Journal des independants: Les mariannautes et la fin de l'eldorado chinois Les mariannautes et la fin de l'eldorado chinois ================================================================================ Marianne2.fr on 03 August, 2008 01:49:00 L’annonce de la délocalisation progressive des usines chinoises d’Adidas vers des pays aux coûts salariaux moins élevés a suscité beaucoup de réactions de la part des mariannautes : appels au boycott, témoignages etc. Sortis de la période « Sinéphile » -ou pas d'ailleurs-, les mariannautes, entrent dans une séquence sinophile. Les jeux approchent, la Chine s'éveille au monde et vice versa. Un intérêt pour l'empire du Milieu qui n'empêche pas, loin s'en faut, de violentes critiques. Cette semaine, les mariannautes, ont donc largement réagi à l\'article annonçant la délocalisation prochaine des usines chinoises d\'Adidas vers des territoires à la main d\'œuvre moins coûteuse. « Voilà confirmée la théorie économique qui prédit de voir les productions délocalisées de façon incessante pour aller dans un pays encore moins cher et encore moins socialement optimisé » écrit Benpit. Les petites mains chinoises ont encore de « beaux jours » de dur labeur devant elles, c'est plutôt le taux de croissance des revenus chinois (+20% en moyenne) qui oblige Adidas à préparer l'avenir. LES SOUS-TRAITANTS DES MULTINATIONALES Franck complète l'article par des précisions sur la fabrication officieuse pratiquée par les sous-traitants, « servant à alimenter le second marché en copie de qualité originale, en délocalisant ils baisseront la fabrication hors comptabilité des sous-traitants , les salaires ont certes augmentés mais la production à plus que triplé en 15 ans… ». Zarathoustra, à son tour, évoque le cas du fabricant Nike, dont la politique de délocalisation est comparable à celle envisagée par le géant allemand : « Les usines Nike implantées depuis des années en Indonésie payent leurs ouvrières 60 euro par mois... Au Bangladesh ou au Cambodge, on peut encore trouver moins cher, ne vous tracassez pas ! Quant à l'Afrique... ! » NIKE AU VIETNAM : 80 DOLLARS PAR MOIS, 6 JOURS SUR 7 La marque aux trois bandes entend progressivement délocaliser ses activités dans les anciens pays de l'Est et au Vietnam. Monica, qui a eu l'opportunité de visiter une usine d'un sous-traitant de Nike avec ses élèves de MBA, raconte son expérience : « Les jeunes femmes (85% des employés) travaillent 6 jours par semaine, 12h par jour, pour environ 80$ par mois (USD). Le problème est que le Vietnam, entre autres, subit une inflation incroyable, et si Adidas fait ce pas vers le Vietnam, il est sûr que d'ici quelques années, les employés Vietnamiens réclameront plus pour pouvoir vivre, vu l'augmentation du coût de la vie. Cette année il y a déjà eu des mouvements de ce genre au Vietnam ». Au risque de perdre ses attraits économiques : un décryptage concret des paradoxes de la mondialisation. LE BOYCOTT : PAS SI SIMPLE Nombre de mariannautes suggèrent le boycott de ces marques qui sous-traitent leurs activités. Suggestion qui énerve FO le dire : « Lorsque nous faisons nos courses en famille pour le rhabillage bi-annuel, nous regardons les étiquettes mais après coup, car nous prenons surtout les vêtements et chaussures que nous pouvons nous payer. Et ils sont fabriqués en Chine, en Turquie ou au Bangladesh. Il faut être un bobo pour pouvoir se lamenter sur le sort des travailleurs exploités du monde entier et agir vraiment. Les pauvres eux n'ont pas le choix. Ils ne consomment pas du Nike mais des produits sans marque peu chers qu'ils auront les moyens de payer ». Réponse d'Aramis : « Donc le gars il est pragmatique et achète sans se soucier du sort des exploités, soit (puisque de toute façon c'est la façon de penser créé par un individualisme entretenu à cet effet) et vivons « heureux » jusqu'à ce que notre propre emploi soit à son tour menacé par une délocalisation. Là, fini le pouvoir d'achat pour se payer du pas cher car on est soi-même devenu valeur négligeable au nom du sacro-saint marché mieux disant ». FABRIQUé EN EUROPE ? MAIS DANS QUELLES CONDITIONS… Boycotter ou acheter « éthique » ? Coureur a peut-être une solution. Et encore, il avoue lui-même ne pas être tout à fait sûr de son coup : « Moi, ça fait 25 ans que j'achète des new balance : elles ont une particularité qui devient intéressante. Si vous soulevez la languette vous voyez « made in United kingdom », et c'est en Europe. J'espère simplement que ça ne nourrit pas des enfants pakistanais travaillant dans un sous-sol 15 heures par jour ».