|
|
LA FRANCE VIRE-T-ELLE AU RACISME D'ETAT ? (SUITE)
Le maire UMP de Bordeaux, Alain Juppé, a reçu lundi des représentants des gens du voyage, dont 140 familles réclament un emplacement décent depuis dimanche, pour tenter de débloquer une situation dans l'impasse, a constaté une journaliste de l'AFP. Réactions politiques à la proposition de Christian Estrosi de sanctionner des municipalités défaillantes en matière de sécurité Le leader d'Europe Ecologie (EE) Daniel Cohn-Bendit juge que le président Nicolas Sarkozy prend les Français "pour des cons" sur les questions de sécurité, attisant un "populisme de l'exclusion pour rassembler la droite dure" sur le dos des minorités, dans un entretien au Monde daté de mardi. Trois personnes, soupçonnées d'avoir blessé des policiers jeudi 12 août, dans le quartier sensible des Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne), ont été interpellées lundi matin et placés en garde à vue, a-t-on appris de source proche de l'enquête. Le député UMP villepiniste du Morbihan, François Goulard, estime dans Le Parisien/Aujourd'hui en France de lundi que la politique gouvernementale de démantèlement des camps illégaux de Roms et gens du voyage, qu'il juge "choquante", est "de la poudre aux yeux" car inefficace. Les Verts appellent dimanche tous les élus de la République à s'opposer aux "expulsions de la honte" des familles Roms de leurs lieux de vie. Le président de l'Association des petites villes de France (APVF), l'ancien ministre socialiste Martin Malvy, a estimé dimanche qu'"en tirant sur les maires, Christian Estrosi commet à leur égard un geste (...) de violence". "Dis, ils vont venir quand la police ?", demande Maria, 10 ans, élève de primaire qui fera bientôt sa rentrée alors que plane la menace d'une expulsion sur son campement de fortune à Lyon et son retour en Roumanie, un pays que ses parents ont fui il y a déjà sept ans. Plus de 250 véhicules et caravanes de gens du voyage ont bloqué dimanche à la mi-journée le pont d'Aquitaine sur la rocade de Bordeaux, rendant la circulation impossible dans les deux sens, a-t-on appris auprès de la police et du centre d'informations routières. Le rappeur auteur du vidéo-clip "Tirez sur les keufs", relevant de l'apologie de crime selon le ministère de la Justice, sera prochainement cité à comparaître devant le TGI de Paris, a-t-on appris dimanche de source judiciaire, confirmant une information du Parisien. Le Parti de Gauche s'est insurgé contre les "expulsions brutales de familles Roms de leurs lieux de vie", parlant de "pratiques barbares" et de "politique discriminatoire". L'ex-ministre Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien Démocrate (PCD, allié à l'UMP), critique certaines propositions sécuritaires avancées par son camp, appelant à cesser de "cultiver la peur" et "monter les gens les uns contre les autres". L'UMP Marc Laffineur, vice-président de l'Assemblée nationale, a recommandé samedi d'"arrêter de stigmatiser les élus locaux", alors que le ministre et maire UMP Christian Estrosi a proposé de sanctionner les municipalités défaillantes en matière de sécurité. Les Roms interpellés samedi matin après l'évacuation d'un bâtiment à Montreuil ont été libérés dans l'après-midi avec obligation de quitter le territoire français (OQTF), après une manifestation en leur faveur aux abords du commissariat. La proposition de Christian Estrosi, ministre et maire UMP, visant à sanctionner des municipalités défaillantes en matière de prévention de la délinquance, a suscité une vive protestation du PS et a aussi été critiquée au sein de son propre parti. Après les vives critiques de l'opposition contre ses projets de durcissement sécuritaire, Nicolas Sarkozy est pointé du doigt à l'ONU où a été dénoncé un "manque de volonté politique" de Paris face aux actes racistes, ainsi que dans la presse étrangère. Des Roms qui occupaient depuis vendredi soir un bâtiment dans le quartier du Haut Montreuil (Seine-Saint-Denis) ont été évacués par la police samedi matin, a-t-on appris auprès d'un représentant associatif présent sur place. Le maire de Nice et ministre de l'Industrie Christian Estrosi en appelle à "l'union sacrée" contre l'insécurité tout en proposant de sanctionner les municipalités qui ne se conformeraient pas à leurs obligations, dans une interview au Journal du Dimanche à paraître samedi. Le tribunal de Bayonne a accordé un délai jusqu'à lundi 09H00 pour le départ des gens du voyage d'un camp situé à Anglet où une opération d'évacuation avait été engagée visant un millier de personnes installées depuis le 1er août dans 274 caravanes. Bordeaux : Alain Juppé reçoit les gens du voyageAFP, Mise a jour : lundi 16 août 2010 14:39 Le maire UMP de Bordeaux, Alain Juppé, a reçu lundi des représentants des gens du voyage, dont 140 familles réclament un emplacement décent depuis dimanche, pour tenter de débloquer une situation dans l'impasse, a constaté une journaliste de l'AFP. Trois représentants des gens du voyage, arrivés la veille d'Anglet (Pyrénées-Atlantiques) à bord de 240 véhicules et caravanes, et M. Juppé ont examiné les propositions de la mairie. "Je leur ai réaffirmé ma volonté de dialogue et pas de confrontation à condition que les lois soient respectées", a déclaré M. Juppé à l'issue de cette rencontre. "Il faut sortir de ce blocage qui n'est bon pour personne", a-t-il dit. En présence du préfet délégué à la sécurité Jean-Marc Falcone, le maire leur a fait deux propositions, comme il l'avait indiqué lors d'une conférence de presse qui avait précédé cette rencontre : s'installer sur un parking - qu'ils ont refusé jusqu'à présent - équipé en eau et électricité à leurs frais, ou sur une prairie de 2 ha viabilisée (eau et électricité à venir) qui peut accueillir 200 caravanes à proximité de la zone de Bordeaux-Lac. "Ils n'ont pas accepté à ce stade", a ajouté M. Juppé mais une délégation de gens du voyage et de la municipalité se rendra sur place dans l'après-midi pour examiner la prairie ainsi qu'un autre terrain repéré par les gens du voyage.
AFP Des familles de gens du voyage à l'entrée du pont d'Aquitaine à Bordeaux, le 16 août 2010. "On va aller voir, mais je n'y crois pas, mettre 200 familles sur deux hectares mais je suis ouvert à toute solution", a dit James Dubois, président de l'association de La vie du voyage (LVDV). "Il nous faut à peu près 5 hectares pour mettre tous nos attelages, on va aller jeter un coup d'oeil, on ne va pas mettre de la mauvaise volonté", a renchéri le vice-président de l'association Franck Couchevelou. De son côté, Alain Juppé a estimé que "ce qui n'est pas acceptable, c'est l'intrusion". La municipalité a interdit aux gens du voyage d'accéder à un terrain de pelouses dédié au sport, où, selon M. Juppé, ils s'installaient "les années précédentes, sans demande préalable et avec des dégradations". Quelque 200 gens du voyage sont partis à pied vers la mairie de Bordeaux-Lac où ils ont passé la nuit dans leurs caravanes à proximité d'un terrain dont l'accès leur a été interdit par les forces de l'ordre. Le cortège précédé d'une banderole de l'Association de La vie du voyage (LVDV) avec "Liberté, égalité, fraternité" et deux drapeaux tricolores est arrivé dans le calme devant l'Hôtel de ville à la mi-journée. Sécurité : réactions à la proposition d'Estrosi de sanctionner les maires défaillantsAFP, Mise a jour : lundi 16 août 2010 13:10 Réactions politiques à la proposition de Christian Estrosi de sanctionner des municipalités défaillantes en matière de sécurité
AFP/Archives Le sénateur-maire de Dijon, François Rebsamen (PS), lors de l'université d'été du PS à la Rochelle le 28 août 2009 François Rebsamen (PS) : "M. Estrosi ne manque pas d'air ! Les premiers citoyens de la République qui sont sur le terrain, ce sont les maires", a affirmé le sénateur-maire de Dijon (...) Il ferait mieux de demander la condamnation des maires qui ne créent pas les aires d'accueil nécessaires pour les gens du voyage". Pierre Cardo, ex-député-maire (UMP) de Chanteloup-les-Vignes, commune déshéritée des Yvelines, dans un entretien à Libération : "Ca me désole de voir des élus de communes qui ont beaucoup de moyens et peu de problèmes porter des jugements abrupts sur leurs collègues qui dirigent des communes qui ont énormément de problèmes et pas toujours de moyens (...) Ceux qui claironnent sont-ils prêts à échanger leur fauteuil contre celui du maire de Montfermeil, Chanteloup-les-Vignes ou Clichy-sous-Bois ? (...) Personne ne se bouscule pour avoir des logements sociaux sur son territoire. Alors je n'accepte pas qu'on vienne ensuite nous montrer du doigt". - Le Mouvement démocrate, par la voix de Marc Fesneau, son secrétaire général et maire de Marchenoir (Loir-et-Cher) : "M. Estrosi, a cru bon de se distinguer et voulu faire diversion en accusant explicitement les maires de laxisme, de refus de coopération et d'incompétence en matière de lutte contre la délinquance. En agissant ainsi, c'est tous les élus qu'il tente de montrer du doigt, tous ceux qui, chaque jour, avec des moyens trop souvent dérisoires, luttent contre toutes les formes de délinquance". "La mission première d'un Etat, ce qui le définit même en partie, c'est sa capacité à défendre ses populations et à être garant de l'ordre". "Les collectivités locales viennent en appui et non en remplacement de l'Etat". "C'est donc l'échec patent de toute une politique nationale menée depuis de très nombreuses années que l'on voit s'étaler sous nos yeux" (communiqué). - Yannick Favennec, député UMP de Mayenne : "C'est une atteinte à la libre administration des communes". "Plutôt que de stigmatiser les maires et de pénaliser financièrement les municipalités, il serait plus efficace de mieux les accompagner dans leur mission de lutte contre l'insécurité. Pour cela, arrêtons, par exemple, de fermer des brigades de gendarmerie en milieu rural". (Communiqué) - Claude Bartolone, président PS du conseil général de Seine-Saint-Denis : "Ce serait faux de dire que Nicolas Sarkozy n'a rien fait en matière de sécurité : il a malheureusement tout fait de travers. En fait d'une politique intelligente et efficace en matière de sécurité et de justice, Nicolas Sarkozy est en train de conduire la France dans une dérive par rapport aux valeurs de la République. Et M. Estrosi ne trompera personne en voulant se défausser sur les élus locaux. L'échec en matière de sécurité, c'est celui de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement" (communiqué). Cohn-Bendit : Sarkozy "prend les Français pour des cons"AFP, Mise a jour : lundi 16 août 2010 12:21 Le leader d'Europe Ecologie (EE) Daniel Cohn-Bendit juge que le président Nicolas Sarkozy prend les Français "pour des cons" sur les questions de sécurité, attisant un "populisme de l'exclusion pour rassembler la droite dure" sur le dos des minorités, dans un entretien au Monde daté de mardi.
AFP/Archives Daniel Cohn-Bendit le 8 mars 2010 à Strasbourg "Si je suis poli, je dis que Nicolas Sarkozy prend les Français pour des imbéciles. Le fond de ma pensée est qu'il les prend pour des cons", déclare l'eurodéputé à la veille des journées d'été des Verts-EE à Nantes. Daniel Cohn-Bendit juge notamment "stupide" la proposition faite par le président de déchoir de leur nationalité certains criminels. Sachant que "quelqu'un qui tue un policier est déjà condamné à la perpétuité", note l'élu, "croit-on vraiment que son problème, avant de passer à l'acte, sera de savoir s'il sera déchu ou pas de la nationalité française", s'interroge le leader d'EE. En outre, il estime que la proposition est "irréalisable juridiquement" car elle pourrait conduire à créer des "apatrides", un statut que le droit international cherche à bannir. "Cette politique est aussi malveillante. Parce qu'elle produit en permanence de l'exclusion. C'est un populisme de l'exclusion pour rassembler la droite dure, la France profonde, sur le dos des minorités", poursuit M. Cohn-Bendit. Evoquant le parallèle entre délinquance et immigration fait par le chef de l'Etat lors de son discours de Grenoble du 30 juillet, l'élu juge : "Oui, la question de l'échec de l'intégration doit être abordée". "Mais il faut remettre les choses dans l'ordre : c'est la désintégration de la société qui crée les problèmes d'intégration, et non la criminalité extrême", ajoute-t-il. Dans le domaine de la lutte contre la délinquance et la criminalité, "il n'y a pas de baguette magique". Le bilan de Nicolas Sarkozy "le démontre : depuis huit ans, il trouve de nouvelles solutions censées apporter des réponses définitives mais le résultat est nul", dit-il encore. Policiers blessés à Corbeil-Essonnes : 3 interpellationsAFP, Mise a jour : lundi 16 août 2010 08:15 Trois personnes, soupçonnées d'avoir blessé des policiers jeudi 12 août, dans le quartier sensible des Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne), ont été interpellées lundi matin et placés en garde à vue, a-t-on appris de source proche de l'enquête.
AFP/Archives Vue du quartier sensible des Tarterêts à Corbeil-Essonnes (Essonne), en novembre 2005 L'âge et le sexe des personnes interpellées n'a pas été précisé. Ces trois personnes sont soupçonnées d'avoir blessé cinq policiers, dont une femme. Une patrouille de police avait voulu contrôler un homme jeudi, vers 22H00, quand ce dernier a sorti un marteau et frappé les agents, avant d'appeler en renfort plusieurs personnes qui ont lancé des pavés sur les policiers. L'auteur des coups de marteau et les lanceurs de pavés ont pris la fuite. Les cinq policiers blessés étaient sortis dans la nuit de l'hôpital. L'un d'eux a eu le doigt cassé, en voulant se protéger la tête d'un coup de marteau, après avoir perdu son casque, selon la même source. Le syndicat de police Alliance avait dénoncé un "probable guet-apens" Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux avait évoqué "un acte inadmissible". Expulsion de Roms : "de la poudre aux yeux" pour le villepiniste GoulardAFP, Mise a jour : lundi 16 août 2010 07:04 Le député UMP villepiniste du Morbihan, François Goulard, estime dans Le Parisien/Aujourd'hui en France de lundi que la politique gouvernementale de démantèlement des camps illégaux de Roms et gens du voyage, qu'il juge "choquante", est "de la poudre aux yeux" car inefficace.
AFP/Archives Des Roms sont expulsés d'un bâtiment dans le quartier du Haut Montreuil, le 14 août 2010. "Cette politique est choquante. On se moque des Français. Les problèmes de sécurité ne tiennent pas à quelques camps de Roms. On donne des gages à une partie de l'opinion pour une efficacité à peu près nulle. C'est de la poudre aux yeux", dénonce l'élu dans le quotidien populaire. Quant à l'impact dans l'opinion, "les Français sont de moins en moins dupes de ce type de gesticulation. Même s'ils ne condamnent pas forcément certaines mesures, ils considèrent qu'elles ne sont pas efficaces et ils ont raison. Tout cela est mené dans la précipitation", estime M. Goulard. Le député s'émeut "des bavures" et "des femmes et des enfants qui ne sont pas traités de manière décente". "Sans faire des parallèles qui n'ont pas lieu d'être, ce n'est pas très glorieux pour un pays comme le nôtre de recourir à des méthodes que la situation ne justifie pas. Ce n'est pas à mettre à l'actif ni à l'honneur du gouvernement", ajoute-t-il. Il juge sévèrement la politique de sécurité du gouvernement, où "les mesures d'apparence font suite à des constats simplificateurs", et appelle à trouver "une analyse et des réponses qui ne soient pas simplistes". Le député UMP villepiniste de l'Hérault Jean-Pierre Grand avait déjà estimé samedi, sur le même sujet, que "cette politique de démembrement des camps illégaux tourne à l'ignoble". Roms : les Verts appellent les élus à s'opposer aux "expulsions de la honte"AFP, Mise a jour : dimanche 15 août 2010 16:30 Les Verts appellent dimanche tous les élus de la République à s'opposer aux "expulsions de la honte" des familles Roms de leurs lieux de vie.
AFP Des Roms sont expulsés d'un bâtiment dans le quartier du Haut Montreuil, le 14 août 2010. "Nous appelons tous les élus de la République, tous les citoyens à s'opposer à ces expulsions de la honte, où, comme à Montreuil, on sépare les hommes des femmes et des enfants, ce qui ne manque pas de nous rappeler les plus sombres moments de notre histoire", affirme dans un communiqué Djamila Sonzogni, porte-parole de Verts. Selon le parti écologiste, "cette démonstration de force du gouvernement n'a aucune efficacité et n'a qu'une visée politicienne : rassurer les électeurs d'extrême droite déçus par Sarkozy en vue de l'élection présidentielle". "Nous ne sommes plus dans la lepénisation des esprits, mais dans la mise en acte d'une politique d'extrême droite", ajoute-t-elle. Les Roms, souligne le communiqué, "ont les mêmes droits que les autres résidents européens, sauf une restriction au niveau du droit du travail". "Cette restriction prendra fin en 2014", et "il serait plus constructif de préparer leur +intégration+", ce qui passe notamment par "la scolarisation des enfants, l'alphabétisation et la formation professionnelle des adultes". Des Roms, dont une vingtaine d'enfants, qui occupaient depuis deux jours un bâtiment à Montreuil (Seine-Saint-Denis), ont été évacués par la police samedi. Malvy (PS) dénonce un "un geste de violence" d'Estrosi contre les mairesAFP, Mise a jour : dimanche 15 août 2010 16:17 Le président de l'Association des petites villes de France (APVF), l'ancien ministre socialiste Martin Malvy, a estimé dimanche qu'"en tirant sur les maires, Christian Estrosi commet à leur égard un geste (...) de violence".
AFP/Archives Le président de l'APVF et du conseil régional de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, s'apprête à s'exprimer après avoir été réélu le 26 mars 2010 à Toulouse En réaction aux propos de Christian Estrosi (UMP) de sanctionner financièrement des municipalités jugées défaillantes face à leurs responsabilités en matière de sécurité, le président de la région Midi-Pyrénées a indiqué dans un communiqué qu'"il y a en France 36.000 communes et 36.000 maires, et hélas, l'actualité en apporte la démonstration chaque jour, l'insécurité et la délinquance n'est pas réservée à certaines communes plutôt qu'à d'autres". "En tirant sur les maires, Christian Estrosi commet à leur égard un geste lui même de violence. Il les dénonce à leurs concitoyens comme étant responsables alors qu'ils ne cessent de saisir les préfets et sous-préfets, et de faire appel à la police ou à la gendarmerie et à la justice", a ajouté M. Malvy. Selon le président de l'APVF, "exploiter de la sorte le thème de l'insécurité est profondément choquant et insupportable démocratiquement". Expulsions de Roms : Maria ne fera peut-être pas sa rentrée en CM2AFP, Mise a jour : dimanche 15 août 2010 15:44 "Dis, ils vont venir quand la police ?", demande Maria, 10 ans, élève de primaire qui fera bientôt sa rentrée alors que plane la menace d'une expulsion sur son campement de fortune à Lyon et son retour en Roumanie, un pays que ses parents ont fui il y a déjà sept ans.
AFP Maria, 10 ans, jeune Rom pose devant son campement le 12 août 2010 à Lyon. Quelques heures plus tôt, à l'aube, Maria a été extirpée de son lit par sa mère, qui craignait une opération de police. "On est allés au parc de l'autre côté de la route, attendre que cela se passe", raconte l'enfant. "S'ils viennent, on ne partira pas !", lance Maria avec fermeté avant de justifier : "On n'a rien fait ici ! On ne fait rien !" "Je ne dors pas vraiment depuis plusieurs jours", avoue la petite fille qui sait que l'expulsion arrivera prochainement. Brinquebalée depuis toujours, elle évoque les expulsions et ses camarades de classe à tour de rôle, passant sans cesse d'un sujet à l'autre, de la police à l'école. "A l'école, un jour, j'ai mis de la musique romani, avec mon téléphone portable, et les filles et les garçons ont dansé, moi aussi du coup", raconte-t-elle dans un français parfois hésitant. "Tout le monde m'a dit que c'était +trop bien+", ajoute-t-elle fièrement. Dans son campement de fortune, des bicoques installées sur un terrain vague derrière la gare Part-Dieu, vivent une centaine de familles roms, de toutes générations. Maria ne connaît pas vraiment la Roumanie, encore moins la région de Craiova (au sud-est de Bucarest) d'où sont originaires ses aïeux. "Elle est arrivée en France à l'âge de trois ans", précise sa grand-mère avec laquelle vivent l'enfant et ses parents, devenus ferrailleurs en France. "J'ai beaucoup de chance : je suis allée une fois à l'école près de l'Hôtel de Ville, une fois à Jean Macé et aujourd'hui, je ne suis pas très loin de la gare", raconte la gamine qui ne rêve pas encore d'un métier mais espère déjà "faire de l'argent". Si l'enfant, au large sourire et à la franche sympathie, a changé de nombreuses fois d'établissements scolaires, c'est à cause des multiples expulsions. "Avant on vivait tous ensemble, avec tous les Roms, dans un grand immeuble. C'était bien, mais il a fallu partir", raconte-t-elle, incapable de situer les lieux avec précision. "Je vais aux anniversaires de mes copines", ajoute la petite fille qui juge toutefois "impossible" de les inviter chez elle en retour. Son campement n'a ni eau courante, ni sanitaires. Il est situé en plein milieu d'un terrain vague où l'on aperçoit des rats allant d'une tente à l'autre à travers les déchets qui jonchent le sol. Ce terrain appartient à Réseau ferré de France et au Conseil général qui ont chacun déposé plainte pour occupation illégale. L'avis d'expulsion a été donné fin juillet pour le premier mais la demande du second ne sera examinée que le 7 septembre. "J'aime bien la maison de mes copines mais moi, je préfère vivre ici, avec les miens : comme ça, dans la rue, avec les autres enfants, même s'il faut faire mes devoirs dans ma tête", confesse-t-elle. "A la rentrée, je serai en CM2", affirme la petite fille d'une voix où se mêlent anxiété et envie. Mais sa rentrée, le 2 septembre, est menacée : si le tribunal délivre un avis d'expulsion le 7, l'évacuation sera imminente. Des gens du voyage bloquent le pont d'Aquitaine sur la rocade bordelaiseAFP, Mise a jour : dimanche 15 août 2010 14:24 Plus de 250 véhicules et caravanes de gens du voyage ont bloqué dimanche à la mi-journée le pont d'Aquitaine sur la rocade de Bordeaux, rendant la circulation impossible dans les deux sens, a-t-on appris auprès de la police et du centre d'informations routières.
AFP Des gens du voyage bloquent le pont d'Aquitaine sur la rocade de Bordeaux, le 15 août 2010. Les gens du voyage, qui ont évacué dimanche matin un camp situé à Anglet (Pyrénées-Atlantiques) sur décision de justice, se sont présentés au parc des expositions de Bordeaux-Lac où ils comptaient s'installer sur le terrain du parc des sports, ce que la mairie de Bordeaux a refusé, a-t-on indiqué à la préfecture. "Ces terrains sont destinés à faire du sport", a indiqué une porte-parole de la mairie, mais une solution alternative leur a été proposée à proximité sur le parking du parc des expositions. "Le responsable des gens du voyage a opposé un refus catégorique", selon la préfecture, qui a précisé qu'une médiation avait débuté sur le pont d'Aquitaine entre le sous-préfet du bassin d'Arcachon, Pascal Gaucci, et les manifestants. "Ca fait 15 jours qu'on appelle la ville de Bordeaux pour avoir un emplacement, on arrive ici et ils nous refusent un emplacement décent", a déclaré Bernard Arrilas, responsable des gens du voyage. "Toutes les villes de France sont censées avoir un emplacement décent pour les gens du voyage, mais dans toutes les villes où on passe, il n'y en a jamais, alors malheureusement on est obligés de faire ça, autrement on est jetés à la rue. On ne sait plus où se mettre, alors on est sur la route, on n'a pas de place pour stationner, on est sur la route et malheureusement on prend les gens en otage", a-t-il dit sur France 3 Aquitaine. Il existe à Bordeaux une "aire de grand passage", avec eau et électricité, située à Bordeaux Nord mais le groupe d'Anglet a refusé de stationner sur cette aire qui leur a été proposée la semaine dernière, selon la mairie. Pour la préfecture, cette aire ne dispose pas "d'espace suffisant" pour accueillir ce groupe de près de 300 caravanes. Le barrage sur l'imposant pont d'Aquitaine, qui enjambe la Garonne, avait d'abord créé un bouchon de 5 km en direction de Paris, et 2 km en direction de Bordeaux sur l'A630, selon le Centre régional d'information et de coordination routières. Le pont a été ensuite fermé à la mi-journée et des déviations mises en place en amont et en aval, permettant de désengorger le trafic et de rétablir une circulation normale sur les routes de l'agglomération bordelaise, en ce dimanche 15 août classé orange dans le sens des retours, selon le CRICR. Le tribunal de Bayonne avait accordé vendredi un délai jusqu'à lundi 09H00 pour le départ des gens du voyage d'un camp situé sur un stade d'Anglet où une opération d'évacuation avait été engagée visant un millier de personnes installées depuis le 1er août dans 274 caravanes. "Tirez sur les keufs" : le rappeur bientôt devant la justiceAFP, Mise a jour : dimanche 15 août 2010 13:47 Le rappeur auteur du vidéo-clip "Tirez sur les keufs", relevant de l'apologie de crime selon le ministère de la Justice, sera prochainement cité à comparaître devant le TGI de Paris, a-t-on appris dimanche de source judiciaire, confirmant une information du Parisien.
AFP/Archives Le Ministre de l'intérieur Brice Hortefeux discute avec des policiers à Lyon, le 12 août 2010 "Abdul X", jeune homme originaire de Sèvres (Hauts-de-Seine), a été placé en garde à vue et remis en liberté dans l'attente de sa citation. Il a reconnu être l'auteur de la chanson incriminée, a-t-on ajouté de même source. Selon Le Parisien, citant une source proche de l'enquête, le rappeur, entendu durant près de cinq heures vendredi soir, a "présenté ses excuses, affirmant que les paroles de sa chanson ne reflétaient pas sa pensée". Il aurait aussi indiqué que l'arme qu'il avait en main sur la vidéo était "factice et qu'il s'en était débarrassé". Jeudi dernier, les syndicats de policiers Alliance et Synergie avaient fait part de leur indignation, demandant au ministre de l'Intérieur d'engager des poursuites contre le ou les auteurs de ce vidéo-clip diffusé sur le site de partage YouTube. Brice Hortefeux avait alors fait savoir qu'il avait porté plainte le matin même contre "un certain +Abdul X+, qui fait profession de rappeur". "Je ne laisserai pas un rappeur en manque de notoriété menacer des hommes et des femmes qui, dans des conditions parfois difficiles, assurent la sécurité de nos concitoyens, y compris jusqu'au péril de leur vie", disait-il. La Chancellerie précisait enfin que la ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, avait "demandé au parquet de Paris d'ouvrir une enquête préliminaire suite à certains propos - relevant de l'apologie de crime - tenus par le +rappeur+ Abdul X dans un clip diffusé sur internet". Alliance Police Nationale "espère que l'auteur du clip sera sanctionné lourdement, afin de dissuader tous ceux qui souhaiteraient suivre la même voie", a réagi dimanche le 2e syndicat de gardiens de la paix, en se félicitant d'avoir été entendu par le ministre de l'Intérieur. "En la matière, la sanction demeure la meilleure des préventions et évitera, souhaitons-le, la récidive", estime le syndicat, qui dit "se réserver le droit d'être présent et partie lors de l'audience au tribunal". Fin juillet à Grenoble, le président Nicolas Sarkozy a annoncé son intention de renforcer l'arsenal répressif (peines incompressibles, déchéance de nationalité...) contre les délinquants qui s'en prendraient aux forces de l'ordre. Roms : le Parti de Gauche dénonce des "pratiques barbares"AFP, Mise a jour : dimanche 15 août 2010 11:46 Le Parti de Gauche s'est insurgé contre les "expulsions brutales de familles Roms de leurs lieux de vie", parlant de "pratiques barbares" et de "politique discriminatoire".
AFP Des Roms sont expulsés d'un bâtiment dans le quartier du Haut Montreuil, le 14 août 2010. Dans un communiqué reçu dimanche, la formation présidée par Jean-Luc Mélenchon estime que "le gouvernement met en place une politique discriminatoire". "Procédant par amalgame, il stigmatise les Gens du voyage et les Roms. Alors que le Gens du voyage sont des Français qui ont la particularité de vivre en caravane", les "15.000 Roms présents en France sont essentiellement venus de Roumanie et de Bulgarie. Citoyens européens, ils bénéficient de la liberté de circulation au sein de la communauté européenne", relève le PG. Selon lui, "le gouvernement néglige complètement les droits sociaux en vigueur, et en particulier le droit à l'hébergement social". "Cette politique n'est malheureusement pas unique en Europe", poursuit le texte, évoquant "Bulgarie, Grèce, Italie, Roumanie et Serbie notamment" qui "procèdent à des expulsions en violation de leurs obligations au regard du droit international, privent les communautés Roms d'accès au logement ou les relèguent dans des quartiers isolés". "Inspirée par les théories xénophobes les plus viles, et tolérée par les instances européennes, la ségrégation des Roms se perpétue inexorablement", accuse le PG. "Nous exigeons l'abandon immédiat de ces pratiques barbares", conclut-il, appelant à signer la pétition contre "la politique du pilori" lancée début août par un collectif. Christine Boutin (PCD) sur la sécurité : arrêtons de "cultiver la peur"AFP, Mise a jour : samedi 14 août 2010 20:51 L'ex-ministre Christine Boutin, présidente du Parti Chrétien Démocrate (PCD, allié à l'UMP), critique certaines propositions sécuritaires avancées par son camp, appelant à cesser de "cultiver la peur" et "monter les gens les uns contre les autres".
AFP/Archives Christine Boutin, ex-députée de Rambouillet (Yvelines), le 21 octobre 2009 à Ballan-Miré, près de Tours "La stigmatisation de telle ou telle communauté exacerbe la violence", commente Mme Boutin dans le Parisien-Dimanche/Aujourd'hui en France. "Les déclarations de circonstances sont toujours mauvaises" et "il n'est pas bon de monter les Français les uns contre les autres, car il existe une violence latente". Interrogée sur la déchéance de nationalité dans certains cas de crime, préconisée par Nicolas Sarkozy, elle répond : "Tous les textes existent déjà, et ils sont difficilement applicables. De telles déclarations vont créer une instabilité chez nos compatriotes". "Et de qui parle-t-on, quand on évoque les Français d'origine étrangère ? Beaucoup de Français sont d'origine étrangère, nous le sommes tous peu ou prou, à commencer par le président de la République lui-même ! Comment peut-il oublier ça ?", dit-elle à propos de l'ascendance hongroise du chef de l'Etat. "Ce discours conforte les peurs, elles-mêmes génératrices de violence", affirme-t-elle. Très hostile à la proposition d'un député UMP visant à punir de prison certains parents défaillants, elle s'insurge : "Alors ça, ça n'est pas possible !" "Vous connaissez ma position sur les prisons : l'enfermement n'est pas la réponse". Pour elle, "c'est une menace qui ne pourra pas être mise en application. Comme la suppression des allocations familiales", à laquelle elle est également hostile. En revanche, l'ex-ministre Boutin est d'accord avec Matignon pour refuser les salles médicalisées de prise de drogue, estimant que les expériences menées ailleurs "n'ont pas donné de résultats satisfaisants". Sécurité : ne pas "stigmatiser les élus locaux", recommande Laffineur (UMP)AFP, Mise a jour : samedi 14 août 2010 18:00 L'UMP Marc Laffineur, vice-président de l'Assemblée nationale, a recommandé samedi d'"arrêter de stigmatiser les élus locaux", alors que le ministre et maire UMP Christian Estrosi a proposé de sanctionner les municipalités défaillantes en matière de sécurité.
AFP/Archives Le vice-président de l'Assemblée nationale Marc Laffineur le 7 novembre 2007 S'il se réjouit que "le président et le Premier ministre mettent en avant la sécurité, première préoccupation des Français", M. Laffineur a regretté, auprès de l'AFP, que "des membres du gouvernement puissent stigmatiser les élus locaux ou les maires". En charge des élus à l'UMP, le député-maire d'Avrillé (Maine-et-Loire) a poursuivi : "il y a 500.000 élus locaux en France, tous soucieux de la sécurité. Je n'en connais pas qui ne le soient pas". "Il faut arrêter de les stigmatiser" Pour M. Laffineur, "ce n'est pas un lieu de polémique entre élus locaux". Déplorant des "disparités énormes" entre villes dans la prévention de la délinquance, M. Estrosi, ministre de l'Industrie et maire de Nice, a proposé dans le JDD que "les municipalités qui ne se conforment pas à leur obligation de sécurité (...) soient condamnées à une très forte amende". Il a fustigé le maire de Grenoble Michel Destot (PS) et parlé d'un "renoncement" de Martine Aubry, numéro un socialiste et maire de Lille. Montreuil : détresse des Roms après une nouvelle expulsion, les hommes libérésAFP, Mise a jour : samedi 14 août 2010 20:49 Les Roms interpellés samedi matin après l'évacuation d'un bâtiment à Montreuil ont été libérés dans l'après-midi avec obligation de quitter le territoire français (OQTF), après une manifestation en leur faveur aux abords du commissariat.
AFP Des femmes et des enfants manifestent à Montreuil le 14 août 2010 après une nouvelle expulsion de Roms Parmi les seize personnes interpellées, toutes ont fait l'objet d'une OQTF, a précisé une militante de Réseau éducation sans frontières (RESF). Peu avant, plusieurs enfants s'étaient regroupés avec leurs mères près du commissariat, criant "libérez nos papas !". "Ils sont arrivés à 6H00, défonçant la porte et criant. Ils nous ont ordonné de sortir, sans nous laisser le temps de manger ou de nous laver", raconte une des femmes, Gabi, aux côtés d'une quarantaine de manifestants. Selon leurs témoignages, environ 70 personnes se trouvaient depuis deux jours dans le bâtiment évacué, une maison cossue inoccupée depuis plusieurs années. Ces Roms "avaient déjà été expulsés fin juillet d'une autre maison et sont restés deux semaines sur un terrain de football", précise Danielle, qui se présente comme "une citoyenne militante". "Ils nous ont séparés, mettant les hommes d'un côté, les femmes et les enfants de l'autre, nous menaçant de nous enlever nos enfants dès que nous tentions de protester, et ils ont embarqué tous les hommes", poursuit Gabi. "Nous ne sommes pas des voleurs", ajoute-t-elle, disant sa peur d'être envoyée en Roumanie. "Nous n'avons rien là-bas, pas de maison, même plus de famille", dit-elle, affirmant que ses enfants sont scolarisés à Montreuil. Un peu plus tôt, Fabienne Vansteenkiste, adjointe (Verte) à la mairie, a dénoncé "cette nouvelle expulsion (qui) se fait sans offrir de solution". "Le comportement du préfet est irresponsable et oblige la mairie à se substituer aux services de l'Etat", a-t-elle ajouté, précisant que la mairie allait reloger provisoirement les expulsés dans un gymnase. "Mais ensuite, que deviendront-ils ?", s'interroge Danielle, la militante. Autour du petit groupe, les réactions varient. Si à la fenêtre d'un riverain apparaît une banderole "Solidarité avec les Roms", certains passants se montrent plus véhéments à leur encontre. "Ces dernières semaines, on sent une montée réelle de l'expression du racisme et de la xénophobie", affirme une déléguée syndicale des agents municipaux de Montreuil. Le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a indiqué jeudi que plus de 40 camps illégaux de Roms avaient été démantelés en 15 jours, soit "700 personnes" qui "devraient être reconduites dans leur pays d'origine", Roumanie ou Bulgarie. Il doit recevoir "la semaine prochaine" à Paris deux membres du gouvernement roumain, le secrétaire d'Etat chargé de la Réinsertion et celui chargé de l'Ordre et la Sécurité publique. Cette accélération des expulsions "accentue l'errance et la précarité" des gens concernés, a déploré samedi auprès de l'AFP Michèle Mézard, du collectif RomEurope. Certains, dans la région de Saint-Etienne, "se cachent désormais dans les bois", a-t-elle ajouté. "On expulse les gens, et après c'est : +Débrouillez-vous !+", confirmait le docteur Bernard Moriau, de Médecins du Monde. De son côté, le député UMP villepiniste de l'Hérault Jean-Pierre Grand a dénoncé samedi, dans une déclaration à l'AFP, une "politique de démembrement des camps illégaux (qui) tournait à l'ignoble". "Peut-on être un député de la République et laisser faire cela sans réagir quand on découvre que les forces de l'ordre trient les familles, les hommes d'un côté, les femmes et enfants de l'autre, avec menace de séparer les mères et les enfants ?", s'est insurgé l'élu. Sécurité : la proposition d'Estrosi fustigée par le PS et critiquée à l'UMPAFP, Mise a jour : samedi 14 août 2010 18:47 La proposition de Christian Estrosi, ministre et maire UMP, visant à sanctionner des municipalités défaillantes en matière de prévention de la délinquance, a suscité une vive protestation du PS et a aussi été critiquée au sein de son propre parti.
AFP/Archives Le nouveau préfet de l'Isère, Eric Le Douaron (D) et le député maire PS de Grenoble Michel Destot, le 29 juillet 2010 Dans le JDD, le ministre de l'Industrie et maire de Nice a proposé de s'inspirer, en matière de sécurité, de l'emblématique loi SRU de 2000 contraignant les communes de plus de 3.500 habitants à un quota de logement social, sous peine de sanction. "Sur ce modèle, je propose que les municipalités qui ne se conforment pas à leur obligation de sécurité, de prévention de la délinquance, de lutte contre l'absentéisme scolaire et de réforme des règles d'urbanisme, soient condamnées à une très forte amende", a-t-il dit. M. Estrosi a épinglé au passage Michel Destot, maire PS de Grenoble, ville théâtre de violences urbaines en juillet, "qui n'a rien fait pour sécuriser sa commune", et a parlé de "renoncement" de la Première secrétaire socialiste et maire de Lille Martine Aubry. Michel Destot lui a vivement répliqué samedi, assurant dans un communiqué que depuis son élection de maire, "les effectifs de la police municipale ont augmenté de 41% quand, depuis 2002, ceux de la police nationale baissaient de 17%". "Les propos outranciers et mensongers de Christian Estrosi", a poursuivi le député-maire PS, "augurent mal du caractère réellement républicain et rassembleur dont il dit souhaiter se prévaloir". M. Estrosi a en effet appelé à "former une équipe de France de la sécurité où, enfin, tous les maires assumeraient pleinement leurs responsabilités aux côtés de la police et de la justice". Le PS a ironisé sur la proposition du ministre. "Après s'être fait remarquer avec sa formule +Français ou voyou, il faut choisir+, M. Estrosi récidive en reprenant le refrain entonné par la droite depuis le début d'août : +L'insécurité progresse, mais c'est la faute aux autres+", a affirmé, dans un communiqué, le secrétaire national aux élections, Christophe Borgel, conseillant au ministre de "prendre des vacances". "S'il doit y avoir un pacte des maires, c'est un pacte pour exiger de l'Etat la remise à niveau des effectifs de police et de gendarmerie dans nos villes", poursuit M. Borgel. A l'UMP aussi, une voix a pris la défense des élus locaux. Marc Laffineur, vice-président de l'Assemblée nationale, a regretté, auprès de l'AFP, que "des membres du gouvernement puissent stigmatiser les élus locaux ou les maires". "Il y a 500.000 élus locaux en France, tous soucieux de la sécurité. Je n'en connais pas qui ne le soient pas. Il faut arrêter de les stigmatiser", a dit le député-maire d'Avrillé (Maine-et-Loire), également en charge des élus à l'UMP. Pour M. Laffineur, "ce n'est pas un lieu de polémique entre élus locaux". Sécurité : Sarkozy critiqué en France, à l'ONU et dans la presse étrangèreAFP, Mise a jour : samedi 14 août 2010 10:56 Après les vives critiques de l'opposition contre ses projets de durcissement sécuritaire, Nicolas Sarkozy est pointé du doigt à l'ONU où a été dénoncé un "manque de volonté politique" de Paris face aux actes racistes, ainsi que dans la presse étrangère.
AFP/Archives Nicolas Sarkozy (G) et le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, le 30 juillet 2010 à la préfecture de l'Isère à Grenoble Les propositions du président de la République, présentées après des violents incidents en juillet à Grenoble et en Eure-et-Loir, avaient immédiatement suscité une polémique qui ne s'est pas éteinte. Jeudi, plusieurs membres du Comité pour l'élimination de la discrimination raciale de l'ONU (CERD), ont fustigé un "manque de volonté politique" face à une "recrudescence notable du racisme et de la xénophobie" en France. L'expert du Niger a dénoncé "le carnet de circulation" des Roms et gens du voyage la France qui, a-t-il dit, "nous rappelle l'époque de Pétain". Habituellement très technique, le débat au sein du CERD a pris un tour beaucoup plus politique après les propositions de M. Sarkozy, notamment celles concernant la déchéance de nationalité pour les Français d'origine étrangère auteurs de certains crimes, et les mesures concernant les Roms et gens du voyage (démantèlement de camps illégaux, reconduites à la frontière, parallèlement au développement d'aires d'accueil dans l'hexagone). "C'est un montage pur et simple", tranche Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée. "L'ONU ne critique pas la France. Il y a un comité qui réfléchit et des personnes qui se sont exprimées à titre individuel. Le comité, lui, rendra son avis" fin août, a-t-il fait valoir. Dans la même veine, le Quai d'Orsay a regretté "l'utilisation partielle de certains passages de communiqués antérieurs de l'ONU dans les commentaires entendus ces derniers jours", donnant ainsi "une présentation inexacte et parfois inversée de la réalité des débats qui ont eu lieu à Genève lors de l'audition de la délégation française". La presse étrangère est également très sévère. Après le New York Times, qui avait accusé M. Sarkozy d'attiser "dangereusement les sentiments anti-immigrés" pour des "calculs politiques à court terme", les journaux algériens dénoncent "l'amalgame odieux" et "la xénophobie officielle" du président. Sur le front intérieur, l'opposition est également très virulente, certains à l'extrême gauche, ainsi que Michel Rocard, évoquant les pages de l'histoire, nazisme, Vichy, pétainisme sur ces positions sécuritaires. Sans adhérer à un tel discours, le Parti socialiste, qui promet de revenir sur la déchéance de nationalité s'il arrive au pouvoir en 2012, accuse le pouvoir de se "frontnationaliser" ou de faire du "Le Pen light". Le ton est monté jeudi lorsque la secrétaire nationale du PS Najat Vallaud-Belkacem, proche de Ségolène Royal, a dénoncé, après les critiques à l'ONU, "les manigances estivales d'une bande sans scrupule prête à instrumentaliser toutes les haines pour de basses raisons électoralistes". En matière de sécurité, "l'échec de Nicolas Sarkozy saute aux yeux", c'est un échec "cruel", résume Benoît Hamon, le porte-parole du parti. Face à lui, Alain Juppé, maire UMP de Bordeaux, affirme sur son blog, statistiques à l'appui, "des progrès indéniables ont été accomplis depuis quelques années". L'ancien Premier ministre reste toutefois dubitatif devant une nouvelle loi sur la déchéance de nationalité. "Souvent les textes en vigueur suffiraient, s'ils étaient appliqués", écrit-il. Nouvelle évacuation de Roms à MontreuilAFP, Mise a jour : samedi 14 août 2010 09:54 Des Roms qui occupaient depuis vendredi soir un bâtiment dans le quartier du Haut Montreuil (Seine-Saint-Denis) ont été évacués par la police samedi matin, a-t-on appris auprès d'un représentant associatif présent sur place.
AFP Des Roms sont expulsés d'un bâtiment dans le quartier du Haut Montreuil, le 14 août 2010. Le bâtiment, dans lequel se trouvaient 70 personnes, dont une vingtaine d'enfants, a été évacué par la police tôt dans la matinée. "La police est arrivée très tôt et nous a évacués ; elle a interpellé tous les hommes présents ainsi que deux personnes venues en soutien", a protesté Noria Bel, militante de l'association RESF (Réseau éducation sans frontières), présente sur place. "Les familles ont décidé de se rassembler devant la mairie afin de demander la libération de tous les hommes", a ajouté Mme Bel. Dans un contexte d'expulsions répétées de Roms dans toute la France, des Roms de Montreuil avaient déjà été expulsés d'une maison à l'abandon le 30 juillet. Le gouvernement a annoncé le démantèlement d'une quarantaine de campements Roms au cours des deux dernières semaines. Estrosi veut "l'union sacrée" contre l'insécurité mais des sanctions aussiAFP, Mise a jour : vendredi 13 août 2010 19:50 Le maire de Nice et ministre de l'Industrie Christian Estrosi en appelle à "l'union sacrée" contre l'insécurité tout en proposant de sanctionner les municipalités qui ne se conformeraient pas à leurs obligations, dans une interview au Journal du Dimanche à paraître samedi.
AFP/Archives Le ministre de l'Industrie Christian Estrosi, le 29 juin 2010 à Paris "En tant que maire de la cinquième ville de France, je lance un appel républicain à l'union sacrée en matière de lutte contre l'insécurité", déclare M. Estrosi qui "en appelle à tous les élus de gauche comme de droite afin qu'ils participent à une lutte acharnée, coordonnée et non partisane contre la délinquance". "Il est temps de former une équipe de France de la sécurité où enfin tous les maires assument pleinement leur responsabilité aux côtés de la police et de la justice", poursuit le maire de Nice. Faisant valoir les "disparités énormes" entre les villes de France dans l'application de la loi de prévention de la délinquance de 2007, il "propose que les municipalités qui ne se conforment pas à leur obligation de sécurité (...) soient condamnés à une très forte amende en conséquence". Ces obligations, précise M. Estrosi, seraient aussi celles de "prévention de la délinquance, de lutte contre l'absentéisme scolaire et de réformes des règles d'urbanisme". Selon lui, les municipalités en infraction devraient avoir aussi l'obligation de "publier tous les mois un observatoire de la tranquillité publique" et, "sous peine de sanction, de mettre à jour régulièrement leur CLSPD", le contrat local de la sécurité et de la prévention de la délinquance. "Ceux qui ne s'y conformeront pas seront hors la loi", insiste-t-il. M. Estrosi pointe la maire de Lille et première secrétaire du PS Martine Aubry, qui "ne veut pas de caméras de surveillance dans sa ville", ou le maire (PS) de Grenoble Michel Destot, qui "ne fait rien pour sécuriser sa commune et, après, se plaint que tout explose". Il "salue en revanche ce que fait Manuel Valls", député-maire (PS) d'Evry. "Après le cynisme de Mitterrand, la naïveté de Jospin, voici venu le renoncement d'Aubry", s'emporte-t-il encore. Un délai accordé aux gens du voyage installés à AngletAFP, Mise a jour : vendredi 13 août 2010 18:44 Le tribunal de Bayonne a accordé un délai jusqu'à lundi 09H00 pour le départ des gens du voyage d'un camp situé à Anglet où une opération d'évacuation avait été engagée visant un millier de personnes installées depuis le 1er août dans 274 caravanes.
AFP Les forces de l'ordre face aux gens du voyage lors de leur évacuation le 13 août 2010 à Anglet "Aucune urgence" ne justifie une opération d'évacuation immédiate alors que les gens du voyage concernés "ont annoncé leur départ dimanche 15 août" (BIEN 15 août), a expliqué vendredi le magistrat du TGI, tout en précisant que la légalité de l'ordonnance d'évacuation était "confirmée". Cette décision n'est "ni annulée ni rétractée", a-t-il précisé, ajoutant que divers arguments mis en avant par la défense des gens du voyage concernés n'étaient "pas recevables". La préfecture des Pyrénées-Atlantiques avait annoncé en début de matinée qu'au terme d'un référé judiciaire daté de jeudi, "les gens du voyage installés sur le stade de la Girouette à Anglet" devaient être expulsés dès le matin (09H00). L'opération était fondée sur une procédure de référé ordonnée par le tribunal de grande instance de Bayonne à la requête du maire PS d'Anglet Jean Espilondo. Une compagnie de CRS s'est présentée sur les lieux, donnant lieu à un face-à-face tendu avec un cordon d'occupants du camp, puis à une bousculade sans gravité. Les représentants des gens du voyage avaient saisi le tribunal de grande instance de Bayonne pour demander un report de leur départ à dimanche 09H00, date et heure à laquelle ils avaient annoncé leur départ depuis leur arrivée au début du mois. Un certaine confusion régnait en milieu de journée, le sous-préfet de Bayonne, Laurent Nunez, présent sur les lieux, s'en tenant à la décision d'expulsion "exécutoire" du tribunal de Bayonne, et entendant faire procéder à l'évacuation du camp sans attendre une nouvelle décision de justice. La décision d'accorder un délai, qui avait été précédée d'un départ - resté inexpliqué - des CRS regroupés dans le camp des gens du voyage, a été saluée par les vivats des occupants des caravanes, dont certains ont entonné La Marseillaise. "Nous ne sommes pas des Roms, nous sommes des Français, des citoyens de ce pays, tout ça c'est de la politique", avait déclaré plus tôt Franck Badin, porte-parole de l'association des gens du voyage.
|
|
- Actualité
- Infos économique, financière
- Technologies et indépendants
- Création d'entreprise
- Droit et juridique
- Santé
-
Offre Emploi / Mission Freelance
-
Missions d'indépendant
- Vous êtes un(e) indépendant(e)
- Vous êtes à la recherche d'un(e) indépendant(e)
- Vous êtes un(e) consultant(e)
- Vous êtes à la recherche d'un(e) consultant(e)
- Vous êtes un(e) formateur(trice)
- Vous êtes à la recherche d'un(e) formateur(trice)
- Vous êtes un(e) informaticien(ne)
- Vous êtes à la recherche d'un(e) informaticien(ne)
- Vous êtes un(e) secrétaire
- Vous êtes à la recherche d'un(e) secrétaire
- Vous êtes un(e) télétravailleur(euse)
- Vous êtes à la recherche d'un(e) télétravailleur(euse)
-
Missions d'indépendant

















del.icio.us
Digg