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France 2, plus indépendante (de sa volonté) que jamais!

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Pour Christine Albanel, Christian Estrosi, Hervé Morin et Henri Guaino, montés au créneau ce matin sur les radios et les télés, la nomination des dirigeants de France Télévisions par l'Elysée voulue par Sarkozy est une «garantie d'indépendance»!

Allez, tous en chœur : «La nomination du président de France Télévisions par l'Élysée est une garantie supplémentaire d'indépendance». Ce matin, Christine Albanel sur France Info, Christian Estrosi sur France 2, Henri Guaino sur RTL et Hervé Morin sur RMC se voulaient unanimement rassurants : contrairement à ce que croient bêtement les Français, la modification de la procédure de désignation des responsables des chaînes de télé publiques - et probablement, aussi, des radios, comme l'a précisé Albanel - n'est en rien une «prise de contrôle de l'audiovisuel en France», comme l'a dénoncé hier François Bayrou. La ministre de la Culture l'a martelé, Hervé Morin et Estrosi aussi : l'Élysée ne nommera pas seul les dirigeants de France télévisions, il le fera après avis conforme du CSA et sous contrôle du Parlement à la majorité qualifiée. Certes, le vote d'un parlement UMP sur les décisions d'un Élysée UMP risque d'être aussi conforme aux attentes que l'avis d'un CSA plutôt à droite. Mais c'est oublier la majorité qualifiée ! nous dit Hervé Morin. Cette majorité, encore plus majoritaire que la majorité normale (par exemple, au conseil de l'union européenne, elle est de 73,9%) est, pour le ministre de la Défense, la preuve même que l'Élysée ne souhaite pas faire fi de l'avis du peuple. Sauf que le seuil de cette fameuse majorité qualifiée n'est pas fixé. Bref, c'est de la poudre aux yeux, mais on s'en doutait un peu.
En fait, l'essentiel est ailleurs. Dans le discours de Christine Albanel, qui assure que tout cela obéit à une «très forte logique». «Il est normal que l'actionnaire nomme le dirigeant d'une entreprise», a-t-elle expliqué, façon prof d'éco de classe de seconde. En d'autres termes, France Télévisions est une entreprise comme une autre. Certes, elle est publique, mais elle a autant d'influence sur l'opinion des citoyens français que la Poste, la Française des jeux ou la Sncf. D'ailleurs, choisir les animateurs de France 2 est, pour Nicolas Sarkozy, aussi anodin qu'obtenir une réduc' sur son billet de première classe dans le TGV Paris Metz…
Si anodin que Sarkozy a fait l'unanimité contre lui en décidant que les responsables de France Télévisions seraient nommés par l'Élysée. Car ce petit côté retour à l'ORTF n'est pas le bienvenu, au moment où, en plus, les opérateurs de télécoms annoncent qu'ils répercuteront sur leurs tarifs la taxe de financement de l'audiovisuel public que veut leur imposer l'État.

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