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L'inflation désarme Jean-Claude Trichet

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Avec France Inter, la chronique de Bernard Maris, journaliste et écrivain.

L'inflation désarme Jean-Claude Trichet
La Banque centrale européenne est en charge de la valeur de la monnaie, autrement dit de la stabilité de la monnaie. Et qu'est-ce qui menace la stabilité de la monnaie ? L'inflation, la hausse des prix. Nous sommes dans une période d'inflation, à cause de la hausse du pétrole et des matières premières, et surtout à cause de la crise des subprimes : on a injecté plein de monnaie dans l'économie mondiale sans contrepartie, cette monnaie n'arrive pas à se convertir en choses réelles, en marchandises, en maisons, en travail, en voitures, le stock de monnaie est trop important par rapport aux marchandises qu'il est supposé faire circuler.

L'inflation commode pour éponger les dettes
Pourquoi faut-il absolument lutter contre l'inflation ? Autrement dit pourquoi avoir absolument une monnaie forte ? C'est en tout cas l'obsession de Monsieur Trichet. Quand vous avez une monnaie forte, vous favorisez les détenteurs de capitaux, les prêteurs, les actionnaires, les rentiers, les épargnants. Vous défavorisez en revanche les emprunteurs, les entrepreneurs et les ménages jeunes, qui veulent acheter leur maison. Mais vous savez que nous sommes dans une économie qui protège avant tout la sacro-sainte valeur actionnariale, et Monsieur Trichet ne veut pas de dévalorisation du capital. Alors qu'un petit peu d'inflation est extrêmement commode pour éponger les dettes...

Le problème est que cette politique risque de brider la croissance. Pour lutter contre l'inflation, Monsieur Trichet voudrait aujourd'hui augmenter le taux d'intérêt. Ca veut dire que les crédits vont chuter, et la croissance aussi ! Or les Américains réclament à corps et à cri une intervention de l'Europe non pas à la hausse, mais à la baisse, pour que le crédit européen prenne le relai du crédit américain qui est en panne totale ! Même notre ministre de l'Economie, Madame Lagarde appelle à une baisse des taux, disant qu'il vaut mieux un petit peu d'inflation, provisoire, provisoire, qu'une chute de la croissance.

Oui, mais qui dit inflation dit baisse du pouvoir d'achat : si l'inflation se maintient, les salariés vont réclamer des hausses de salaire, le coût du travail va augmenter, et la croissance risque de chuter. Monsieur Trichet est dans la quadrature du cercle ; il était sur les remparts de la BCE à guetter l'inflation qui ne venait jamais, la voilà, et il ne sait plus quoi faire.

Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.

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