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Plus grave que le dopage... L'argent a pourri la pétanque

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C'est dans les vieux Marianne qu'on trouve les meilleurs déconnautes. Ainsi de cette série parodique parue en 2001 consacrée aux «marronniers», ces sujets qui refleurissent régulièrement à la une des magazines. Aujourd'hui: le dopage dans la pétanque.

Plus grave que le dopage... L'argent a pourri la pétanque
Sur la grande place, dans l'est de Paris, les joueurs de pétanque s'installent toujours à l'endroit précis où des rois et de la République on ne voit que le dos. Et même plus puisque, vue d'ici, la majestueuse Marianne présente les rondeurs de Fanny. «Ç'a débuté comme ça, à cause d'elle, jure un vétéran. Les perdants préféraient payer plutôt que de grimper à 4 m du sol pour baiser le cul de Fanny !» Petit à petit, l'argent s'est imposé dans le jeu, installant de véritables pros de la boule et du cochonnet sur les places des villes. Ces pros, on les reconnaît immédiatement. En tenue de sport, tête nue, chaussés de baskets, ils utilisent des boules bien entretenues qu'ils rangent soigneusement dans un étui de cuir. «On se fait avoir, proteste encore l'ancien ! Ils te mesurent le point au pied à coulisse, et si tu as le malheur de faire tomber un peu de cendre sur leurs boules, c'est le scandale.» Les amateurs d'antan, casquette, espadrilles et gauloise aux lèvres, se voient chasser du terrain.

Dommage collatéral au bistrot d'en face

Pour le bistrot d'en face, c'est une catastrophe. Les ventes d'apéritifs anisés ont chuté de 35% en cinq ans ! La tristesse du patron perce sous l'accent chantant venu des hauteurs de l'Aveyron. «Evidemment, quand on joue pour du fric, on surveille les réflexes et la précision du tir ! Plus question d'arroser chaque partie d'une tournée. Les joueurs professionnels viennent avec leur eau minérale et leur boisson énergétique. Et ils ont le culot d'entrer dans mon bar pour pisser ! Un café, monsieur, ça n'est pas une chiotte publique.» Des prélèvements effectués sur les repose-pieds du WC à la turque du café prouvent que les boulistes ont recours à des expédients comme la Supradine et le Red Bull. Leurs urines présentent des taux anormaux de vitamine B et C. On trouve aussi des traces de Canderel et autres sucres de synthèse.
Sur le terre-plein des joueurs, l'ambiance n'est pas à la rigolade. Une triplette se prépare: les pointeurs absorbent leurs vitamines tandis que le tireur se talque les mains. A près de 150 ? la manche, on ne plaisante pas. «Quelle pitié, soupire un habitué. Avec ces pisse-froid, je ne touche plus mes boules.» Au-dessus du comptoir, une affiche jaunissante rappelle le temps où la pétanque était un jeu désintéressé, ou presque. On y voit Paul Ricard remettre un lot de mignonnettes au vainqueur d'un tournoi. C'est qu'il en est de la pétanque comme du Tour de France: l'argent a remplacé la tradition et les dopes nouvelles ont eu raison de l'entreprise française qui sponsorisait ces deux jeux.


Pour retrouver les précédents marronniers de l'été, cliquez ici.

       

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