Premières réunions de conciliation entre actionnaires externes et internes du groupe Le Monde. Alain Minc est convoqué par la justice belge cette semaine.
Est-ce la sortie du tunnel pour les journalistes de la Société des rédacteurs du Monde (SRM) et par conséquent pour le quotidien ? En tout cas, la deuxième réunion du «groupe de contact» - entendez la commission de conciliation réunissant des représentants des actionnaires internes et des actionnaires - s'est réunie dans un climat plutôt apaisé. La preuve en est que Pierre Pfimlin(Crédit Mutuel) chef de file des actionnaires externes et Jean-Michel Dumay de la SRM, ont convenu d'adresser un courrier commun à tous les actionnaires externes pour leur suggérer de demander à Pierre Jeantet de repousser encore sa démission au-delà du Conseil de surveillance du 25 janvier, de façon à laisser à la commission le temps de trouver les voix d'un accord et à Eric Fottorino celui de dénicher le gestionnaire avec lequel il pourrait dirger le groupe Le Monde.
Lors des deux premières réunions, jeudi et samedi dernier, la discussion a porté sur l'indépendance éditoriale du
Monde, la situation économique du groupe et les règles de gouvernance qui pourraient permettre un fonctionnement plus harmonieux du groupe.
Dumay dé-diabolisé ? Il semble bien que les actionnaires externes (outre Pfimlin, il y avait Pierre Lescure et Marie Louise Antoni du gorupe la Stampa) aient été plutôt rassérénés de constater que la SRM était toute disposée à discuter de la mise en oeuvre du plan de redressement élaboré par Bruno Patino et Pierre Jeantet. Le portrait d'un Dumay en «bolchévik», peut-être esquissé par un peintre nommé Alain Minc, a été quelque peu édulcoré par des actionnaires extérieurs qui n'avaient guère de contacts directs jusqu'alors avec les représentants des actionnaires internes, Jean-Michel Dumay mais aussi Bétrice Gurey du Monde, la représentante des sociétés de personnnel du groupe PVC (Télérama), et Monique Dagnaud (Association Beuve Méry).
Pour autant, une grande confusion persiste sur la sortie de la crise. Mais le rôle assez peu constructif d'Alain Minc semble bien apparaître aux yeux des uns et des autres. Jean-Michel Dumay est revenu sur ce point dans une longue interview accordée au site
Arrêt sur images. Le groupe Lagardère a fait savoir que le Président du Conseil de surveillance avait sans doute mal traduit le souhait d'Arnaud Lagardère : pour lui, il ne s'agit nullement de prendre le contrôle du
Monde avec Prisa, mais d'accompagner une solution. Même si, au sein du groupe, on reste persuadé que la recapitalisation du groupe Le Monde sera nécessaire, on considère qu'il n'y a aucune urgence financière et ont tient à éviter - contrairement à Minc - toute intrusion d'un administrateur judiciaire.
En attendant, tous les acteurs du dossier demeurent malgré tout tributaires de la bonne volonté d'Alain Minc. En tant que Président du Conseil de surveillance, il lui revient de convoquer le Conseil de surveillance. Selon les statuts de l'entreprise, il dispose jusqu'à mardi pour convoquer un Conseil pour le 25 janvier. Dimanche soir, aucun démarche n'avait été entreprise dans ce sens. Or, Alain Minc a d'autres chats à fouetter cette semaine : il doit, selon le site
MediaPart affronter Carlos de Bénédetti dans un procès à Bruxelles où il lui est demandé la bagatelle de 45 millions d'euros de dommages et intérêts à propos de l'affaire de la Société générale de Belgique, dossier qui remonte à ... 1988.
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