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SECURITE : LE BOULET QUI VIRE A LA BOULETTE (SUITE)
Les éditorialistes de la presse reviennent largement mardi sur les critiques de l'Eglise contre le virage "ultra sécuritaire" de Nicolas Sarkozy, insistant sur leurs conséquences électorales ainsi que sur le "silence éloquent" du Premier ministre François Fillon. Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, s'est dit "surpris" mardi de commentaires roumains et bulgares accusant la France de "déporter" les roms, et appelé ces deux pays à "prendre leurs responsabilités" à l'égard de leurs citoyens. Julien Dray, député PS de l'Essonne, estime dans une interview à paraître mardi dans Le Parisien, que le Parti socialiste, "à ce stade", "ne répond pas encore au défi" que posent les problèmes de sécurité. Au lendemain des critiques du clergé et du rappel à l'ordre de Benoît XVI au gouvernement sur sa politique à l'égard des Roms, le virage sécuritaire engagé par Nicolas Sarkozy a continué lundi de susciter l'indignation de politiques, du PS au FN en passant par Dominique de Villepin. En pleine polémique sur les expulsions de Roms, des responsables policiers émettent des critiques sur l'application des mesures gouvernementales d'évacuation de camps illégaux de Roms, à l'instar de ce que dénonce un directeur de la police dans une note officielle à sa hiérarchie. Le porte-parole adjoint de l'UMP Dominique Paillé a fait son "petit quart d'heure Ségolène Royal" lors du point de presse hebdomadaire de son parti, en ironisant sur "les propos toujours intelligents de cette femme politique" au lendemain de son interview dans Le Parisien. Yannick Noah a condamné lundi la politique du gouvernement concernant les expulsions de Roms, estimant qu'il vaudrait mieux "leur tendre la main plutôt que leur donner un coup de pied au cul". Un médecin anesthésiste de Pau, Anne-Marie Gouvet, engagée auprès d'organisations humanitaires, a décidé de refuser la Légion d'honneur en protestation contre la politique d'expulsions menée par le gouvernement, a-t-on appris lundi auprès de l'intéressée. Le PS a estimé lundi que les critiques du pape Benoît XVI et d'hommes d'Eglise qui viennent après celles de "l'ONU et de pays européens", contre les expulsions de Roms par le gouvernement, mettent la France "au ban des nations en matière de droits de l'Homme". Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux s'est dit lundi "tout à fait disposé" à recevoir le président de la conférence épiscopale, le cardinal André Vingt-Trois, après les critiques émises par l'Eglise catholique contre la politique française à l'égard des Roms. Deux secrétaires d'Etat roumains, concernés par la question des Roms, vont effectuer mercredi et jeudi une visite à Paris alors que la France poursuit la reconduite des membres de cette communauté dans leur pays d'origine, a-t-on appris lundi auprès du ministère de l'Immigration. Après l'Eglise, la presse sermonne Sarkozy et s'étonne du silence de FillonAFP, Mise a jour : mardi 24 août 2010 06:50 Les éditorialistes de la presse reviennent largement mardi sur les critiques de l'Eglise contre le virage "ultra sécuritaire" de Nicolas Sarkozy, insistant sur leurs conséquences électorales ainsi que sur le "silence éloquent" du Premier ministre François Fillon. Les coups de semonce du clergé, jusqu'au pape Benoît XVI, se concentrent sur les mesures d'expulsion contre les roms et Dominique Quinio rappelle dans La Croix qu'"en fractionnant le corps social, en dressant les uns contre les autres, on joue avec le feu, dans un moment où la cohésion nationale se délite". Par ses prises de positions, "l'Eglise se fonde sur le principe absolu de la tolérance envers les étrangers et la sollicitude envers les déshérités", explique le directeur de Libération Laurent Joffrin, qui se demande, si après avoir stigmatisé samedi "les +bien-pensants+ de Saint-Germain-des-Prés", le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux va "maintenant fustiger les bien-pensants de Saint-Pierre de Rome". Les conséquences politiques peuvent être lourdes pour le président car "un rappel à l'ordre chrétien émanant du Vatican n'est jamais un cadeau pour un gouvernement. Encore moins lorsqu'il s'agit d'un gouvernement de droite censé trouver ses soutiens les plus fidèles parmi l'électorat catholique", souligne Pierre Fréhel dans Le Républicain lorrain.
AFP/Archives Une femme de la communauté Rom en partance pour Bucarest le 20 août 2010 à l'aéroport Charles de Gaulle à Roissy "Dans la primaire à droite qu'il a engagée contre les Le Pen sur le terrain de la sécurité, Nicolas Sarkozy est en train de perdre un des socles de son électorat", analyse Daniel Ruiz dans La Montagne. "Car avec cette affaire des Roms et plus généralement avec sa politique ultra sécuritaire, le +candidat Sarkozy+ porte atteinte à quelque chose d'essentiel : les convictions d'une partie des Français qui jusque là lui avaient manifesté sa confiance", ajoute Patrick Pépin de Nord-Eclair. Plusieurs éditorialistes glosent sur la discrétion du chef du gouvernement sur le sujet. "Peut-être plus éloquent que la protestation, le silence de François Fillon, catholique discret mais convaincu, dans le concert répressif de l'été, est le signe le plus net de ce malaise des croyants", relève Laurent Joffrin (Libération). Sage précaution que celle de "François Fillon (qui), lui, a pris bien soin de se tenir à l'écart de ce dossier pourri", estime Olivier Picard, des Dernières Nouvelles d'Alsace. "S'il n'est pas reconduit à l'automne il aura au moins sauvé sa réputation, et son image". "Celui dont le sort à Matignon est incertain, reste bien le seul à donner une leçon de maintien !", renchérit Jacques Camus dans La République du Centre. Roms : Pierre Lellouche appelle Bucarest et Sofia à "prendre leurs responsabilités"AFP, Mise a jour : mardi 24 août 2010 06:56 Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche, s'est dit "surpris" mardi de commentaires roumains et bulgares accusant la France de "déporter" les roms, et appelé ces deux pays à "prendre leurs responsabilités" à l'égard de leurs citoyens.
AFP/Archives Pierre Lellouche le 28 juillet 2010 à l'Elysée "J'ai été quelque peu surpris de lire certains commentaires, émanant de responsables ou de commentateurs roumains et bulgares, accusant la France de +déporter+ les Roms, alors même que nous ne faisons qu'appliquer le droit européen et que nous procédons à des retours volontaires accompagnés d'une aide financière dont la charge pèse sur le contribuable français", plaide le ministre français dans une tribune au quotidien Le Figaro. "Ce serait une bien curieuse interprétation de la lettre des traités (...) que de considérer que certains pays puissent offrir comme seule perspective à leurs citoyens roms celle d'émigrer vers les pays européens les plus riches, auxquels reviendrait ipso facto la charge de les intégrer", observe-t-il. "Nous comptons, ajoute-t-il, sur la Roumanie et la Bulgarie pour qu'elles prennent leurs responsabilités à l'égard de leurs propres citoyens car, avant la liberté de circuler d'un pays à l'autre de l'Union européenne, il y a le devoir pour chaque Etat membre d'assurer la protection et l'intégration de ses propres ressortissants". M. Lellouche répond aussi à la Commission européennes sur les limitations à la liberté de circulation : "nous attendons de la Commission qu'elle soit tout aussi vigilante sur l'application aux Roms des autres droits - à l'éducation, au travail, à la santé - prévus par les traités, et demandons qu'une partie substantielle des aides européennes (20 milliards d'Euros pour la Roumanie de 2007 à 2013) y soient directement affectées". M. Lellouche, qui s'est rendu deux fois à Bucarest, dénonce de nouveau "les trafics d'êtres humains" dont sont victimes ces populations. "Sous servage jusqu'au XIXè siècle, déportés durant la Seconde Guerre Mondiale, réprimés par les régimes communistes, les Roms seraient-ils aujourd'hui condamnés à ne connaître de la construction européenne que le droit d'aller d'un bidonville à un autre ?", interroge-t-il. Dray : le PS "ne répond pas encore au défi" posé en matière de sécuritéAFP, Mise a jour : lundi 23 août 2010 21:14 Julien Dray, député PS de l'Essonne, estime dans une interview à paraître mardi dans Le Parisien, que le Parti socialiste, "à ce stade", "ne répond pas encore au défi" que posent les problèmes de sécurité.
AFP/Archives Le député PS de l'Essonne Julien Dray s'exprime lors d'un meeting au conseil régional d'Ile-de-France, le 22 décembre 2009 "Le PS fait bien de constater l'échec patent de la droite au pouvoir depuis huit ans. Mais il ne peut être efficace dans la dénonciation que s'il est capable de montrer qu'une autre politique existe. Or à ce stade, le PS ne répond pas encore à ce défi. Sa doctrine n'est pas adaptée à la situation actuelle", affirme Julien Dray. Le député de l'Essonne et vice-président de la région Ile-de-France attribue le retard du PS en la matière au fait que "depuis des années, les socialistes qui ont travaillé sur la sécurité n'ont pas été suivis par les grands dirigeants qui, pour la plupart, ne sont pas des élus des zones en grande difficulté". Pour lui, la première secrétaire Martine Aubry "hésite à monter en première ligne parce qu'elle sent que le PS ne peut pas se contenter d'évoquer le passé et les grands principes pour être efficace". "Le danger, c'est de revivre 2001-2002 (allusion à la défaite de Lionel Jospin à la présidentielle au premier tour de scrutin, ndlr) : à force de ne pas vouloir aller sur le terrain de la sécurité, le PS a fini par s'y rendre dans la pire des confusions. Donc arrêtons avec les surenchères de vocabulaire car la sécurité reste l'impensé du PS", ajoute-t-il. Julien Dray propose par ailleurs de créer "des unités spécialisées (de policiers) liées géographiquement et durablement" aux "quartiers qui sont devenus des lieux ou la loi ne s'applique que superficiellement". "Recrutons des policiers issus de ces quartiers : il y a des centaines de jeunes qui travaillent dans des sociétés privées de sécurité qui pourraient, s'il étaient bien formés, bien payés, bien encadrés, faire de très bons policiers dans ces zones difficiles", conclut-il. Sécurité : les attaques contre Sarkozy s'amplifientAFP, Mise a jour : lundi 23 août 2010 20:52 Au lendemain des critiques du clergé et du rappel à l'ordre de Benoît XVI au gouvernement sur sa politique à l'égard des Roms, le virage sécuritaire engagé par Nicolas Sarkozy a continué lundi de susciter l'indignation de politiques, du PS au FN en passant par Dominique de Villepin.
AFP/Archives Nicolas Sarkozy avec François Fillon, Christine Lagarde et François Baroin, le 20 août 2010 au Fort de Brégançon. Dans le camp présidentiel, les incriminations de l'Eglise ont sans surprise fait mouche auprès de Christine Boutin, au point de relancer pour la responsable du Parti Chrétien-Démocrate (PCD) la réflexion sur l'hypothèse d'une séparation de son mouvement d'avec l'UMP, auquel il est allié. L'affaire "conforte notre réflexion sur 2012 et le fait que nous pourrions avoir un représentant dans cette élection présidentielle, moi ou quelqu'un d'autre", a mis en garde l'ex-ministre, qui évoque une "fêlure". Toujours à droite, l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin n'a pas mâché ses mots, dans une tribune signée dans Le Monde, en dénonçant une "surenchère sécuritaire" qui provoque "une tâche de honte sur notre drapeau national". La séquence ouverte à Grenoble a même valu un nouveau rallié au président de République solidaire (RS) : Amine Benalia-Brouch, le militant UMP témoin et objet de la blague de Brice Hortefeux sur les Arabes, laquelle a valu au ministre de l'Intérieur une condamnation pour injure raciale. "J'en ai ras le bol de cette politique menée par le gouvernement. J'en avais déjà marre avec le débat sur l'identité nationale, puis avec l'arrivée à l'UMP de Philippe de Villiers (président du Mouvement pour la France, ndlr), mais là avec les Roms, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase", a dit celui qui affirme avoir rejoint le mouvement villepiniste. "Prendre pour cible, à grand spectacle, une communauté tout entière, ultra minoritaire, pour plaire à une partie de l'opinion, c'est grave et dangereux", a déclaré de son côté le patron du MoDem, François Bayrou. Au PS, l'ancien Premier ministre Lionel Jospin a aussi pris la plume pour fustiger "la stratégie de tension" mise en oeuvre par l'exécutif. Le porte-parole du parti Benoît Hamon a pris appui sur les critiques du pape, venant après celles de l'ONU et de plusieurs journaux étrangers, pour dire que Paris se plaçait "au ban des nations en matière de droits de l'Homme". Le député PS de Paris Jean-Christophe Cambadélis a pour sa part choisi de dénoncer l'étonnant mutisme estival de François Fillon sur les questions de sécurité. Certains dans son camp l'analysent comme une prise de distance, qui "isole encore plus Nicolas Sarkozy", estime l'élu socialiste. Force ouvrière y est aussi allée de son attaque, accusant le gouvernement de "dérive" à l'égard des Roms, "une rupture avec les principes de la République". Dans leurs critiques, les détracteurs du chef de l'Etat l'accusent de vouloir tenter par ce virage sécuritaire de réitérer le siphonnage des votes du Front national, l'une des clés de son succès en 2007. Du coup, le vice-président du FN, Bruno Gollnisch, a mis en garde les "éternels naïfs et futurs cocus" qui "s'enthousiasment à nouveau, comme en 2007, de la posture en apparence sécuritaire de Nicolas Sarkozy". Les "expulsions volontaires coûteuses" de Roms "ne servent à rien : les intéressés, de l'aveu des forces de police et de gendarmerie, ne se gênent pas pour revenir, le gouvernement français s'étant privé lui-même des moyens de les en empêcher", a affirmé l'eurodéputé frontiste. Dans ce concert de griefs, Philippe de Villiers a été le seul responsable de parti — hors UMP — à venir au secours du chef de l'Etat. Il l'a appelé à "tenir bon". Evacuation de camps de Roms : un haut responsable policier émet des critiquesAFP, Mise a jour : lundi 23 août 2010 19:23 En pleine polémique sur les expulsions de Roms, des responsables policiers émettent des critiques sur l'application des mesures gouvernementales d'évacuation de camps illégaux de Roms, à l'instar de ce que dénonce un directeur de la police dans une note officielle à sa hiérarchie.
AFP/Archives Des Roms sont évacués d'un camp sous l'autoroute A86 à Choisy-le-Roi, le 12 août 2010. Dans un document daté du 16 août, parvenu lundi à l'AFP, ce haut responsable policier estime que l'objecif fixé par le président de la République Nicolas Sarkozy de démanteler 300 camps de Roms "semble difficile à mettre en oeuvre". A l'adresse de sa hiérarchie - la direction centrale de la sécurité publique (DCSP) - ce directeur départemental de police, qui a souhaité gardé l'anonymat, fait référence au discours sécuritaire du chef de l'Etat le 30 juillet à Grenoble et à la circulaire du 5 août du ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, sur les modalités des évacuations de campements illégaux de Roms. "Cet objectif ambitieux, dans le cadre de notre droit positif, me semble difficile à mettre en oeuvre", écrit ce responsable, exemples à l'appui, au moment où la France est critiquée à l'étranger et par l'Eglise catholique pour des évacuations et expulsions de Roms que la police est chargée d'organiser. Les Roms, Roumains ou Bulgares, donc citoyens de l'Union européenne, "peuvent séjourner trois mois sur notre territoire", argue le haut fonctionnaire, avant de détailler l'arsenal juridique en vigueur qui lui semble difficile à appliquer sur le terrain. Ainsi, la police peut procéder à des auditions et/ou des gardes à vue dans le cadre d'une enquête préliminaire sur un stationnement prolongé, mais "quid de la prise en charge des enfants pendant la garde à vue ?", s'interroge-t-il. Le traitement de reconduite des enfants "présente (...) des difficultés" s'ils "ne sont pas inscrits sur le passeport des parents", relève aussi le policier. Quant aux obligations de quitter le territoire français (OQTF), prises par les préfets contre des illégaux, il cite, là encore, des "difficultés d'adaptation". Rien n'empêche de franchir une frontière "un court laps de temps (et) d'y revenir pendant une nouvelle période de trois mois", écrit ce responsable, ni "d'apporter la preuve qu'ils ont quitté le territoire (...) tout en restant sur place (...) moyennant corruption de fonctionnaires" dans le pays où ils sont censés retourner. Justement, afin d'empêcher des allers et retours de Roms expulsés, le ministre de l'Immigration Eric Besson a annoncé jeudi une "adaptation de la législation pour lutter contre l'abus de droit au court séjour". Allant plus loin que le gouvernement, le policier se demande carrément s'il ne faudrait pas "centraliser les OQTF" dans le fichier des personnes recherchées (FPR). Il est aussi dubitatif sur les 300 euros d'aide au retour humanitaire (ARH) donnée par le gouvernement, un "appel d'air supplémentaire à cette immigration". "Le prix du billet Bucarest-Paris s'élève à 60 euros, les 300 euros représentent donc le prix du voyage pour notre pays de cinq personnes", conteste-t-il. Il plaide donc pour une "interdiction de territoire pendant une durée indéterminée" et une "sanction pénale" en cas de non respect d'une OQTF afin "d'empêcher un retour rapide" en France. Toutes ces critiques formulées par écrit traduisent des réserves exprimées par d'autres responsables policiers, a confié à l'AFP une source policière. L'un d'eux a par exemple expliqué à l'AFP que toute "mesure d'expulsion" pouvait être "suspendue" si la personne visée faisait une demande d'aide juridictionnelle. Quand Paillé (UMP) fait son "petit quart d'heure Ségolène Royal"AFP, Mise a jour : lundi 23 août 2010 19:19 Le porte-parole adjoint de l'UMP Dominique Paillé a fait son "petit quart d'heure Ségolène Royal" lors du point de presse hebdomadaire de son parti, en ironisant sur "les propos toujours intelligents de cette femme politique" au lendemain de son interview dans Le Parisien.
AFP/Archives Le porte-parole adjoint de l'UMP Dominique Paillé, s'exprime, le 19 mai 2010 à Paris. "D'abord, elle a expliqué, elle qui est financée" par l'homme d'affaires Pierre "Bergé", que "véritablement Hortefeux ne s'intéressait qu'aux ultra-riches, alors qu'au PS il en va tout à fait autrement", a déclaré M. Paillé. "Cela fait sourire. L'ensemble des Français sont conscients que sans l'argent sonnant et trébuchant de M. Bergé, Mme Royal ne pourrait que très difficilement s'exprimer", a-t-il ajouté. Sur la sécurité, "elle a expliqué que la politique de Sarkozy créait de la violence", "c'est-à-dire que le président" serait "l'instigateur" des "faits divers dramatiques du début de l'été", a-t-il poursuivi, toujours ironique, après avoir évoqué les "propos toujours intelligents de cette femme politique". Dans son interview au Parisien dimanche, Ségolène Royal a affirmé que la politique de Nicolas Sarkozy "n'est en rien sécuritaire" mais qu'"au contraire, elle produit de la violence. La preuve : les agressions sur les personnes ont massivement augmenté depuis huit ans". "La seule proposition qu'elle ait jamais faite dans ce domaine c'est de recruter des policiers hommes pour raccompagner les policiers femmes chez elles le soir", a déclaré le porte-parole adjoint de l'UMP. "Cela me fait dire que quand elle n'est pas là, elle nous manque, comme disait Coluche, mais quand elle est là, elle nous manque aussi et c'est bien triste pour une femme politique", a déclaré Dominique Paillé. "Dernier petit point personnel, "j'attends toujours, puisqu'elle devait porter plainte contre moi, la réalité de la plainte", a-t-il dit. Ségolène Royal avait annoncé début juin une plainte pour "injures" contre M. Paillé, après une interview de ce dernier au magazine féminin Causette. "Quand j'ai dit qu'elle marchait sur les eaux, je traduisais une réalité incontestable. Elle l'a encore prouvé hier", a affirmé M. Paillé. "Voilà ce que je pouvais vous dire. C'était mon petit quart d'heure Ségolène Royal", a-t-il conclu. "Une nouvelle fois, l'UMP s'en prend à la personne de Ségolène Royal. Une nouvelle fois, l'UMP tente de discréditer la parole de l'ancienne candidate de la gauche à l'élection présidentielle, qui a manifestement visé juste contre la politique de Nicolas Sarkozy", a répondu Guillaume Garot, porte-parole de Mme Royal dans un communiqué, soulignant que "les propos de Dominique Paillé sont proprement hallucinants, mélange de mépris et de machisme". Expulsions de Roms : Yannick Noah condamne la politique du gouvernementAFP, Mise a jour : lundi 23 août 2010 19:04 Yannick Noah a condamné lundi la politique du gouvernement concernant les expulsions de Roms, estimant qu'il vaudrait mieux "leur tendre la main plutôt que leur donner un coup de pied au cul".
AFP/Archives Yannick Noah à la prison de Saint-Martin-de-Ré lors d'un concert, le 27 juillet 2010 "On essaye de mettre le doigt sur ces gens qui ont déjà tellement peu, sont déjà en détresse", a déploré la personnalité préférée des Français sur RTL, préférant "qu'on soit plus sensible à tous ces banquiers qui se sont fait des milliards en pleine période de crise". "Moi, humainement, j'aurai plus tendance à leur tendre la main plutôt que leur donner un coup de pied au cul. On ne doit pas être du même monde avec ces gens du gouvernement, qui sont assez fiers de ça en plus", a ajouté le chanteur. L'ancien joueur de tennis, vainqueur à Roland-Garros en 1983, avait déjà par le passé marqué son opposition à l'actuel chef de l'Etat. "Je serais profondément déçu si Nicolas Sarkozy était élu", avait affirmé le chanteur en mai 2007 sur RTL, alors qu'il soutenait la candidature de la socialiste Ségolène Royal. "A un moment, j'ai exprimé mes doutes, donc j'ai voté. J'ai pensé que ça n'allait pas le faire et, maintenant, je sais que ça ne le fait pas. Ca me désole", a-t-il insisté lundi. Une anesthésiste de Pau refuse la Légion d'honneur pour protester contre les expulsionsAFP, Mise a jour : lundi 23 août 2010 17:29 Un médecin anesthésiste de Pau, Anne-Marie Gouvet, engagée auprès d'organisations humanitaires, a décidé de refuser la Légion d'honneur en protestation contre la politique d'expulsions menée par le gouvernement, a-t-on appris lundi auprès de l'intéressée.
AFP/Archives L'insigne de chevalier de la Légion d'honneur Anne-Marie Gouvet, anesthésiste à la polyclinique de Navarre à Pau, devait recevoir la Légion d'honneur en janvier prochain. Elle a indiqué à l'AFP avoir écrit au président de la République pour expliquer son refus, soulignant notamment qu'elle devait recevoir cette distinction précisément en raison de son engagement pour les causes humanitaires. "Après les expulsions d'Afghans, et maintenant les Roms, je préfère refuser cette Légion d'honneur, la tête haute", a-t-elle dit. Anne-Marie Gouvet participe régulièrement à des missions humanitaires, notamment auprès de Médecins du monde. Elle a fait partie notamment d'équipes envoyées en Inde, au Pakistan et en Afghanistan Sa promotion au rang de Chevalier de la Légion d'honneur, dont Anne-Marie Gouvet précise qu'elle a été sollicitée secrètement par son mari et son fils, avait été annoncée à l'occasion de la promotion du 14 juillet dernier. Après les critiques de l'Eglise sur les Roms, la France "au ban des nations" selon le PSAFP, Mise a jour : lundi 23 août 2010 16:04 Le PS a estimé lundi que les critiques du pape Benoît XVI et d'hommes d'Eglise qui viennent après celles de "l'ONU et de pays européens", contre les expulsions de Roms par le gouvernement, mettent la France "au ban des nations en matière de droits de l'Homme".
AFP Le porte-parole du PS Benoît Hamon, lors du point de presse hebdomadaire du parti, le 23 août 2010 à Paris. "Ces critiques qui viennent après celles de l'ONU et de plusieurs pays de l'Union européenne mettent la France au ban des nations en matière de droits de l'Homme" et sont "la marque évidente d'un échec" de la politique du gouvernement, a affirmé le porte-parole du PS Benoît Hamon, lors du point de presse hebdomadaire du parti. Le gouvernement "invoque désormais la séparation de l'Eglise et de l'Etat" et "la redécouvre, au moment où le Vatican critique l'attitude de la France à l'égard des Roms", relève M. Hamon estimant qu'il y a "une politique évidente de stigmatisation" à l'encontre de cette minorité. Le pape avait appelé dimanche, en français lors de l'Angelus, à "accueillir les légitimes diversités humaines". En matière de sécurité, "l'inefficacité est du côté de la droite", ajoute M. Hamon dénonçant un "mensonge" du ministre de l'Intérieur de Brice Hortefeux sur les effectifs de la police. "Les effectifs" de policiers "actifs sur le terrain a diminué de 10.800 unités depuis 2002", a affirmé le porte-parole. Selon lui, M. Hortefeux "n'a pas d'autre objectif que de faire peur aux Français" et "assurer le score de Nicolas Sarkozy" pour 2012. "On a connu beaucoup de mauvais ministres de l'Intérieur, mais d'aussi faible et d'aussi inefficace, rarement sous la Ve République !", a-t-il lancé. Le PS, a ajouté M. Hamon, "formulera ses propositions en matière de lutte contre l'insécurité", lors d'un "forum fin septembre, début octobre" co-piloté par le député Jean-Jacques Urvoas, chargé des questions de sécurité au parti, et le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen. Interrogé sur la déclaration de Ségolène Royal qui avait souhaité qu'au PS "ce ne soit pas la ligne laxiste qui l'emporte", M. Hamon a répliqué : "Dites-moi qui la défend, qui est le porteur de la ligne laxiste au sein du Parti socialiste ?". Selon lui, "c'est une forme d'approche un peu erronée de la réalité du débat sur les questions de la sécurité au PS". "Les propositions de Ségolène sont attendues et bienvenues" dans la perspective du forum, a ajouté M. Hamon en reconnaissant que ses suggestions lors de la campagne électorale "avaient fait débat". Roms : Hortefeux disposé à recevoir le cardinal Vingt-Trois, qui accepte l'invitationAFP, Mise a jour : lundi 23 août 2010 15:26 Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux s'est dit lundi "tout à fait disposé" à recevoir le président de la conférence épiscopale, le cardinal André Vingt-Trois, après les critiques émises par l'Eglise catholique contre la politique française à l'égard des Roms.
AFP/Archives Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux s'exprime, le 17 août 2010 lors d'un déplacement à Toulon "Je suis tout a fait disposé à recevoir, s'il le souhaite, le président de la conférence épiscopale, le cardinal Vingt-Trois, accompagné de ceux qu'il souhaitera", a déclaré M. Hortefeux sur Europe 1. Interrogé par l'AFP, le cardinal André Vingt-Trois s'est pour sa part dit "tout disposé" à rencontrer le ministre de l'Intérieur "dans les prochaines semaines". Le cardinal Vingt-Trois a rappelé qu'il "rencontre régulièrement" le ministre de l'Intérieur. "La position de l'Eglise est claire, et elle a été rappelée dimanche par le pape, a-t-il poursuivi, c'est de rappeler que le respect des personnes est impératif, qu'il faut être disponible à une solidarité effective". "Je suis ministre des cultes", a quant à lui rappelé Brice Hortefeux et "si certains souhaitent me rencontrer, je serais tout à fait heureux de le faire pour écouter ce qu'ils ont à me dire" et "rappeler que nous agissons dans le cadre de textes prévus par la Commission européenne". "Nous sommes respectueux des droit individuels car nous reconduisons (les Roms) sur la base du volontariat et avec un concours financier", a-t-il fait valoir. Il a ajouté que "88 camps ont été démantelés" et qu'il va recevoir, sans doute mercredi, les ministres de Roumanie concernés par ces questions en compagnie d'Eric Besson notamment. "Je vais leur demander d'aider à la réinstallation chez eux, dans leur pays, des membres de cette communauté". "La France fait un effort (...) il appartient naturellement aux autorités roumaines d'accompagner cet effort", a dit le ministre. M. Hortefeux répondait aux critiques formulées dimanche par le pape Benoît XVI et deux hommes d'Eglise français qui ont exprimé leur désapprobation, après les expulsions de Roms par les autorités françaises dans le cadre de la politique sécuritaire renforcée du président Nicolas Sarkozy. Devant des pèlerins français, dimanche à sa résidence d'été de Castel Gandolfo, le pape a appelé à l'accueil des hommes de toutes origines. Par ailleurs, le ministre de l'Intérieur s'est déclaré "stupéfait de la distance qui existe entre la générosité des mots et l'égoïsme de l'inaction". "C'est assez facile pour un tout petit milieu médiatico-parisien" qui " ne s'émeut absolument pas qu'il n'y ait aucune aire d'accueil qui soit installée à Paris en bas de chez eux" "Qu'ils donnent donc leur adresse puisque cela ne pose aucun problème", a-t-il poursuivi et "on pourra demander à ce qu'il y ait des aires en bas de chez eux". "Il y a un petit milieu qui considère que, pour eux, il n'y a pas besoin de changer quoi que ce soit mais, que, pour les installations des camps et autres, c'est bon pour les autres", a conclu le ministre. Deux ministres roumains mercredi et jeudi à Paris pour rencontrer Hortefeux et BessonAFP, Mise a jour : lundi 23 août 2010 14:25 Deux secrétaires d'Etat roumains, concernés par la question des Roms, vont effectuer mercredi et jeudi une visite à Paris alors que la France poursuit la reconduite des membres de cette communauté dans leur pays d'origine, a-t-on appris lundi auprès du ministère de l'Immigration.
AFP/Archives Le ministre de l'Immigration Eric Besson, le 28 juillet 2010 à l'Elysée. Valentin Mocanu, secrétaire d'Etat chargé de l'Intégration des Roms, et Dan Valentin Fatuloiu, secrétaire d'Etat chargé de l'Ordre et de la Sécurité publique, seront reçus par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le ministre de l'Immigration Eric Besson et le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Pierre Lellouche. Au Quai d'Orsay, on confirme que la visite a été avancée alors qu'elle était d'abord annoncée pour le 30 août. Deux réunions sont prévues mercredi place Beauvau et jeudi au Quai d'Orsay. "Je vais leur demander d'aider à la réinstallation chez eux, dans leur pays, des membres de cette communauté". "La France fait un effort (...) il appartient naturellement aux autorités roumaines d'accompagner cet effort", a déclaré lundi matin M. Hortefeux sur Europe 1. "On peut attendre d'eux une meilleure coopération dans la réinsertion de leurs propres ressortissants puisque ce sont leurs ressortissants", a déclaré de son côté Eric Besson sur France Inter. Selon le ministre de l'Immigration, 216 Roms ont été reconduits dans leur pays la semaine dernière sur un total estimé entre 800 et 850 "dans le courant du mois d'août".
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