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SECURITE : LE BOULET QUI VIRE A LA BOULETTE (TER)
Deux secrétaires d'Etat roumains, concernés par la question des Roms, effectuent aujourd'hui et demain une visite à Paris alors que la France poursuit la reconduite des membres de cette communauté dans leur pays d'origine. Nicolas Sarkozy effectue sa rentrée mercredi en réunissant le premier Conseil des ministres d'après les vacances d'été, sur fond de morosité économique et budgétaire et de polémiques persistantes sur son virage sécuritaire, qui provoque des remous dans sa propre majorité. François Fillon est sorti mardi du silence dans lequel il se cantonnait depuis le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy sur la sécurité pour mettre en garde contre une "instrumentalisation de la lutte contre l'immigration clandestine", aussi bien à gauche qu'à droite. Quelque 635 Roms ont été reconduits dans leur pays depuis le 28 juillet, date à laquelle Nicolas Sarkozy a organisé une réunion sur les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms", a indiqué mardi le ministre de l'Immigration, Eric Besson. Dominique de Villepin a renouvelé mardi ses attaques contre la politique sécuritaire du gouvernement en faisant état d'un "malaise" de plusieurs ministres, préfets ou ambassadeurs face à Nicolas Sarkozy, ce qui a suscité une importante contre-offensive de l'exécutif. Le pape Benoît XVI et deux hommes d'Eglise français ont exprimé dimanche leur désapprobation, après les expulsions de Roms par les autorités françaises dans le cadre de la politique sécuritaire renforcée du président Nicolas Sarkozy. Ségolène Royal se demande "de qui se moque" Brice Hortefeux quand il s'en prend à "la gauche milliardaire" alors qu'"il y a actuellement un clan au pouvoir qui utilise l'Etat à des fins personnelles et au profit d'un groupe de milliardaires bénéficiant du bouclier fiscal". Dans la ville minière de Petrosani (ouest), sinistrée économiquement, des Roms tout juste renvoyés de France comme Gabriel avouent leur angoisse pour l'avenir et déplorent que des hommes politiques français jouent sur "la haine de la race" pour les pousser à partir Le Parti socialiste a accusé samedi le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux de "mensonges", à propos des effectifs policiers qu'il avance dans une interview accordée au Monde daté de dimanche-lundi. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, défend sa politique sécuritaire en s'attaquant "au petit milieu politico-médiatique parisien" et à "la gauche milliardaire" qu'il juge éloignés "de la réalité de la société française", dans une interview au Monde publiée samedi. La France, critiquée pour sa politique d'expulsions de Roms, estime n'avoir "pas de leçons à recevoir", alors que s'est poursuivi vendredi le renvoi de Roumains et de Bulgares vers leur pays, motivé par la lutte contre l'insécurité, après des vols très médiatisés jeudi. La presse roumaine était très critique vendredi sur la politique française à l'égard des Roms, jugée "hypocrite", "inefficace", et pour certains médias destinée uniquement à faire croître le président Nicolas Sarkozy dans les sondages. En croisade contre l'insécurité, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a annoncé avec fracas la reconduite en Roumanie de Roms dont les camps ont été démantelés cet été, une opération qui n'a "rien d'exceptionnel", a relativisé son collègue de l'Immigration, Eric Besson. Roms : deux ministres roumains en visite à ParisAFP, Mise a jour : mercredi 25 août 2010 06:48 Deux secrétaires d'Etat roumains, concernés par la question des Roms, effectuent aujourd'hui et demain une visite à Paris alors que la France poursuit la reconduite des membres de cette communauté dans leur pays d'origine. Valentin Mocanu, secrétaire d'Etat chargé de l'Intégration des Roms, et Dan Valentin Fatuloiu, secrétaire d'Etat chargé de l'Ordre et de la Sécurité publique, doivent être reçus par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le ministre de l'Immigration Eric Besson et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche. La visite d'abord annoncée pour le 30 août, a été avancée, a-t-on confirmé au Quai d'Orsay. Deux réunions sont prévues mercredi place Beauvau et jeudi au Quai d'Orsay. "Je vais leur demander d'aider à la réinstallation chez eux, dans leur pays, des membres de cette communauté". "La France fait un effort (...) il appartient naturellement aux autorités roumaines d'accompagner cet effort", a déclaré lundi matin M. Hortefeux sur Europe 1. "On peut attendre d'eux une meilleure coopération dans la réinsertion de leurs propres ressortissants puisque ce sont leurs ressortissants", a déclaré de son côté Eric Besson sur France Inter. Selon le ministre de l'Immigration, 216 Roms ont été reconduits dans leur pays la semaine dernière sur un total estimé entre 800 et 850 "dans le courant du mois d'août".
AFP/Archives Une femme de la communauté Rom en partance pour Bucarest le 20 août 2010 à l'aéroport Charles de Gaulle à Roissy Hier, le Premier ministre François Fillon est sorti du silence dans lequel il se cantonnait depuis le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy sur la sécurité pour mettre en garde contre une "instrumentalisation de la lutte contre l'immigration clandestine", aussi bien à gauche qu'à droite. Alors que la virulence des attaques de Dominique de Villepin contre la politique sécuritaire à l'oeuvre focalisait l'attention, une réunion de ministres sur les Roms à Matignon non annoncée à l'agenda, a mis François Fillon au premier plan du dossier. Dans un communiqué aux termes pesés au trébuchet, publié à l'issue de la rencontre, le Premier ministre a appelé à agir "avec fermeté, continuité et justice, sans laxisme ni excès", dans ce dossier dont le chef de l'Etat a fait une priorité de l'été. "François Fillon a rappelé que les actions entreprises cet été sont conformes à la législation française et européenne. La très grande majorité des reconduites dans les pays d'origine sont volontaires", soulignent les services du Premier ministre. Désireux "d'approfondir le travail de coordination avec les autorités roumaines et bulgares et d'accentuer les initiatives dans le cadre européen", le Premier ministre français saisira dès mercredi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ajoute le texte. Sarkozy sonne la rentrée politique sur fond de polémique sécuritaireAFP, Mise a jour : mercredi 25 août 2010 06:54 Nicolas Sarkozy effectue sa rentrée mercredi en réunissant le premier Conseil des ministres d'après les vacances d'été, sur fond de morosité économique et budgétaire et de polémiques persistantes sur son virage sécuritaire, qui provoque des remous dans sa propre majorité.
AFP/Archives Nicolas Sarkozy entre Christine Lagarde, François Baroin et François Fillon, le 20 août 2010 au Fort de Brégançon De retour de trois semaines de vacances au Cap-Nègre, le chef de l'Etat est rattrapé par les violentes critiques qui agitent la classe politique depuis son discours musclé de Grenoble en juillet, où il s'est prononcé pour la déchéance de la nationalité pour certains criminels d'origine étrangère et le renforcement des mesures d'expulsion contre les Roms. Après l'indignation de l'opposition et le rappel à la fraternité du pape Benoît XVI, la polémique a largement mordu ces derniers jours sur sa majorité. Deux anciens Premiers ministres, Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin, ont respectivement dénoncé la "dérive droitière" de l'UMP et des mesures "d'indignité nationale". Leur successeur François Fillon est sorti mardi d'un long silence, interprété par certains comme une gêne ou un malaise, en estimant que "la lutte contre l'immigration irrégulière" ne devait "pas être instrumentalisée de part et d'autre". Il a également annoncé qu'il saisirait mercredi le président de la Commission européenne José Manuel Barroso sur la question des Roms. Afin d'être prêt pour ce mercredi, le chef de l'Etat avait organisé dès vendredi au fort de Brégançon (Var) une sorte de pré-rentrée sous forme de mini-sommet économique, en présence de M. Fillon et des ministres de Bercy, Christine Lagarde (Economie) et François Baroin (Budget). Nicolas Sarkozy y a confirmé le tour de vis imprimé à sa politique budgétaire au début de l'été, en annonçant la suppression de 10 milliards d'euros de niches fiscales, aussitôt qualifiée de "hausse d'impôt" déguisée par l'opposition. Il a également pris acte de la fragilité de la reprise économique en révisant à 2% au lieu de 2,5% les prévisions de croissance pour 2011. Dernier écueil de cette rentrée particulièrement difficile pour le gouvernement, la périlleuse réforme des retraites dont l'examen doit débuter dès le 7 septembre au Parlement. Les syndicats ont déjà promis pour le même jour une mobilisation "exceptionnelle" contre ce texte. Sécurité : Fillon appelle à ne pas "instrumentaliser" l'immigrationFrançois Fillon est sorti mardi du silence dans lequel il se cantonnait depuis le discours de Grenoble de Nicolas Sarkozy sur la sécurité pour mettre en garde contre une "instrumentalisation de la lutte contre l'immigration clandestine", aussi bien à gauche qu'à droite.
Un gendarme marche dans la cour de l'Hôtel Matignon © AFP/Archives Thomas Coex Alors que la virulence des attaques de Dominique de Villepin contre la politique sécuritaire à l'oeuvre focalisait l'attention, une réunion de ministres sur les Roms à Matignon non annoncée à l'agenda, a mis François Fillon au premier plan du dossier. Dans un communiqué aux termes pesés au trébuchet, publié à l'issue de la rencontre, le Premier ministre a appelé à agir "avec fermeté, continuité et justice, sans laxisme ni excès", dans ce dossier dont le chef de l'Etat a fait une priorité de l'été. "La lutte contre l'immigration irrégulière ne doit pas être instrumentalisée de part et d'autre. La tradition humaniste de la France va de pair avec le respect de ses lois par tous ceux qui se trouvent sur son territoire", répond M. Fillon aux critiques émanant notamment d'une partie de la droite et de la hiérarchie catholique. Après le discours de Grenoble du 30 juillet, plusieurs membres de la majorité avaient multiplié les initiatives sécuritaires, dans une "course à l'échalote" dénoncée à gauche mais aussi à droite. "François Fillon a rappelé que les actions entreprises cet été sont conformes à la législation française et européenne. La très grande majorité des reconduites dans les pays d'origine sont volontaires", soulignent les services du Premier ministre. Désireux "d'approfondir le travail de coordination avec les autorités roumaines et bulgares et d'accentuer les initiatives dans le cadre européen", le Premier ministre français saisira dès mercredi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, ajoute le texte. François Fillon, donné par certains comme sur le départ de Matignon, à l'occasion du prochain remaniement, n'avait pas encore évoqué le sujet depuis la fin juillet, un silence qui a pu être interprété comme un désaccord avec cette stratégie de reconquête d'une partie de l'électorat populaire tenté par le FN. Après avoir évoqué la veille "une tache de honte sur notre drapeau", l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin a renouvelé mardi ses attaques en faisant état d'un "malaise" de ministres, préfets ou ambassadeurs face à Nicolas Sarkozy. La contre-attaque a été rapide, coordonnée par trois membres du gouvernement : Christian Estrosi (Industrie), Luc Chatel (porte-parole) et Benoist Apparu (Logement). "On voit bien qu'il instrumentalise une fois de plus le drapeau français, tout simplement pour nourrir une vieille petite haine recuite", a taclé le premier. "La rancoeur ne doit pas effacer la mémoire", a ajouté le second, rappelant que la politique en matière d'immigration avait été en partie établie lorsque M. de Villepin était Premier ministre (2005-2007). Mais un autre ancien Premier ministre de Jacques Chirac est venu ajouter sa voix aux protestations venues de la droite : Jean-Pierre Raffarin. Il a déploré une "dérive droitière" de l'UMP, qu'il "convient de corriger". Et a dénoncé "des propositions absurdes" comme "celles qui consistent à mettre les parents (jugés défaillants, ndlr) en prison", mesure avancée par le député Eric Ciotti, ou à "sanctionner les maires" dont l'action sécuritaire est jugée insuffisante. Une proposition du ministre de l'Industrie Christian Estrosi. Eric Besson : 635 Roms reconduits depuis le 28 juilletAFP, Mise a jour : mardi 24 août 2010 19:49 Quelque 635 Roms ont été reconduits dans leur pays depuis le 28 juillet, date à laquelle Nicolas Sarkozy a organisé une réunion sur les "problèmes que posent les comportements de certains parmi les gens du voyage et les Roms", a indiqué mardi le ministre de l'Immigration, Eric Besson.
AFP/Archives Le ministre de l'Immigration arrive à l'Elysée pour participer à une réunion sur les Roms et les Gens du voyage, le 28 juillet 2010 à Paris. A la fin août, le nombre de reconduites se situera "autour de 950", a ajouté le ministre, soulignant qu'il n'y avait "pas d'objectif chiffré" car il s'agissait d'une "opération récurrente". Depuis le début de l'année, plus de 5.000 Roms ont été reconduits en Roumanie et en Bulgarie. En 2009, le nombre de Roms reconduits a été de 10.000. Contre les critiques venant du camp même du pouvoir, le ministre a encore défendu la politique du gouvernement français en matière d'accueil des étrangers qui, selon lui, est "particulièrement vertueuse" et "plus généreuse que la moyenne des pays européens". "Je ne vois pas un pays capable de nous donner des leçons" en la matière, a affirmé M. Besson, selon lequel les Français sont les "champions du monde de l'autoflagellation" parce que "nous n'avons pas digéré Vichy, nous n'avons pas digéré la colonisation et la décolonisation". Assurant que ça ne lui faisait "pas plaisir" de reconduire les Roms, le ministre a affirmé qu'il appliquait les lois de la République et les règles européennes, mettant au défi quiconque de dire "en quoi nous avons manqué" à ces lois et à ces règles. Sécurité : Villepin renouvelle ses attaques, le gouvernement répliqueAFP, Mise a jour : mardi 24 août 2010 17:10 Dominique de Villepin a renouvelé mardi ses attaques contre la politique sécuritaire du gouvernement en faisant état d'un "malaise" de plusieurs ministres, préfets ou ambassadeurs face à Nicolas Sarkozy, ce qui a suscité une importante contre-offensive de l'exécutif.
AFP/Archives Dominique de Villepin lors du lancement de son parti politique République solidaire (RS) le 19 juin 2010 à Paris Après avoir évoqué la veille "une tache de honte sur notre drapeau", l'ancien Premier ministre, surfant sur l'embarras d'une partie de la majorité, a assuré que cette politique n'était pas celle "de la droite" et que "les gaullistes", "les démocrates-chrétiens", "les catholiques sociaux" la rejetaient. "Je rencontre un certain nombre de ministres qui sont malheureux et mal à l'aise" avec cette offensive sécuritaire visant notamment les Roms, a encore fait valoir le président de République solidaire (RS), estimant que c'était également le cas de nombreux "préfets et ambassadeurs". Face à cette voix discordante, qui s'ajoute aux nombreuses critiques formulées depuis le discours musclé de Nicolas Sarkozy le 30 juillet à Grenoble, trois membres du gouvernement s'en sont pris à l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac (2005-2007), toujours membre de l'UMP. "On voit bien qu'il instrumentalise une fois de plus le drapeau français, tout simplement pour nourrir une vieille petite haine recuite", a attaqué le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, un proche du chef de l'Etat. "La politique que mène le gouvernement en matière d'immigration (...) c'est une politique qui trouve sa base sur le droit, sur des textes législatifs dont certains ont été votés en 2006 quand Dominique de Villepin était Premier ministre", a rappelé le porte-parole du gouvernement Luc Chatel. "La rancoeur ne doit pas effacer la mémoire", a-t-il ajouté. Interrogé par l'AFP, le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu a lui réfuté tout "malaise" au sein du gouvernement. "Je ne sais pas sur quoi" Dominique de Villepin se fonde mais "je peux lui dire que l'ensemble du gouvernement est très heureux et très à l'aise avec cette politique", a-t-il assuré. "Quand il parle du malaise des ministres, il traduit son propre état psychologique : +zut, zut, zut, je ne suis plus aux affaires+", a encore ironisé Benoist Apparu. La virulence des propos tenus par Dominique de Villepin, silencieux jusque là, a surpris dans les rangs de la droite. "Ce sont des propos tellement excessifs qu'ils en sont troublants", avance un ancien ministre, qui juge "qu'il y a des mots qu'on ne peut pas employer en restant dans le même parti". Pied de nez du calendrier, Dominique de Villepin a renouvelé son adhésion à l'UMP durant l'été le jour même du discours de Grenoble marquant un nouveau virage à droite de l'exécutif. "Ca en dit long sur l'incohérence" du personnage, tacle encore le même ex-ministre. Jean-Pierre Raffarin a lui aussi jugé "excessifs" les propos de M. de Villepin, estimant pour sa part que Nicolas Sarkozy avait été "à la hauteur de sa fonction" dans le débat. L'ex-Premier ministre a toutefois dénoncé la surenchère en oeuvre à l'UMP, "une dérive droitière qu'il convient de corriger". Il a également exhorté François Fillon à sortir de son silence sur ces questions pour "expliquer les valeurs d'équilibre" de la majorité. Dans la polémique, Dominique de Villepin a aussi pu compter sur le soutien d'un proche, le député François Goulard, qui a estimé que le président Sarkozy s'était "pris les pieds dans le tapi" en espérant "rameuter la droite, voire l'extrême droite". Expulsions de Roms : la France rappelée à l'ordre par le pape et des religieuxAFP, Mise a jour : lundi 23 août 2010 00:17 Le pape Benoît XVI et deux hommes d'Eglise français ont exprimé dimanche leur désapprobation, après les expulsions de Roms par les autorités françaises dans le cadre de la politique sécuritaire renforcée du président Nicolas Sarkozy.
AFP Le pape Benoît XVI, le 22 août 2010 à Castel Gandolfo Devant des pèlerins français, dimanche à sa résidence d'été de Castel Gandolfo, le pape a appelé à l'accueil des hommes de toutes origines. "Les textes liturgiques de ce jour nous redisent que tous les hommes sont appelés au salut. C'est aussi une invitation à savoir accueillir les légitimes diversités humaines, à la suite de Jésus venu rassembler les hommes de toute nation et de toute langue", a-t-il déclaré lors de la prière de l'Angelus. "Chers parents, puissiez-vous éduquer vos enfants à la fraternité universelle", a-t-il ajouté. Le pape n'avait pas encore pris position sur les renvois de Roms en Roumanie et en Bulgarie, leurs pays d'origine. Mais les mesures françaises avaient été critiquées par le secrétaire du Conseil pontifical pour les migrants et les gens du voyage, Agostino Marchetto. Il avait déclaré vendredi à l'AFP que "les expulsions en masse de Roms vont à l'encontre des normes européennes". "Il y a un principe de proportionalité dans les réactions qu'on peut avoir vis-à-vis des délinquants. On ne peut pas généraliser et prendre tout un groupe de personnes et les expulser. La responsabilité est personnelle, elle n'est pas collective", avait-il précisé. Après plusieurs faits divers médiatiques, Nicolas Sarkozy avait annoncé fin juillet que les camps illégaux de Roms seraient démantelés et certains criminels d'origine étrangère déchus de leur nationalité française. Les mesures établissant un lien entre immigration et insécurité ont commencé à être mises en application jeudi et vendredi, avec l'expulsion vers la Roumanie et la Bulgarie de plus de 200 Roms. Cette politique s'est attirée les critiques de la gauche française, de quelques responsables de droite, mais aussi de dirigeants roumains et du Conseil de l'Europe. Dimanche, en écho aux propos de Benoît XVI, deux hommes d'Eglise français ont confié leur émotion et même leur colère. Le père Arthur, un prêtre de Lille (nord), a fait savoir qu'en signe de protestation contre le sort réservé aux Roms, il avait écrit au ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux pour refuser la médaille de l'Ordre national du Mérite, l'une des plus hautes distinctions françaises qui lui a été attribuée. "Je prie, je vous demande pardon, pour que M. Sarkozy ait une crise cardiaque", a-t-il même déclaré dans un premier temps après la messe, avant d'assurer un peu plus tard dans la journée qu'il regrettait ces propos. "Depuis trois mois, c'est une guerre que cette communauté subit", a ajouté le père Arthur, très engagé dans la défense des Roms. L'archevêque d'Aix-en-Provence et d'Arles (sud-est), Mgr Christophe Dufour, a de son raconté avoir été témoin du démantèlement d'un camp de Roms, jeudi dernier. "Des caravanes ont été détruites. Je ne mets pas en cause les forces de police qui obéissent aux ordres. Mais je demande le respect des personnes et de leur dignité", a-t-il déclaré dimanche dans un communiqué. "Les discours sécuritaires qui peuvent laisser entendre qu'il y a des populations inférieures sont inacceptables. Ces personnes, citoyens européens, vivent pour la plupart paisiblement ici", a-t-il ajouté. La position de fermeté du gouvernement français a été rappelée au cours du week-end par Brice Hortefeux, pour qui elle "rassemble les Français". Les critiques, assure-t-il, émanent essentiellement du "petit milieu politico-médiatique parisien" et de "la gauche milliardaire". "Gauche milliardaire" : "de qui se moque" Hortefeux ?, demande RoyalAFP, Mise a jour : dimanche 22 août 2010 20:13 Ségolène Royal se demande "de qui se moque" Brice Hortefeux quand il s'en prend à "la gauche milliardaire" alors qu'"il y a actuellement un clan au pouvoir qui utilise l'Etat à des fins personnelles et au profit d'un groupe de milliardaires bénéficiant du bouclier fiscal".
AFP/Archives Ségolène Royal, le 4 juillet 2010 à Rochefort Le ministre de l'Intérieur a défendu sa politique sécuritaire en s'attaquant "au petit milieu politico-médiatique parisien" et à "la gauche milliardaire" qu'il juge éloignés "de la réalité de la société française", dans une interview au Monde publiée samedi. Dans un entretien au Parisien-Aujourd'hui en France à paraître lundi, la présidente PS de Poitou-Charentes, interrogée sur ces propos, déclare : "De qui se moque-t-il ?" "Je rappelle qu'il y a actuellement un clan au pouvoir qui utilise l'Etat à des fins personnelles et au profit d'un groupe de milliardaires bénéficiant du bouclier fiscal et des distributions de légions d'honneur", affirme-t-elle. "Tout accrédite la suspicion d'un trafic d'influence au profit des milliardaires financiers de l'UMP régulièrement réunis par Nicolas Sarkozy, Eric Woerth et Brice Hortefeux", selon l'ex-candidate à la présidentielle. "Sur ces malversations, il n'y a toujours pas d'enquête ni de juge d'instruction, ce qui serait inimaginable dans n'importe quelle autre démocratie", argue-t-elle. A Petrosani, ville minière, l'angoisse des Roms renvoyés de FranceAFP, Mise a jour : samedi 21 août 2010 22:31 Dans la ville minière de Petrosani (ouest), sinistrée économiquement, des Roms tout juste renvoyés de France comme Gabriel avouent leur angoisse pour l'avenir et déplorent que des hommes politiques français jouent sur "la haine de la race" pour les pousser à partir
Des Roumains marchent dans les rues de Petrosani, à 360 km de Bucarest, le 20 août 2010 "Je suis dégoûté par les problèmes ici en Roumanie. L'industrie est terminée, je ne sais pas à quoi me raccrocher ni quoi faire pour entretenir ma famille", confie à l'AFP Gabriel, un père de famille de 33 ans, qui préfère taire son nom. Il fait partie des premières dizaines de personnes rapatriées de France après le durcissement de la politique du président français Nicolas Sarkozy contre les gens du voyage et les Roms d'Europe de l'Est. Arrivé avec 60 compatriotes dans un vol Lyon-Bucarest jeudi, il vient, après un long voyage en train, de retrouver Colonia, un quartier de corons construits à Petrosani aux heures de gloire, aujourd'hui oubliées, du charbon. Jusqu'en 1990, la région comptait 45.000 mineurs. Aujourd'hui, il ne sont plus que 8.000 dit le maire, Tiberiu Iacob-Ridzi. Le chômage atteint 11%, contre 7,4% en Roumanie. Gabriel était parti en France pour échapper à la pauvreté. Il vivait à Grenoble (est de la France) depuis un an, avec sa famille dont un bébé né en France. Il réussissait à travailler au noir dans des garages. Sa femme avait été employée comme vendeuse, avant d'être enceinte. Grâce au conseil général de l'Isère, ils avaient pu être logés dans une chambre d'hôtel. "On commençait à prendre nos racines en France", dit-il. "La Roumanie, c'est notre pays natal, je l'aime, mais la France te donne la possibilité de vivre, ici c'est la possibilité de mourir", dit son père Vasile, charpentier, qui venait parfois en France. Gabriel aurait voulu rester. "A cause de motifs politiques, on m'a poussé à revenir en Roumanie", dit-il. Officiellement, il a choisi la procédure du "retour volontaire" assortie de 300 euros par adulte et 100 euros par enfant. "On ne peut pas nommer retour volontaire ce qu'ils font eux (les autorités françaises, ndlr) car ils font pression et quelques hommes politiques jouent sur la haine de la race", dit-il. Le gouvernement français et le président Nicolas Sarkozy sont accusés en France et à l'étranger de stigmatiser les Roms après le démantèlement accéléré de camps et le lien fait entre ces populations et délinquance. "Bien sûr, il y a des gens bien et des gens qui se comportent mal dans notre communauté mais ce sont les gens bien qui souffrent", regrette Gabriel. Selon des sources gouvernementales roumaines, aucune des personnes rapatriées dans les vols de jeudi et vendredi n'a commis d'infraction. Gabriel loue les citoyens français "qui veulent vraiment t'aider" mais les autorités étaient "de plus en plus dures". Il veut trouver du travail ici mais n'exclut pas de repartir à l'étranger. Cristinela Ionescu, Roumaine rom de 35 ans, diplômée de sociologie et de journalisme, a fondé une association de défense des Roms qui propose des formations professionnelles. "On ne renvoie pas les gens avec 300 euros en poche en leur disant retourne d'où tu viens. En tant qu'être humain et que citoyen, je suis de là où je me sens bien", dit-elle. Elle a convenu avec le maire de faire une enquête dans les jours qui viennent pour identifier les besoins des familles. La mairie aidera comme elle peut, offrant si possible de petits travaux voire une aide financière. A Petrosani des programmes roumano-européens de constructions de logements pour les Roms sont en cours. Mais la crise économique demeure le problème majeur dans une Roumanie qui devrait être encore en récession en 2010. Effectifs policiers : Hortefeux "ment" sur les chiffres, accuse le PSAFP, Mise a jour : samedi 21 août 2010 18:49 Le Parti socialiste a accusé samedi le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux de "mensonges", à propos des effectifs policiers qu'il avance dans une interview accordée au Monde daté de dimanche-lundi.
AFP/Archives Le Ministre de l'intérieur Brice Hortefeux discute avec des policiers à l'hôtel de police de Lyon, le 12 août 2010 Pour Jean-Jacques Urvoas, secrétaire national à la sécurité, le ministre est dans la "manipulation" quand "il affirme qu'il y a aujourd'hui plus de policiers et de gendarmes que lorsque la gauche était au pouvoir", en avançant le chiffre de "145.100 policiers contre 143.258 policiers en 2001". "Brice Hortefeux ment et il le sait. Le chiffre qu'il avance est celui du +plafond d'emploi+, parfaitement virtuel. En réalité, les personnels dits actifs, hors adjoints de sécurité, sont 117.925, soit exactement 10.891 de moins qu'en 2002 !", écrit-il dans un communiqué. Pour le PS, Brice Hortefeux est par ailleurs dans le "déni de réalité quand il évoque +les résultats particulièrement positifs+ que sa politique entraînerait", alors que "les atteintes volontaires à l'intégrité physique (...) ont fait un bond de 18% en trois ans". Jean-Charles Urvoas l'accuse enfin d'"enfermement dogmatique quand il répète que +la première des préventions, c'est la certitude de la sanction+" alors que "depuis trois ans, faute de moyens, 53.000 peines de prison pourtant prononcées par les tribunaux ne sont toujours pas exécutées". "J'invite donc le ministre à regarder la réalité en face et à corriger sa politique qui ne fait qu'accumuler les échecs, en demandant et en obtenant des financements pour renforcer les effectifs et les moyens de la police et de la gendarmerie", conclut le PS. Hortefeux attaque le "milieu politico-médiatique parisien" et la "gauche milliardaire"AFP, Mise a jour : samedi 21 août 2010 17:15 Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, défend sa politique sécuritaire en s'attaquant "au petit milieu politico-médiatique parisien" et à "la gauche milliardaire" qu'il juge éloignés "de la réalité de la société française", dans une interview au Monde publiée samedi.
AFP Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux s'exprime, le 17 août 2010 lors d'un déplacement à Toulon Interrogé sur les critiques contre sa politique sécuritaire, M. Hortefeux estime qu'il ne faut "pas confondre le petit milieu politico-médiatique parisien et la réalité de la société française !". "Vous êtes aveuglés par le sentiment dominant des soi-disant bien-pensants, qui, en se gargarisant de leur pensée, renoncent à agir", poursuit-il. "La réalité, c'est que l'action engagée sous l'autorité du président de la République rassemble les Français", affirme le ministre, balayant les critiques exprimées à droite. "Que certaines voix de la gauche milliardaire aient du mal à le comprendre ne me trouble pas du tout, bien au contraire !", dit-il. Interrogé sur les rapatriements de Roms en situation irrégulière, M. Hortefeux se défend "de stigmatiser telle ou telle communauté", ajoutant ne trouver dans les critiques "aucune solution alternative, aucune proposition crédible, aucune initiative réfléchie". Sur les remarques de la Commission européenne, jugeant que la France "doit respecter les règles", il invite cette dernière "à mobiliser ses efforts et ses crédits sur des programmes de réinsertion" des Roms. "Sur la sécurité et l'immigration, comme sur la fiscalité ou les retraites, la gauche se tait, car elle n'a strictement rien à dire. Son silence est un programme", attaque M. Hortefeux, jugeant que le Front national "a tort" de jubiler. "Tout n'est pas résolu, mais j'affirme une chose simple et vraie : notre pays est aujourd'hui un des plus sûrs de la planète", se félicite le ministre, assurant que la police "est revenue dans des quartiers où elle n'allait plus". Dans les quartiers sensibles, dit-il, "nous ne cédons pas un centimètre de terrain aux crapules qui voudraient y faire la loi". Il réfute tout "malaise" dans la police et la gendarmerie, en raison notamment des suppressions de postes, affirmant qu'en 2011 leurs effectifs globaux atteindront à 99,5% ceux d'aujourd'hui. Roms : Paris poursuit les expulsions, malgré les critiques internationalesAFP, Mise a jour : samedi 21 août 2010 11:28 La France, critiquée pour sa politique d'expulsions de Roms, estime n'avoir "pas de leçons à recevoir", alors que s'est poursuivi vendredi le renvoi de Roumains et de Bulgares vers leur pays, motivé par la lutte contre l'insécurité, après des vols très médiatisés jeudi.
AFP Des Roms expulsés s'apprêtent le 20 août 2010 à embarquer à Roissy pour retourner en Roumanie, sous le regard de policiers Un groupe de 124 Roms est arrivé à l'aéroport de Timisoara, dans l'ouest de la Roumanie, selon les chiffres communiqués par la police aux frontières roumaine. Dans la soirée, un premier groupe de treize Roms bulgares reconduits de France est pour sa part arrivé à Sofia. "Il ne s'agit pas d'un rapatriement, mais d'un retour volontaire", a précisé à l'AFP la porte-parole du ministère bulgare des Affaires étrangères, Vessela Tcherneva. Le ministre français de l'Immigration, Eric Besson, avait annoncé que 139 Roms de Roumanie seraient expulsés par un vol depuis Paris vendredi, après le renvoi jeudi de 86 personnes vers la Roumanie, le premier depuis l'annonce fin juillet par Nicolas Sarkozy de mesures sécuritaires ciblant les immigrés. A Timisoara, les rares expulsés qui ont accepté de parler n'ont pas caché leur colère et leur envie de "repartir en France" pour échapper à la pauvreté. Face à la montée des critiques, Paris a défendu sa politique. "La France est le pays d'Europe le plus respectueux en matière de droits des étrangers et notamment des étrangers en situation irrégulière, ou - soyons plus modestes - l'un des pays les plus respectueux, donc nous n'avons pas de leçons à recevoir", a ainsi assuré Eric Besson. D'ici la fin du mois d'août, le nombre des personnes reconduites devrait atteindre "à peu près 850", a-t-il précisé. Ces expulsions ne sont, selon le gouvernement, qu'une accélération d'un processus à l'oeuvre depuis des mois, puisque plus de 25 vols de ce genre ont eu lieu depuis le début de l'année. Les Roms seraient 15.000 en France, où ils vivent souvent dans des squats. Le gouvernement les accuse d'exploiter leurs enfants à des fins de mendicité et de trafics, tandis que l'opposition dénonce un "racisme officiel". En Roumanie, la politique française passe mal. "J'ai le sentiment que l'on stigmatise un groupe dans son ensemble. C'est contraire à la tradition française de respect des droits de l'Homme", a déclaré au journal Le Parisien Valentin Mocanu, secrétaire d'Etat à la Solidarité, chargé du dossier des Roms. La presse roumaine a aussi dénoncé une "hypocrisie" française. Paris et Bucarest se rejoignent cependant pour demander davantage de mobilisation de l'Union européenne. Le ministre français de l'Intérieur, Brice Hortefeux, "attend que la Commission européenne démontre toute sa valeur ajoutée dans l'accès des Roms à l'éducation, à l'emploi et au logement par exemple", alors que le président roumain Traian Basescu a réclamé un "programme européen d'intégration". Mais Bucarest se voit reprocher à Bruxelles de ne pas présenter de projets concrets pour utiliser les aides massives disponibles depuis l'adhésion de la Roumanie à l'UE. La France n'est pas le seul pays européen à faire face à la question rom et à pratiquer des expulsions, mais Nicolas Sarkozy a choisi de médiatiser fortement ces actions et a fait un lien entre immigration et insécurité. "Les évacuations de camps roms en France et leurs expulsions de France et d'Allemagne risquent d'attiser les sentiments racistes et xénophobes en Europe", a averti vendredi le président de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe, le Turc Mevlüt Çavusoglu. Un responsable du Vatican a également critiqué la politique française. "Les expulsions en masse de Roms vont à l'encontre des normes européennes", a déclaré à l'AFP le secrétaire du Conseil pontifical pour les migrants et les gens du voyage, Agostino Marchetto. Roms : Paris défend sa politique face aux critiques internationalesAFP, Mise a jour : vendredi 20 août 2010 16:26 La France, critiquée pour sa politique d'expulsions de Roms, estime n'avoir "pas de leçons à recevoir", alors que s'est poursuivi vendredi le renvoi de Roumains vers leur pays, motivé par la lutte contre l'insécurité, après des vols très médiatisés jeudi.
AFP Une Rom ramasse des affaires sous l'oeil d'une policière lors d'une procédure d'expulsion le 20 août 2010 à Lille. Un avion transportant environ 130 Roms a quitté vendredi l'aéroport parisien de Roissy à destination de Timisoara, en Roumanie, a constaté une journaliste de l'AFP. Arrivés à l'aéroport encadrés par la police, le visage fermé, ils n'ont fait aucune déclaration à la presse. Le ministre français de l'Immigration Eric Besson avait annoncé que 139 Roms seraient expulsés vers Timisoara vendredi, après le renvoi jeudi de 86 personnes vers la Roumanie, le premier depuis l'annonce fin juillet par Nicolas Sarkozy de mesures sécuritaires ciblant les immigrés. "La France est le pays d'Europe le plus respectueux en matière de droits des étrangers et notamment des étrangers en situation irrégulière, ou - soyons plus modestes - l'un des pays les plus respectueux, donc nous n'avons pas de leçons à recevoir", a assuré le ministre. D'ici la fin du mois d'août, le nombre des personnes reconduites devrait atteindre "à peu près 850", a-t-il précisé. Ces expulsions ne sont, selon le gouvernement, qu'une accélération d'un processus à l'oeuvre depuis des mois, puisque plus de 25 vols de ce genre ont eu lieu depuis le début de l'année. Les Roms seraient 15.000 en France, où ils vivent souvent dans des squats. La ministre de la famille, Nadine Morano, les a accusés d'exploiter leurs enfants à des fins de mendicité et de trafics, ce qui a conduit un député socialiste, Arnaud Montebourg, à lui reprocher d'instaurer "une sorte de racisme officiel". En Roumanie, la politique française passe mal. "J'ai le sentiment que l'on stigmatise un groupe dans son ensemble. C'est contraire à la tradition française de respect des droits de l'Homme. Cela donne une mauvaise image de la France", a déclaré au journal Le Parisien Valentin Mocanu, secrétaire d'Etat à la Solidarité, chargé du dossier des Roms. La presse roumaine a aussi dénoncé une "hypocrisie" française. Paris et Bucarest se rejoignent cependant pour demander davantage de mobilisation de l'Union européenne. Le ministre français de l'Intérieur Brice Hortefeux "attend que la Commission européenne démontre toute sa valeur ajoutée dans l'accès des Roms à l'éducation, à l'emploi et au logement par exemple", alors que le président roumain Traian Basescu a réclamé un "programme européen d'intégration". Mais Bucarest se voit reprocher à Bruxelles de ne pas présenter de projets concrets pour utiliser les aides massives disponibles depuis l'adhésion de la Roumanie à l'UE. Les Roms sont entre 530.000 et 2,5 millions en Roumanie. Si Bucarest a fait des progrès dans l'accès à l'éducation, les Roms souffrent encore de discriminations sur le marché du travail et dans le logement. La France n'est pas le seul pays européen à faire face à la question rom et à pratiquer des expulsions mais Nicolas Sarkozy a choisi de fortement médiatiser ces actions et a fait un lien officiel entre immigration et insécurité. Pour Theodore Shaw, professeur à l'université Columbia de New York et expert sur les droits civiques, "la violence contre les Roms est déjà très banale, particulièrement en Europe centrale". "Si le gouvernement (français) cible les Roms, alors ceux qui sont déjà engagés dans la xénophobie se trouveront confortés", a-t-il ajouté. Vendredi, un responsable du Vatican a à son tour critiqué la politique française. "Les expulsions en masse de Roms vont à l'encontre des normes européennes", a déclaré à l'AFP le secrétaire du Conseil pontifical pour les migrants et les gens du voyage, Agostino Marchetto. La presse roumaine critique après le renvoi de Roms par ParisAFP, Mise a jour : vendredi 20 août 2010 11:08 La presse roumaine était très critique vendredi sur la politique française à l'égard des Roms, jugée "hypocrite", "inefficace", et pour certains médias destinée uniquement à faire croître le président Nicolas Sarkozy dans les sondages.
AFP Un policier contrôle l'identité de Roms, dans un camp à Aix-en-Provence, le 19 août 2010. "Le président Nicolas Sarkozy veut faire monter sa cote dans les sondages et il a commencé une véritable croisade contre les camps de Roms en France qu'il démolit avant de renvoyer les citoyens roumains à la maison", écrit le quotidien Gândul (La pensée). Le journal rappelle toutefois que le renvoi de 86 Roms vers la Roumanie jeudi, le premier depuis le durcissement du gouvernement français sur ce sujet, n'est pas du tout un phénomène nouveau. "Paris a dépensé 11 millions d'euros en 2009 pour rapatrier 10.177 Roms vers la Bulgarie et la Roumanie" selon la même procédure, écrit le quotidien, rappelant que des milliers de rapatriements ont déjà eu lieu en 2010. Nombre de personnes renvoyées sont revenues, reconnaissent des officiels roumains et français. "Renvoyer les Roms d'un lieu vers un autre, sans leur donner d'alternative, aggrave les choses même si l'image transmise est que +cela résout le problème+", estime dans un commentaire pour le premier quotidien du pays Adevarul (La vérité) Oana Marinescu, consultante spécialisée dans les affaires étrangères. "L'affirmation selon laquelle le pays d'origine est responsable des problèmes associés aux Roms dans les pays de destination (...) annule la responsabilité qu'a un pays d'immigration d'organiser les relations sociales entre ses habitants, même temporaires", ajoute-t-elle. Pour sa part, l'éditorialiste du journal Romania Libera (La Roumanie libre) qualifie la politique française "d'hypocrite". Dans le "commentaire du jour" du même quotidien, l'analyste politique Cristian Parvulescu qualifie de "raciste" la "dérive antirom de la France sarkozyste" tout en estimant qu'elle semble faire partie d'une "stratégie pour reconquérir l'électorat perdu". Reconduites de Roms : Besson relativise les annonces fracassantes d'HortefeuxAFP, Mise a jour : jeudi 19 août 2010 00:09 En croisade contre l'insécurité, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a annoncé avec fracas la reconduite en Roumanie de Roms dont les camps ont été démantelés cet été, une opération qui n'a "rien d'exceptionnel", a relativisé son collègue de l'Immigration, Eric Besson.
AFP/Archives Des personnes de la communauté Roms dans un camp de Lyon, le 29 juillet 2010. Ressortissants de l'Union européenne depuis 2007 mais soumis à un régime transitoire jusqu'en 2014, les Roumains peuvent entrer et rester en France trois mois sans aucune formalité, ce qui complique la tâche du gouvernement pour déterminer leur date d'arrivée et pouvoir ainsi éventuellement les renvoyer. Dans la ligne d'une réunion le 28 juillet à l'Elysée sur les Roms et les gens du voyage, où Nicolas Sarkozy avait promis la reconduite "quasi immédiate" vers la Bulgarie ou la Roumanie de ceux "qui auraient commis des atteintes aux biens ou des fraudes", M. Hortefeux a annoncé mardi le renvoi d'ici à fin août des 700 personnes issues de 51 camps démantelés cet été. Le ministre, qui s'était engagé à faire démanteler dans les trois mois la moitié des quelque 600 camps illégaux, a précisé mardi que le premier vol transportant des Roms partirait jeudi. Il a ainsi ravivé le sombre souvenir des vols spéciaux ou "charters", inaugurés en 1986 par Charles Pasqua, avec leurs centaines de voyageurs renvoyés contre leur gré et sous escorte policière dans leurs pays d'origine. Mais Eric Besson, ancien socialiste, a immédiatement tenu à préciser qu'"il n'y a(vait) pas de vols spéciaux vers la Roumanie". "Nous sommes dans le cadre de procédures classiques de reconduite de ressortissants étrangers en situation irrégulière dans leur pays d'origine", a-t-il dit, insistant sur le caractère "volontaire" de reconduites, sans escorte policière, contrairement aux expulsions, parfois violentes. Les 79 Roms appelés à embarquer jeudi ont accepté l'aide au retour humanitaire (ARH) de 300 euros par adulte et de 100 euros par enfant. Une aide distincte de l'aide au retour volontaire (ARV), d'un montant de 2.000 euros par adulte, réservée aux étrangers non européens. Confirmant des informations de Bucarest, le ministère de l'Intérieur a indiqué mercredi qu'outre le vol de jeudi, qui partira "d'un aéroport de province", deux vols seront organisés vendredi et le 26 août vers la Roumanie. Ces trois vols sont affrétés par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), auprès d'une compagnie privée, a-t-on ajouté de même source. Vendredi, le vol sera organisé pour "une centaine de personnes" et le 3ème vol, le 26 août, partira de l'aéroport Charles-de-Gaulle à Roissy, a également indiqué le ministère. M. Besson a souligné de son côté que le vol de jeudi serait le 25e organisé par son ministère et par l'Ofii depuis le début de l'année vers la Roumaine et la Bulgarie. En 2009, 44 vols de ce type avaient eu lieu. Trois vols "affrétés" étant seulement prévus d'ici à la fin du mois, selon M. Hortefeux, l'objectif des 700 reconduites semble hors d'atteinte. D'ailleurs, Laurent El Ghozi, du collectif Roms Europe, n'y croit pas. Pour lui, la plupart des 700 Roms expulsés de leurs campements se "sont installés ailleurs" ou "se sont évanouis dans la nature". M. El Ghozi évalue aussi à seulement 10% la proportion de personnes qui acceptent l'ARH - pour certaines plusieurs fois sous de fausses identités - puis qui reviennent en France, où vivent environ 15.000 Roms. M. Besson a reconnu que les personnes reconduites - citoyens de l'UE - pouvaient revenir en France "puisque c'est la loi". Mais "elles ne pourront pas y stationner en situation irrégulière et a fortiori recevoir l'ARH", a-t-il ajouté. Il compte sur la mise en place de la biométrie prévue par le fichier Oscar (Outil simplifié de contrôle des aides au retour) pour mettre fin à cette "noria" et aux fraudes. Créé par un décret du 26 octobre 2009, Oscar est déjà actif sous forme de bases de données comprenant l'identité des personnes ayant déjà encaissé le pécule de l'ARH.
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