjà prévu dans les Alpes-maritimes. Selon le Bulletin officiel de l'Education nationale, ils sont destinés à des élèves du secondaire de 13 à 16 ans "qui ont fait l'objet de multiples exclusions" et prendront en charge "un effectif global de 15 à 30 élèves pour une durée d'un an au moins" avec "un encadrement renforcé". Ces mesures s'inscrivent dans le cadre du chantier ouvert par les états généraux sur la sécurité à l'école, réunis en avril après plusieurs incidents graves début 2010 dont la mort d'un lycéen poignardé par un camarade de classe. La refonte de l'échelle des sanctions avait été préconisée dans un rapport que le ministre Luc Chatel avait demandé au criminologue Alain Bauer. Les socialistes européens appellent l'UE à condamner les reconduites de RomsAFP, Mise a jour : jeudi 26 août 2010 12:26 Les socialistes européens ont jugé jeudi "épouvantables" les reconduites de Roms par la France et appelé l'Union européenne à "condamner" la "violation" par Paris de la loi européenne sur la libre circulation des personnes.
AFP Martin Schulz à Strasbourg le 29 Octobre 2009 "La façon dont ont été traités récemment les Roms en France a été épouvantable et il n'est pas possible qu'elle ne soulève aucune contestation", a estimé le chef du groupe socialiste au Parlement européen, Martin Schulz, cité dans un communiqué. "Leurs droits ont été bafoués pour des raisons populistes et électorales par un gouvernement en perte rapide de soutien", a-t-il ajouté. "La France a bafoué la loi européenne", ont estimé les socialistes européens, qui "appellent l'UE à condamner la violation de la loi sur la liberté de circulation". "Les informations sur la prise d'empreinte digitale des expulsés indiqueraient, si elles sont vraies, une autre violation de la loi, particulièrement de la Charte des droits fondamentaux de l'Union européenne", ont-ils ajouté. Les socialistes demandent en conséquence que la Commission européenne et la présidence de l'UE fassent des "déclarations" sur ce sujet lors de la prochaine session plénière du Parlement européen à Strasbourg début septembre. La libre circulation des personnes est un droit fondamental des citoyens de l'UE, mais il existe des restrictions. Selon une directive (loi) européenne de 2004, les citoyens de l'UE peuvent librement circuler en Europe et demeurer jusqu'à trois mois dans le pays de leur choix à condition d'avoir un passeport ou une carte d'identité valide. Au-delà de trois mois, il faut avoir un emploi, être étudiant ou disposer de ressources suffisantes pour ne pas devenir une charge pour le système d'assistance sociale et disposer d'une assurance maladie. Par ailleurs, des restrictions à la libre circulation peuvent exister, notamment pour des raisons d'ordre public mais en se fondant alors uniquement sur la conduite individuelle de la personne concernée. La décision doit alors lui être notifiée, avec détail des motifs. Sauf en cas d'urgence justifié, le délai doit être d'au moins un mois pour partir. Insécurité : le cardinal Vingt-Trois critique la surenchère verbaleAFP, Mise a jour : jeudi 26 août 2010 11:29 Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, a critiqué jeudi sur Europe 1 la "surenchère verbale" en France à propos de la politique gouvernementale contre l'insécurité.
AFP/Archives Le cardinal André Vingt-Trois à Paris le 16 Janvier 2010 "Je trouve qu'il s'est développé un climat malsain dans notre société, dans une espèce de surenchère verbale entre différentes positions et une sorte de concours à celui qui paraîtra le plus sécuritaire et à celui qui paraîtra le plus moral", a déclaré le prélat, ajoutant que "dans une société civilisée et paisible, cette opposition doit se gérer d'une façon sereine et autrement que par des effets de manche". Mgr Vingt-Trois a aussi estimé "qu'on n'a pas vocation à accueillir tous les Roms en France". Interrogé sur sa future rencontre avec le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le cardinal a déclaré : "Je ne vais pas le voir pour le faire changer sa manière de faire, je vais lui dire ce que les catholiques pensent, la manière dont ils éprouvent les mesures qui sont prises, la manières dont elles sont mises en oeuvre et pour lui rappeler qu'il y a un certain nombre de limites qu'il ne faut pas franchir". M. Hortefeux avait annoncé mercredi qu'il allait rencontrer le cardinal Vingt-Trois dans les 15 jours après les critiques émises par l'Eglise catholique contre la politique française à l'égard des Roms. En pleine visite de ministres roumains à Paris, la France renvoie ce jeudi 300 romsAFP, Mise a jour : jeudi 26 août 2010 06:43 En pleine visite de deux ministres roumains à Paris, la France doit renvoyer en avion ce jeudi près de 300 Roms vers la Roumanie, portant à 8.300 le nombre de Roumains et de Bulgares raccompagnés depuis le début de l'année.
AFP Pierre Lellouche et Valentin Mocanu le 25 Août 2010 Le ministre de l'Immigration, Eric Besson, a annoncé à l'AFP une "accélération des reconduites de ressortissants bulgares et roumains", sans parler explicitement de Roms originaires de ces deux Etats membres de l'Union européenne. Après deux premières séries de vols la semaine dernière, deux vols "spécialement affrétés" transportant des Roms partiront ce jeudi, l'un de Paris avec 158 personnes, et l'autre de Lyon avec 125 personnes, a dit M. Besson. La France s'est dite mercredi déterminée à "accélérer" les reconduites de Roms, avec déjà plus de 8.000 Roumains et Bulgares renvoyés cette année, un chiffre annoncé en pleine de deux ministres roumains et au moment où Bruxelles a exprimé son "inquiétude". A la date du 26 août, ce sont 8.313 ressortissants roumains et bulgares "en situation irrégulière" qui auront été expulsés depuis le 1er janvier, a-t-il précisé. En 2009, 9.875 Roumains et Bulgares en situation irrégulière avaient été reconduits, dont 6.626 de "manière volontaire", selon M. Besson. Les "retours volontaires" sont pris en charge par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (Ofii) qui verse en plus une aide de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfant. Simultanément, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux recevait deux responsables roumains - Valentin Mocanu, secrétaire d'Etat chargé de l'Intégration des Roms, et Dan Valentin Fatuloiu, secrétaire d'Etat chargé de l'Ordre et de la Sécurité publique - en compagnie de M. Besson et du secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche. "Tout s'est bien passé dans un esprit constructif et amical", a déclaré M. Besson. "Nous avons évoqué la coopération policière et les aspects sociaux" de la "réintégration des ressortissants roumains" renvoyés chez eux, a-t-il ajouté. M. Fatuloiu a assuré qu'il s'agissait de "retours volontaires (...) de citoyens roumains" et que les relations franco-roumaines étaient "excellentes depuis des siècles". Dans un communiqué commun apaisant, les ministres ont souligné "la volonté des gouvernements roumain et français de mieux gérer les flux migratoires bilatéraux, de soutenir le renforcement des politiques d'intégration des populations défavorisées". Depuis plusieurs semaines, la France est critiquée à l'étranger et par l'Eglise catholique pour sa politique à l'égard des Roms. La Commission européenne a ainsi exprimé mercredi dans un communiqué une "certaine inquiétude". "D'un côté, je reconnais parfaitement que c'est de la seule responsabilité des Etats membres de l'UE à veiller à l'ordre public et à la sécurité de leurs citoyens sur leur territoire national", a déclaré Viviane Reding, commissaire chargée de la Justice et des Droits fondamentaux. Mais "d'autre part, j'attends que tous les Etats membres respectent les règles partagées de l'UE sur la libre circulation, la non-discrimination et les valeurs communes de l'Union européenne, notamment le respect des droits fondamentaux, y compris les droits des personnes appartenant à des minorités". "Nous respectons scrupuleusement les législations européenne et française", a répondu M. Besson et "je n'ai pas entendu le nombre du quart d'un demi-grief" de la part des Roumains. Et pour justifier sa politique, le gouvernement a divulgué des statistiques de la délinquance perpétrée par des Roumains à Paris, des chiffres ciblant de manière inédite une nationalité étrangère spécifique. M. Hortefeux a annoncé que la délinquance de nationalité roumaine avait augmenté de 138% en 2009 (3.151 faits contre 1.323 en 2008). Selon une "étude des services de police", sur les six premiers mois de l'année 2010, cette délinquance a augmenté de 51,1% par rapport aux six premiers mois de 2008 et 49% des faits de délinquance commis par des Roumains le sont par des mineurs. Insécurité : pour Valls, la gauche devra mener "une politique répressive sans complexe"AFP, Mise a jour : mercredi 25 août 2010 23:49 Le député-maire PS d'Evry Manuel Valls a estimé mercredi qu'en matière de "lutte contre l'insécurité", la gauche devra s'"attaquer aux causes du fléau tout en assumant une politique répressive sans complexe".
AFP/Archives Manuel Valls sur les bancs de l'Assemblée nationale le 13 Juillet 2010 Sur son blog, où il aborde la question de l'insécurité, Manuel Valls dénonce "l'échec patent de Nicolas Sarkozy" et plaide pour "une gauche décomplexée" en la matière. "Je fais partie de ceux qui plaident pour un discours de gauche décomplexé contre la délinquance et débarrassé de toute forme d'angélisme", écrit-il. "Face à un président adepte des formules simplistes qui pratique le +bougisme+ sans rien résoudre, il faut affirmer que la lutte contre l'insécurité est un problème complexe (...) Nous devons tout à la fois nous attaquer aux causes du fléau tout en assumant une politique répressive sans complexe", affirme-t-il. Parmi les moyens à mettre en oeuvre, l'élu de l'Essonne cite "le soutien à la parentalité", l'éducation "qui doit redevenir la priorité des priorités" ainsi que "rétablir la confiance entre police et population". Il juge que "le concept de police de proximité imaginé il y a 10 ans n'est sans doute plus opératoire aujourd'hui dans des quartiers où la loi s'applique difficilement". Comme le député PS de l'Essonne Julien Dray, M. Valls pense qu'"il faut des unités spécialisées liées géographiquement et durablement à ces territoires" et propose de recruter des policiers issus des "quartiers" "à condition qu'ils soient formés, bien payés, bien encadrés". Manuel Valls propose, comme l'a déjà fait Michel Destot, député-maire PS de Grenoble et président de l'Association des maires des grandes villes de France, l'organisation d'"Etats généraux sur la sécurité" pour "répondre efficacement à l'une des préoccupations majeures des Français". Sondage : 48% des Français favorables aux reconduites de Roms en RoumanieAFP, Mise a jour : mercredi 25 août 2010 22:35 48% des Français se disent favorables aux reconduites en Roumanie de Roms dont les camps ont été démantelés cet été, selon un sondage CSA pour le Parisien/Aujourd'hui en France à paraître jeudi.
AFP/Archives Des policiers encadrent des Roms sur le départ à Roissy le 20 Août 2010 D'après ce sondage, 42% des Français sont opposés à ces renvois, tandis que que 10% des personnes interrogées ne se prononcent pas. Ces mesures recueillent 70% d'opinions favorables chez les sympathisants de droite, jusqu'à 83% parmi les sondés proches du Front national, et seulement 29% chez les sympathisants de gauche. Parmi ces derniers, 61% des personnes interrogées se disent opposées aux reconduites de Roms. Le sondage a été réalisé par téléphone les 24 et 25 août auprès d'un échantillon national représentatif de 1.000 personnes âgées de 18 ans et plus constitué d'après la méthode des quotas. La France s'est dite mercredi déterminée à "accélérer" les reconduites de Roms, avec déjà plus de 8.000 Roumains et Bulgares renvoyés cette année, un chiffre annoncé en pleine visite à Paris de ministres roumains et au moment où Bruxelles a exprimé son "inquiétude". Environ 15.000 Roms vivent en France, où ils bénéficient des règles de libre-circulation de l'UE mais vivent souvent dans des abris de fortune. Après trois mois passés en France, sans domicile ni sources de revenus, ils sont dans l'illégalité et deviennent expulsables. Chatel souhaite une procédure disciplinaire pour les "violences verbales" à l'écoleAFP, Mise a jour : mercredi 25 août 2010 22:04 Les "violences verbales" feront l'objet d'une procédure disciplinaire, mais les exclusions de plus de huit jours vont être supprimées, dans le cadre de la refonte des sanctions à l'école, a annoncé le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, dans Le Figaro de jeudi.
AFP Conférence de presse de Luc Chatel le 24 Août 2010 "Toute violence verbale à l'égard des personnels entraînera une procédure disciplinaire, et toute violence physique donnera lieu à un conseil de discipline. L'idée est qu'il ne faut jamais laisser se perdre la riposte de l'institution", a-t-il déclaré. "Mais, d'un autre côté, il faut que l'exclusion -de la classe ou de l'établissement- retrouve son caractère exceptionnel. Et nous supprimons les exclusions temporaires de l'établissement de plus de huit jours, qui participent au décrochage scolaire", a-t-il ajouté. Ces dispositions vont s'inscrire dans le cadre de la refonte des sanctions que le ministre présentera le 23 septembre au Conseil supérieur de l'éducation (CSE) et qui feront l'objet ensuite de deux décrets. Pour gérer les conflits quotidiens, "nous institutionnalisons la commission de vie scolaire", a aussi annoncé M. Chatel. "Le chef d'établissement la préside et en choisit les membres. Elle examine la situation d'élèves au comportement inadapté et y apporte une réponse éducative. Dans les cas les plus graves, ces commissions pourront se tourner vers les établissements de réinsertion scolaire que nous créons à partir de cette rentrée. Les élèves les plus difficiles y seront accueillis pour au moins un an", a-t-il expliqué. "Parallèlement, nous voulons développer les sanctions alternatives, comme les mesures d'utilité collective. Le but est que les élèves prennent conscience de la gravité de leur acte et réparent. Cela peut prendre la forme d'une activité de solidarité ou de formation au sein d'une association, ou d'une réparation à l'intérieur de l'établissement", a ajouté M. Chatel. Immigration et Roms, Villepin salue "l'esprit de mesure" de FillonPARIS (AFP) - 25/08/2010 21:32 L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a salué mercredi "l'esprit de mesure" dont a fait preuve selon lui François Fillon, son successeur à Matignon, en intervenant mardi sur le thème de l'immigration clandestine et des Roms.
Dominique de Villepin à Mantes La Jolie le 1er Juin 2010 "Vous me permettrez de me féliciter de l'esprit de mesure qui a été celui du Premier ministre hier", a-t-il déclaré sur France 3. M. Fillon avait appelé mardi à agir "avec fermeté, continuité et justice, sans laxisme ni excès" dans le dossier des Roms et à ne pas "instrumentaliser" la lutte contre limmigration irrégulière. Evoquant la rencontre mercredi entre des ministres roumains et français autour du dossier des Roms, M. de Villepin a estimé que "nous aurions dû commencer par cela, se concerter avec la Roumanie et avec les Européens pour trouver les solutions qui ne peuvent être trouvées qu'à l'échelle de l'Europe". Prônant la "fidélité à nos valeurs républicaines", le président de République solidaire (RS) a rappelé les critiques exprimées par le pape Benoît XVI et par "un certain nombre de voix au comité compétent de l'ONU et la presse internationale pour dénoncer ce visage de la France qui n'est pas celui que nous avons toujours connu". Lui-même avait parlé d'une "tache de honte" sur le drapeau français. Comment a-t-il pu renouveler malgré tout son adhésion à l'UMP cet été ? "C'est totalement cohérent quand on est issu d'une famille politique, la famille gaulliste que l'on situe plus traditionnellement à droite", a-t-il assuré. M. de Villepin entend ainsi mener son "combat à l'intérieur de (sa) famille politique d'origine et au sein de République solidaire", le parti qu'il a créé en juin. Pour autant, "la droite ne se reconnaît pas" selon lui dans la politique sécuritaire du gouvernement. Pour M. de Villepin, il s'agit désormais de "tourner cette page, de se concentrer sur l'essentiel, une politique de sécurité qui marche, les problèmes de l'emploi ou les déficits".
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