Les mesures dassainissement de Pékin pour les J.O. sont supposées être temporaires. Mais elles auront au moins le mérite daider les scientifiques à réaliser des tests totalement inédits.
Les entreprises polluantes purement et simplement mises à l'arrêt, deux millions de véhicules interdits de circulation à Pékin et dans le nord de la Chine sur une superficie équivalente à celle de l'Alaska, des tests anti-pollution réguliers…
Depuis un an, et plus encore depuis le 20 juillet dernier, la Chine, premier pays pollueur de la planète, a mis en place des mesures drastiques pour tenter de réduire temporairement la pollution à Pékin.
Pékin, ville expérimentale
Une aubaine pour les scientifiques du monde entier, qui étudient les conséquences d'une telle opération. Plusieurs équipes se livrent déjà à des expériences, à l'aide d'avions sans pilote (drones), de ballons-sondes, de données fournies par des satellites et des stations de mesure au sol. «
Cela n'avait jamais été fait auparavant et je doute que cela se reproduise. Nous avons une occasion en or de faire avancer nos recherches», se réjouit Veerabhadran Ramanathan, chercheur en sciences de l'atmosphère à l'Université de Californie, engagé dans un projet scientifique international d'étude de la pollution à Pékin pendant et après les Jeux.
Staci Simonich, professeur de chimie et de toxicologie à l'Université de l'État de l'Oregon, aux États-Unis, est elle aussi emballée par la mise en place de cette «
expérience scientifique géante sur la pollution atmosphérique». Selon la chercheuse, si l'opération se révèle utile, «
ce qui aura été appris ici pourra être appliqué à d'autres villes».
L'enjeu majeur est en effet de comprendre et connaître la répartition et le déplacement en temps réel des particules polluantes ultrafines, leur impact sur la santé, et comment la pollution voyage à travers les continents. Porté par la circulation atmosphérique, on sait par exemple que l'air pollué de Pékin finit par se retrouver en Corée, voire en Californie.
Une pollution supérieure à l'extrême limite française
Mais cela suppose tout de même que les mesures anti-pollution aient réellement un effet. Même si beaucoup d'indicateurs officiels chinois estiment que la tendance est à l'amélioration, cela demeure incertain. Julien Chol, français expatrié en Chine reste sceptique. Chaque jour,
ce blogueur relève et indique la qualité de l'air à Pékin et Shangaï. L'indice de qualité de l'air à Pékin affiché aujourd'hui, mardi 5 août 2008, sur son blog est de 2 sur une échelle de 5,
ce qui signifie, pour le gouvernement chinois, «bonne qualité». Rapporté à l'échelle française, on se rend compte que chez nous cet air serait considéré comme «très mauvais», la concentration de particules polluantes étant de 1% supérieure à… la pollution maximale jamais imaginée en France ! Le 25 juillet dernier, Julien Chol écrivait ainsi : «
Comme la pollution est générée par l'activité humaine, si l'activité humaine est réduite de façon drastique, la pollution de l'air devrait rapidement diminuer. Malgré tout, depuis trois jours la pollution à Pékin est toujours visible : un épais nuage blanc recouvre la ville.» Du coup, même
Silvio Berlusconi préfère ne pas prendre le risque d'un voyage en Chine : il a prétexté une trop grande pollution pour éviter de venir…
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