Journal des independants: Le Monde préfère Mandelson à Sarkozy Le Monde préfère Mandelson à Sarkozy ================================================================================ Marianne2.fr on 29 July, 2008 07:35:00 Depuis deux semaines, le Président français affronte le commissaire européen. Le Monde a choisi son camp, qui n'est pas celui de la France. Parfois, le conformisme semble une maladie incurable. On le pense très fort à la lecture des affichettes du Monde et de son éditorial publié dans son numéro du 30 juillet. La manchette de une et l'éditorial partent en guerre contre la position prise par Nicolas Sarkozy sur les négociations de l'OMC qui se poursuivent à Genève. Voilà plusieurs jours en effet que le président français ferraille contre le commissaire européen Peter Mandelson qui est censé défendre les intérêts de l'Union. Neolibéral déterminé, Mandelson pense que le commerce est la clef de la croissance et du bonheur de l'humanité. Voilà pourquoi il est contre toute entrave au commerce et favorable à l'abaissement de toutes les barrières douanières européennes - en l'occurrence, il s'agit surtout de subventions - existant dans l'agriculture. Le président français est doublement fondé à critiquer le commissaire européen : - il agit, en principe, au nom des gouvernements élus de l'Union alors que le commissaire ne représente que lui-même ; - et surtout, la politique de libre-échange intégral prônée par tous les Lamy et les Mandelson du monde, a subi un échec cuisant ces derniers mois : la crise alimentaire et l'inflation qu'elle a générée montre que les défenseurs de l'agriculture européenne n'avaient pas tort : l'existence d'une production locale rend les pays de l'Union moins dépendants de l'inflation mondiale qui porte à la fois sur les matières premières et les produits agricoles. UN COUP DE MAIN à MANDELSON La semaine passée, Nicolas Sarkozy a proposé à Peter Mandelson de venir le voir, et ce dernier a décliné l\'invitation. Dans ce double conflit, qui porte à la fois sur la légitimité institutionnelle - l'Union ou la Commission - et sur la stratégie économique - protéger ou subir le marché - comment se positionne le Monde ? Du côté de Mandelson bien sûr. Enfin, soyons précis : si les deux journalistes Alain Faujas et Philippe Ricard mettent quelques bémols à la doxa libérale à la fin de leur papier - «l'heure n'est pas au libéralisme à tous crins» - l'éditorialiste, lui, fustige le président, accusé de «faire du Chirac» et de tenter de convaincre l'Allemagne et l'Angleterre tout en mobilisant sur des positions de protection les Italiens, les Polonais et les Irlandais. Sarkozy doit, selon le Monde, se comporter en «Européen» c'est-à-dire être consensuel et oublier qu'il a été élu par les agriculteurs français et ceux qui ne souhaitent pas que nos campagnes deviennent les aires de repos et de tourisme pour les classes moyennes aisées. Alors consensus mou ou compromis de combat ? Pour une fois que le volontarisme sarkozyste peut se révéler utile, notre « journal de référence » se devait bien de donner un coup de main à Peter Mandelson et aux libre-échangistes.