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Le magistrat Henri Pons serait sur le point de boucler son enquête, déclenchée par une plainte de petits actionnaires.
La reconversion du flamboyant Jean-Marie Messier ex PDG de Vivendi Universal en banquier-conseil à New York risque d'être quelque peu gâchée. Le magistrat Henri Pons a enfin bouclé le 15 janvier, - après cinq ans et demi d'instruction laborieuse ! - cette incroyable affaire de manipulations de cours et délits d'initiés présumés. Dans ce dossier désormais au règlement, J2M a écopé d'une triple mise en examen pour «diffusion d'informations trompeuses», «abus de biens sociaux» et «manipulations de cours». L'ex-PDG de Vivendi ne s'était pas, cependant, pas enrichi directement par ces pratiques, même si ces manoeuvres, si elles avaient réussi lui auraient bénéficié à travers ses stock options.
On se souvient que le dévissage de l'action Vivendi avait initié en France l'éclatement de la bulle Internet. Jean-Marie Messier dont l'audacieuse stratégie d'investissements dans le numérique avait été saluée par tous, avait ensuite été évincé de Vivendi avant d'être lynché par les mêmes experts et journalistes qui l'avaient adulé quelque temps auparavant.
Sur un strict plan judiciaire, il est reproché à J2M d'avoir, entre le 17 septembre et le 2 octobre 2001, c'est-à-dire avant la publication de résultats médiocres, procédé au rachat de millions d'actions de son groupe afin d'en soutenir le cours. Ce, au détriment des actionnaires individuels de Vivendi tenus dans l'ignorance de la manoeuvre.
Son avocat, Olivier Metzner, a quelques semaines devant lui pour faire valoir ses arguments avant le renvoi probable de son client en correctionnelle. Outre Jean-Marie Messier, plusieurs membres de son entourage seraient épinglés, son âme damnée Guillaume Hannezo, ex-directeur financier de VU et Eric Licoys l'ex-directeur général du groupe. Du côté des banquiers, seul Philippe Guez responsable du secteur actions de la Deutsche Bank est soupçonné d'avoir contribué à la manipulation de cours présumée. En revanche, les administrateurs du groupe dont le Canadien Edgar J. Bronfmann n'ont pas été inquiétés par les policiers.
Ce dossier judiciaire a pour origine une plainte déposée en juillet 2002 par l'Appac, une association d'actionnaires minoritaires alors défendue par l'avocat Frederik Kanoy. Curieusement, à ce jour, nombre de banquiers, d'assureurs, de gestionnaires de fonds ayant détenu à l'époque des actions de Vivendi Universal pour le compte de particuliers ne sont pas manifestés. Or comme il n'existe pas, en France, de procédure collective de type class action américain (le secrétaire d'Etat Luc Chatel prépare un projet sur le sujet), ils devront mobiliser rapidement leurs clients si ces derniers souhaitent se constituer partie civile afin d'être indemnisés.
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