Au premier abord, le nouveau plan déconomies qui vise à redresser les comptes de la sécurité sociale épargne les patients pour taxer les mutuelles. Les experts du secteur estiment que la répercussion sera inéluctable.
Contrairement aux informations qui circulaient ces derniers jours, le gouvernement qui a présenté un nouveau plan de 3,6 milliards d'économies afin de redresser les comptes de la sécurité sociale, ne touchera pas au ticket modérateur. Priorité au pouvoir d'achat ! La ministre de la santé Roselyne Bachelot l'a dit fermement ce matin au micro de France Inter :
« Pas touche au ticket modérateur ! C'était quelque chose de sacré ».
Seconde priorité :
« préserver le système des ALD (affections à longue durée) ». Le directeur de l'assurance maladie avait envisagé de réduire ces remboursements ce qui avait déclenché un tollé.
Une taxe sur le chiffre d'affaires des complémentaires
Le gouvernement a donc fait le choix de frapper les mutuelles au portefeuille en optant pour la création d'une taxe sur leur chiffre d'affaires. Entre 2001 et 2006, le chiffre d'affaires des mutuelles a progressé de 48,2% et leurs marges bénéficiaires ont également progressé.
La taxe devrait rapporter, à elle seule, un milliard d'euros en 2009. Jusqu'ici tout va bien, rien à redire sinon que la présentation de la ministre de la santé occulte toute une partie de la problématique. Cette nouvelle taxe sera-t-elle répercutée ou non par les mutuelles sous la forme d'augmentations des cotisations? Roselyne Bachelot ne veut pas y croire :
« Il n'y a jamais de certitudes mais il n'y a aucune raison qu'elles augmentent leurs cotisations ». D'autant que ces organismes devraient être mieux associés à la gestion des risques.
Payer pour l'incapacité de l'état à gérer la Sécu
Le président de la mutualité française, Jean-Pierre Davant,
passablement énervé au micro de RTL, s'est montré beaucoup plus offensif: « on constate une nouvelle fois l'incapacité de l'état et des partenaires sociaux à gérer l'assurance maladie et les mutuelles vont payer pour l'incapacité de l'état. On va tout faire pour essayer de ne pas répercuter, cette année, cette taxation nouvelle ». Le président de la mutualité est resté beaucoup plus évasif en ce qui concerne les années suivantes.
Une répercussion inéluctable
A première vue, le patient semble donc être passé entre les gouttes de ce nouveau plan d'économies. Au final, il devrait bien se voir présenter la facture quand même. Directeur technique santé chez AXA France, Stéphane Lecocq interrogé par
Les Echos prédit que
« le secteur répercutera cette taxe sur la facture du client ». Pour aboutir à de nouvelles hausses de tarifs. Pas un problème pour Roselyne Bachelot qui invite les Français à changer de mutuelle en cas de hausse des cotisations.
Commentaires (0 posté):
Postez votre commentaire