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L'ours était moins gentil que Winnie. Tant pis pour Emilie...

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Alain Monnier fustige ces écologistes urbains qui militent pour l'implantation des ours près de chèvres, des vaches... et aussi des enfants.

L'ours était moins gentil que Winnie. Tant pis pour Emilie...
Cet été, au mois d'août, une famille de l'Yonne se promenant dans les Pyrénées, vers les estives de la Devèze, tombera nez à nez - oh les malchanceux - avec l'ourse importée qui soudain se sentira – allez savoir pourquoi ! sans doute à cause des deux oursons qu'elle dans les pattes – en danger. Les parents auront juste le temps d'entraîner leur fils tandis que l'aînée, Emilie, sept ans, qui a adoré Winnie l'ourson, le Petit ours brun, et les Trois ours, sera éventrée d'un énorme coup de griffe qui la fera agoniser des heures durant, avant que l'hélicoptère ne la transporte, hélas trop tard, au CHU de Toulouse.

Emilie n'aura pas péri au nom de la biodiversité, car l'ours slovène est aux Pyrénées ce que le poulpe est au bœuf bourguignon, ou le cachalot au lac d'Annecy, mais plus certainement à cause des manœuvres de ceux qui veulent faire de la nature un parc d'attraction touristique et incidemment se remplir les poches.

La subvention de Monsieur Seguin
Les éleveurs du coin, ceux-là même qui ont été traités comme des moins que rien par l'ex-ministre de l'environnement Nelly Olin, ne s'en réjouiront pas. Ils se tairont accablés, d'autant que le petit Loïc, 5 ans, qui adore les chiens aura eu le même mois la main arrachée par un patou, – encore un joli nom tout doux ! –, cet énorme chien que les bergers sont obligés d'avoir pour se protéger de l'intrus slovène et qu'on leur vend la peau des fesses pour se remplir les poches (voir plus haut). Le patou n'était évidemment pas attaché, puisque le but est bien d'éloigner l'ours.

Nous ne parlerons même pas de la Blanchette, de la Vaillante ou de Monette II, qui n'étaient pas des follettes comme celles de Monsieur Seguin, et qui ont été égorgées dans l'enclos d'où elles s'étaient bien gardées de sortir. Mais cela ne doit pas être évoqué puisque l'administration a prévu l'indemnisation ! Gageons pourtant que le conte d'Alphonse Daudet nous aurait touchés s'il avait commencé par «Quelle était jolie la petite subvention de Monsieur Seguin !»

On regrettera, on dira des «plus jamais ça» longs comme des jours sans pain. Madame Olin dira que c'est la faute des éleveurs et des chasseurs qui se sont mal comportés. Du comportement de l'ours il ne sera évidemment pas question puisqu'il est entendu que dans le Disneyland naturel tous les ours sont gentils, tous les lions sont mignons et tous les requins sont taquins.

Les écolos sont décidément une espèce étonnante. Lorsqu'au lieu de s'occuper des problèmes de l'eau, des sols pollués, de la chimie qui nous fait profiter de ses avancées sans jamais les tester, et de tant d'autres sujets primordiaux… je les vois défendre, depuis leurs QG installés dans les grandes villes, l'introduction de l'ours, la sauvegarde du loup, le droit des espèces et emboîter le pas des marchands qui chassent l'argent – tout le monde ne peut pas être assez demeuré pour chasser la grive et le lapin ! – sous couvert d'écologie, je suis consterné. J'essaie de me dire que c'est un problème de développement durable, mais au fond de moi, j'ai bien peur que l'on soit surtout face à de la bêtise durable.

Pour plus de précisions, on peut lire «L'ours, les raisons de la colère» de Violaine Bérot, aux éditions Cairn.

       

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