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Comment le Figaro est devenu le premier journal-sandwich

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Dans le journal ou sur son site internet, Le Figaro multiplie les partenariats: des interviews sponsorisées par Orange, des débats organisés par un cabinet de lobbying d’obédience libérale, des conférences-dîners en partenariat avec l’Hotel Lutétia et d’autres surprises…

Comment le Figaro est devenu le premier journal-sandwich

Depuis le début de l’ère Mougeotte, le Figaro est entré dans une nouvelle phase de son développement avec la multiplication dans les pages du journal et sur son site web de discrets et ambigus partenariats à visées commerciales.

Ainsi, l’opérateur téléphonique Orange sponsorise chaque jour une interview politique mais également le buzz média du Figaro, émission qui accueille des personnalités importantes du monde des médias. Le nom de l’entreprise n’apparaît pas seulement au générique de l’émission mais tous les invités médias et politiques sont invités à s’exprimer dans un studio sur fond de multiples logos «Orange actu»,  à l’image des footballeurs homme sandwichs interdits de s’exprimer à la fin des matchs en dehors de leur « mur » de sponsors.  

Info ou communication ?
La lettre A indique que Le Figaro organise également des « grands débats » animés par Mathieu Laine et Paul François Paoli. « Petit hic : en bas de page, un logo signale un partenariat avec le cabinet de conseil Altermind créé par Mathieu Laine et Anne Méaux » ajoute la Lettre qui s’interroge « Info ou communication ? ». La question mérite, en effet, d’être posée ?

La société Altermind s’affiche clairement comme une entreprise de lobbying d’obédience libérale.  En 2007, le premier client d’Altermind était la société d’électricité Poweo. Le rapport d’AlterMind visait à montrer l’impact positif d’une libéralisation du marché.
Par la suite, la campagne de communication et d’influence de Poweo avait été menée par la société Image 7, l’un des plus discrets et plus importants cabinets d’influence et de conseil en communication parisien dirigé par…Anne Méaux. Image 7 conseille les plus grands patrons français : François Pinault, Jean-Charles Naouri (Casino), Henri Proglio (Veolia) ou Marc Ladreit de Lacharrière (Fimalac), Alain de Pouzihac (France 24), etc. Selon Les Echos, Image 7 a encore récemment conseillé Bernard Kouchner après la publication du livre de Pierre Péan.
De son côté Mathieu Laine, est un avocat très proche du mouvement Alternative libérale, un parti politique ultra-libéral et ultra-confidentiel.

Comment le Figaro est devenu le premier journal-sandwich
Des partenariats avec l'hôtel Lutétia et des sites de vente par correspondance
D’autres partenariats de ce type, non relevés par la Lettre A, prêtent également à confusion. Ainsi le Figaro organise régulièrement des diners-débats en partenariat avec l’hôtel Lutetia. Le prochain accueillera le nouveau délégué général pour la création artistique Marin Karmitz et l’ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres. Pour assister à ce débat, il vous faudra, par exemple,  débourser la modique somme de 79 euros. Dîner et vin inclus, précise le journal. Sur son site, le journal propose une rubrique Vins, très complète…réalisée en partenariat avec Millesima, l’un des leaders de la vente de vins à distance.  
 
Et des clins d'oeil à Marcel Dasault 
Une stratégie de partenariats qui oblige à une certaine vigilance, sans compter que dans ses pages, le journal s’autorise certaines dérives. Ainsi mercredi dernier, dans ses pages Télévision, Le Figaro consacrait près d’une demie page à l’émission de Marie Drucker et Max Gallo sur les grandes familles de l’industrie. Outre la critique dithyrambique de cette émission « dense et positive », l’article de Pierre de Boishue passe très vite sur les famille Bettencourt et Wendel pour s’attarder longuement sur la «trajectoire exceptionnelle de Marcel Dassault». «Un élève très doué» en mathématiques « fasciné par l’aviation » et « jamais à court d’idées ». Un homme « courageux qui pendant la guerre refusera toujours de collaborer. A la Libération, il enchaîne les contrats, est élu député, lance Jours de France » et devient propriétaire du…Figaro.


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